Les festivités se déroulent.

 Nous sommes la veille de Noël. J’aime bien les réunions de famille. Je suis entouré de mes enfants.

 C’est la distribution des cadeaux. Ça fait drôle de vous raconter cette histoire en plein mois d’août ! Mais il faut bien que je vous explique.

 Vers la fin de cette étape, mon gendre Patrice Hogue, que je surnomme avec affection, Patou, me surprend. « Hey Daniel, j’ai un cadeau à te faire. Que dirais-tu si nous courions un demi-marathon ensemble ? Il s’agirait de mon premier et j’aimerais bien le vivre avec toi ? »

 Je suis flatté et à la fois surpris. Même si je suis une bibitte de course à pied, à part mon fils Philippe que j’ai accompagné dans une série de 5km lorsqu’il avait 12 ans, jamais je n’ai couru avec un membre de ma famille. Sans hésitation, j’ai accepté.

 

J'ose croire que je l'ai peut-être influencé.

 

Patou a alors saisi son cellulaire et dans le temps de le dire, il nous a inscrit à la Grande Course dont le départ se faisait sur la piste d’athlétisme de l’université de Sherbrooke….  en juillet ! Je vais être honnête avec vous, je m’interrogeais sérieusement sur ce projet. Allait-il le prendre au sérieux ou s’était-il inscrit sur un coup de tête ? Avec ce que j’ai vécu en sa compagnie il y a quelques semaines, disons que c’était mal le connaître.

 Patou s’est présenté en grande condition physique au fil du départ et nul doute qu’il avait fait ses devoirs si j’en juge par la performance qu’il nous a servie durant cette expérience.

 Ce n’est habituellement pas dans mon habitude de m’inscrire à un 21km, question de budget mais là, je me retrouvais comme invité. Quel beau geste de sa part ! Quel plaisir que d’accompagner son gendre qui brise la glace !

 

 

Nous revenions au stade de l'université de Sherbrooke pour la première portion de l'épreuve ainsi qu'à la toute fin.

 

D’autant plus que les profits de cette journée allaient à un enseignant de l’université de Sherbrooke, le Dr Albert Lamontagne, neurologue à cette institution depuis 1967, présent lors de cette journée afin d’orchestrer le déroulement, qui dirige un projet de recherche sur la sclérose en plaques depuis maintenant sept ans. Une maladie qui me touche particulièrement puisque j’ai perdu mon père, il y a maintenant 23 ans, des suites de la maladie de Lou Gehrig, qui s’apparente avec la sclérose en plaques.

 Deux boucles et un parcours sur la mont Bellevue ! Moi qui ne les regarde jamais avant le départ (les parcours), j’ai été pris au dépourvu. Ouf ! Patou l’ignorait mais pour une première, il ne s’était pas donné la tâche facile. Comme coureur expérimenté, nous avons tenu un rythme normal lors de la première moitié. Toutefois, à ma grande surprise, je le sentais des plus à l’aise à mes côtés. Il faut dire que ses grandes jambes lui facilitaient la travail, mais quand même !

 

Une course sur les sentiers du mont Bellevue pour la bonne cause.

 

Vers le 12e km, je lui ai dit de partir. Il a finalement disparu de mon champ de vision pour terminer deux minutes devant moi. On ne peut rien faire contre la jeunesse et un gendre qui veut prendre la mesure de son beau-père !

 Une expérience que j’ai adorée. Je me disais que finalement, mon influence portait fruit et que je venais de convaincre un membre de ma famille des bienfaits que procure cette discipline.

 Quelques semaines plus tard, mon autre gendre décidait d’emboîter le pas. Il vient de s’acheter des souliers de course. Éric n’a rien d’un sportif. Il est musicien dans un groupe. J’ai l’impression qu’il me regarde et qu’il souhaiterait vivre les mêmes sensations que moi.

 

Un souvenir qui vaut son pesant d'or à mes yeux.

 

Honnêtement, je suis agréablement étonné du comportement de mes deux gendres. Pour moi, c’est un honneur de constater qu’ils veulent me suivre et qui sait un jour si je n’accompagnerai pas l’un deux ou même peut-être les deux à leur premier marathon !