Après l'échec de la saison 2015-2016 où l'absence prolongée de Carey Price a exposé à tout l'univers hockey a quel point le talent de l'équipe montréalaise était concentré entre les poteaux, la direction du CH a entamé une profonde réflexion sur les raisons de la piètre saison qui ne pouvait être attribuées au substitut Mike Condon qui a maintenu des statistiques impressionnantes dans un contexte difficile. Il est d'ailleurs irronique de constater comment le "No excuses" se transforme à chaque bilan par "Nos excuses". Cette année-là , c'était le manque de leadership qui aurait coulé le club et non le manque de talent criant à l'attaque.

Objectivement, il est vrai que le club manque de leadership. On n'a pas besoin de regarder bien loin pour constater qu'un sniper unidimensionnel n'est pas ce qui mène les équipes aux grands honneurs. C'est dans la definition même d'un sniper d'être effacé afin d'avoir le temps nécessaire pour compter. Avoir le calme et la coupe de cheveux des défunts capitaines de notre équipe ne devrait pas suffire à broder le C sur un chandail. On n'apprend malheureusement pas à être un leader, on l'est ou on ne l'est pas. Max Pacioretty est un joueur nécessaire à une équipe, mais ne doit pas constituer l'espoir sur lequel se rebattre quand ça compte.

P.K. Subban incarne ce genre de joueur. Un joueur qui peut et qui veut faire une différence. Le genre de joueur qui demande la rondelle quand le temps file parce qu´il est conscient et confiant de ce qu'il peut faire avec. Shea Weber est un bon joueur, je le concède à qui veut l'entendre. Il apporte une maturité dans la chambre et de la stabilité en défensive. Cependant, il ne peut prendre l'équipe sur ses épaules et mener efficacement une attaque aussi peu talentueuse que celle du CH. L'échange pour obtenir Shea Weber comme pièce manquante à un équipe aspirant à la Coupe n'est pas une erreur en soi. L'erreur est de croire que son ajout était tout ce qui manquait aux Canadiens pour gagner jusqu'en juin. La nuance est importante et l'évaluation de Marc Bergevin, comme l'homme de la situation à la tête de l'organisation, en prend un sérieux coup.

Les performances de Subban en séries ne font que démontrer plus clairement à quel point le Canadien est perdant dans cet échange. Subban a la confiance du coach pour affronter les premiers trios adverses tout en apportant une touche offensive diversifiée allant de la relance aux tirs frappés. Ce qu'il fait sur la glace fait de lui un leader pour ses coéquipiers. Le Canadien n'aurait probablement pas gagné cette année si Subban était resté, mais le Canadien se serait donné plus de temps pour construire une équipe gagnante.

Le Canadien a mal joué ses cartes et se retrouvera  bientôt à la croisée des chemins avec les contrats de Carey Price et du capitaine. Le Canadien avait dans sa cour le leader pouvant mener une équipe à terme et avec lequel batir. Cependant, la vision des architectes du Ch est toujours en noir et blanc. Il serait peut-être temps d'arriver au 21e siècle. Prenez exemple sur les Predators.