Je me dis qu’il devient facile de se perdre au fil des années dans la mission que l’on s’est donnée.

 Le temps provoque inévitablement de l’usure qui entraîne habituellement une baisse de régime parfois drastique.  Alors, le degré d’intensité diminue.

 J’avais été invité à courir dans la petite municipalité de Notre-Dame-de-Pierreville récemment, située entre Sorel-Tracy et Nicolet, tout près de la réserve indienne d’Odanak, un site magnifique où je déposais les pieds pour la première fois. Une belle nature qui laissait dégager l’odeur  d’un riche boisé.

 À peine quelques 300 coureurs participaient à l’événement dont les profits allaient à la Fondation Maman Dion.

 

Josée Lavigueur, un vrai bâton de dynamite !

 

La présence de Josée Lavigueur et de Claudette Dion, oui, la sœur de Céline, avait été annoncée, par un samedi matin nuageux et très tôt dans la journée.

 Quelle ne fut pas ma surprise de les voir présentes avec une énergie exemplaire. Je me suis dis que Claudette avait sûrement autre chose à faire que venir remettre des médailles aux coureurs et signer un petit boniment en début d’événement.

 De son côté, je remarquais Josée Lavigueur qui ne ménageait pas les discussions avec les gens. On sentait chez elle un plaisir de rencontrer les participants. Pourtant, la veille, elle me confiait qu’elle venait de traverser une dure journée, fortement indisposée. « À un certain moment, je n’étais vraiment pas certaine de pouvoir venir ici », m’a-t-elle dit.

 Partir de Saint-Lambert pour se rendre à Notre-Dame-de-Pierreville dans de telles conditions, il faut en déduire qu’elle est vraiment près du peuple.

 

La réputation de Josée Lavigueur n’est plus à faire dans le milieu de l’activité physique au Québec. On peut facilement la comparer à Pierre Lavoie. Voilà deux personnes qui se sont données comme mission d’activer les Québécois, de les sortir de leur sofa pour bouger.

 Malgré toutes ces années, elle n’a rien perdu de son ardeur et surtout de sa préoccupation à prendre un soin méticuleux de jaser avec les gens. Quand ces personnes obtiennent un certain statut, on remarque parfois un relâchement. S’installe alors une distance avec le peuple qui occasionne des failles dans leur mandat.

 S’activer rend les gens heureux et il faut croire que l’exemple de Josée vient le confirmer. Une personnage public qu’il faut éviter de critiquer.

 Je participe rarement à ces épreuves car je favorise particulièrement les marathons.  La raison est bien simple, je dois me limiter, tant au niveau du portefeuille que du temps car si je m’écoutais, je me retrouverais à chaque week-end, inscrit à une course. Faut quand même ne pas devenir fou avec la course à pied !

 Source: Gab Martineau

Une rencontre des plus agréables en compagnie de Josée et Claudette Dion.

 

J’ai profité de cette journée pour courir le 5km avec ma compagne. Puis, une fois que j’ai eu franchi le fil d’arrivée, je suis retourné sur le parcours car j’avais remarqué que le jeune Hayden éprouvait des ennuis. Je me demande s’il avait 10 ans !

 À cet âge, un 5km, ce n’est pas évident.

 J’ai essayé de le faire parler. À bout de souffle, il a marché pour les derniers kilomètres. À quelques mètres de la fin, je lui ai dit de courir car son père qui l’attendait allait être fier de lui. Au loin, je l’ai vu arriver avec le sourire. Papa semblait content… et moi aussi.

 Finalement, un patelin doté d’une belle nature avec des gens accueillants qui m’ont suggéré de revenir. Je comprenais mieux ce qui motivait tant Josée à faire acte de présence.