Il y a quelques heures l'organisation du 12 heures d'endurance de La Tuque annonçait officiellement que la 16e n'aurait pas lieu.

Pour les non-initiés, cet évènement était de loin le plus gros happening dans le domaine des sports motorisés hors route au Canada et fort probablement dans le top 5 au monde. À la fois une manche du championnat d'endurocross FMSQ et une manche du championnat Pit Bike Québec et A.T.A.Q. Trial, c'est sans doute la course des « 12 heures » en quad et la compétition en côte à côte qui étaient les activités phares de l'évènement.

Véritable challenge tant mécanique que physiqueSource: Félix Rioux
Légende: Véritable challenge tant mécanique que physique

UN VÉRITABLE TERRAIN DE JEU

Déjà en 2012 lors de ma première visite à l'évènement j'étais littéralement estomaqué de voir autant de gens ... à La Tuque. Quand près de 30 000 spectateurs font en moyenne 200 kilomètres pour assister à des courses, on peut parler d'un défi de taille. Sans parler du nombre incalculable de pilotes présents dans les différentes catégories et disciplines.

L'an dernier, le nombre d'inscriptions pour la course des « 12 heures d'endurance » avait même atteint un record et plusieurs pilotes américains et européens y participaient.

TOMBER DE HAUT

Mais comment un évènement si gigantesque peut-il passer du tout au rien?

L'objectif ultime était de diminuer les coûts tant au niveau de l'infrastructure de l'évènement que des coûts rattachés à l'aménagement.

En janvier dernier l'organisation annonçait le retrait de l'épreuve de 12 heures d'endurance de quads qui existe depuis les tous débuts. Trois nouvelles disciplines étaient sous la mire pour les amateurs de VTT: courses de drag en VTT, du flat track, et une épreuve d'enduroquad. Cette nouvelle avait l'effet d'une bombe dans le milieu des sports motorisés. Le changement des activités n'a malheureusement pas eu l'accueil escompté.

Départs style le MansSource: Félix Rioux
Légende: Départs style le Mans

LE HAPPENING DE DÉBUT DE SAISON

Pour vous faire une image, pour les pilotes de quad, remporter le 12 heures d'endurance c'était un peu comme gagner les Jeux du Canada, et l'évènement de Pont-de-Vaux en France c'est les Jeux olympiques. Pour avoir discuté avec quelques pilotes, c'est comme on leur avait enlevé leur dernière fierté, le 12 heures c'était comme un impératif à faire une fois dans sa vie.
Boudés un peu partout sur les pistes d'entrainement, les pilotes quadistes avaient encore un terrain de jeu qu'était celui de La Tuque.

Qui plus est, la diversité des compétitions présentées en faisait un véritable happening dans le milieu. Rares sont les occasions où les pilotes des différentes disciplines peuvent partager le même paddock et découvrir le sport qui anime leurs confrères et consoeurs.

L’ARGENT, NERF DE LA GUERRE

Du côté des commanditaires, c'était de loin l'évènement pour se faire voir des amateurs de moteurs de tout acabit. Tout le monde y était, des mordus de voitures, aux mordus de motoneiges en passant par la moto et le quad. Il y a quelque chose qu'on ne comprend pas au Québec.

Oui les budgets de marketing des manufacturiers et autres entreprises nationales fondent à vue d'oeil, mais il n'y a rien de mieux en marketing que d'avoir un contact direct avec ses clients potentiels... et c'était l'endroit de prédilection pour cet exercice.

La foule était toujours au rendez-vous!Source: Félix Rioux
Légende: La foule était toujours au rendez-vous!

ON SE TIRE TOUS DANS LE PIED

Pourtant, le manque à gagner y était. Malgré les changements apportés à la programmation de la « 16e édition », l'organisation n'a pu amasser l'argent nécessaire à la tenue de l'évènement. 

Mon but ici n'est pas de remettre en question le modèle d'affaire de M. Duschesneau et son équipe, loin de là! David Duchesneau, Directeur des 12 heures est un visionnaire tout comme plusieurs membres de son équipe tous TRÈS impliqués.

Le jour où au Québec nous travaillerons tous ensemble pour ce secteur d'activité que sont les sports motorisés, que ce soit en été ou en hiver, nous aurons des évènements à la hauteur de notre passion. On vient de perdre un gros morceau qui aura des impacts dans tout le secteur des disciplines hors route... et particulièrement le VTT.  

C'est malheureux à dire, mais les entreprises qui ne se sont pas impliqués pour sauver l'évènement, et bien ils en auront des répercussions eux aussi à moyen terme,  l'industrie des véhicules hors route c'est un tout, incluant les courses. David, tu pensais « BIG» mais au Québec on se sent trop petits pour l'être et ceux qui t'ont dit non... vont en plus pleurer sur ta tombe (sic!).

Félicitations à tous les bénévoles qui ont travaillé au cours des 15 dernières années et à l'équipe permanente du 12 heures d'endurance de La Tuque, vous m'avez fait « triper » tout comme des dizaines de milliers de spectateurs, et je sais que vous n'avez pas lâché la serviette par plaisir.

Communiqué de presse officiel

Source: Félix Rioux