Chronique de François Doyon

J’ai eu le privilège de partager le lunch (et quelques bonnes bières) et de passer un après-midi complet avec Paul Leblanc. Qui est Paul Leblanc? C’est le papa de Charles Leblanc, le jeune espoir lavalois qui a été repêché au 4e tour, 129e au total, par les Rangers du Texas.

Pour vous rafraîchir la mémoire, Charles Leblanc a passé la saison dernière avec les Spokane Indians, une équipe de niveau A (saison courte - 76 matchs) des mineures affiliée aux Rangers. Il y a maintenu une moyenne de 0.285 en 228 présences au bâton (61 matchs) et une moyenne de 0.395 au cours des dix dernières parties de la saison (38 présences au bâton). En défensive, le jeune lavalois a joué à sa position naturelle, l'arrêt-court, mais aussi au troisième coussin, ce qui devrait lui donner d'autres cordes à son arc pour son évolution. Inutile de vous dire que le papa est très fier de ce que son fils a accompli jusqu'à maintenant et avec raison. N'hésitez pas à suivre le cheminement de Charles Leblanc sur sa page Facebook.

Étant moi même le papa d'un jeune joueur de baseball de cinq ans, je me suis donc intéressé au père du baseballeur, qui en avait sûrement beaucoup à me partager et m'apprendre.

Le baseblal une passion qui vient de loin

Paul Leblanc est un passionné du baseball depuis toujours. Cette passion lui a été transmise par son grand-père maternel. À la suite du décès de sa grand-mère, alors que Paul était âgé seulement de un an, son grand-père est venu habiter chez lui, où il vivait avec ses parents, ses deux soeurs et son frère, à Chomedey (Laval). Paul est le "bébé" de la famille et a toujours été très près de son grand-père.

Son grand-père avait joué dans plusieurs ligues de paroisses organisées où les équipes s'affrontaient dans des champs à Laval. C'était lui aussi un passionné! Il avait conservé avec lui de vieilles photos de grands joueurs comme Babe Ruth, qui provenaient de journaux que Paul regardait. Une fois jaunis par le temps, ce sont de beaux souvenirs. Le patriarche Leblanc se souvient aussi qu'à l'âge de six ou sept ans, son grand-père venait le chercher dans sa chambre, à l'insu de ses parents lorsqu'il était censé dormir, pour l'inviter dans la sienne afin d'écouter le début des matchs des Expos de Montréal à la radio. Impossible de ne pas tomber en amour avec le baseball dans de telles circonstances. D'ailleurs, ce n'est qu'à l'âge adulte que Paul Leblanc a raconté cette anecdote à sa mère.

Le joueur de baseball

À l'âge de 12 ans, Paul Leblanc a commencé à jouer sérieusement au baseball en tant que lanceur. À 13 ans, alors qu'il graduait bantam, la force de son bras l'a mené à la position de receveur... au grand désespoir de ceux qui tentaient de voler le deuxième but. Et son idole à l'époque? «Le Kid» bien entendu! Il regardait attentivement Gary Carter pour l'imiter. Paul a joué à cette position jusqu'au niveau junior majeur (aujourd'hui le junior élite). Malheureusement, une blessure au genou subite lors d'un réchauffement est venue mettre fin à son parcours au début du camp lors de la deuxième année. À 20 ans, il a débuté la balle molle, sport qu'il pratique encore aujourd'hui.

Avec un tel parcours, c'était inévitable que le baseball fasse aussi partie de la vie du fils de Paul, Charles Leblanc. Paul a toujours été impliqué dans le parcours de ce dernier. Tout a débuté alors que Charles avait un ou deux ans, alors qu'il lui a acheté son premier ensemble de baseball, le fameux jouet en plastique qui comprenait le gros bâton, la grosse balle et le tee-ball. Jusqu'à ce que Charles atteigne l'âge de cinq ans, il a entraîné son fils en solitaire à la maison et au parc de balle. Le bâton et la balle de plastique se changeant en vrai équipement au fil du temps. Déjà à ce moment, Charles frappait la balle a

Le cheminement de Charles dans le baseball mineur a débuté dans l'atome B et ensuite dans le A. C'est à cette époque que Paul a aussi commencé à s'impliquer en devenant assistant-entraîneur, puis entraîneur en chef. Il a accompli ces rôles jusqu'au niveau pee-wee. Au niveau bantam, il sentait que ça devenait plus difficile d'être à la fois père et entraîneur. Charles connaissait déjà très bien sa"game" et Paul sentait qu'il ne pouvait plus rien lui apporter de constructif dans son développement. Il est quand même toujours resté très près des entraîneurs, même s'il était dans les estrades. Paul Leblanc a continué à encourager son fils en assistant à toutes ses parties.

Encore aujourd'hui, il continue à s'impliquer dans le baseball. Paul a participé à des entraînements au niveau bantam AA à Laval l'été dernier et offre son aide au programme sports-études de l'école secondaire Georges-Vanier, là où Charles a étudié.

Les questions "clichées"

Trois questions, aussi clichées soient-elles, devaient être posées à Paul.

À quel moment un père commence à comprendre que c'est du sérieux?

« Quand Charles a été surclassé Midget AAA à 15 ans, je voyais déjà qu'il avait quelque chose. Mais quand il a été repêché par une université américaine (Panthers de l'Université de Pittsburgh), j'ai commencé à vraiment y croire. »

Quelle a été la plus grande joie en tant que père dans le parcours de Charles?

« C'est sûr qu'on ne peut pas passer à côté du repêchage, c'est quand même quelque chose d'exceptionnel! Mais ce qu'il a réussi à accomplir pour se rendre dans une université américaine est aussi une grande joie. Le fait qu'il réussisse à concilier le baseball et les études en anglais rend le papa très fier. »

Quelle a été la plus grande difficulté en tant que père dans le parcours de Charles?

« Quand Charles jouait Midget AAA (16 ans), il s'est blessé au poignet, ce qui l'a tenu à l'écart du jeu pour deux ou trois mois. Cette période fut difficile pour le père. De voir son fils perdre confiance et se demander comment il pourrait être prêt et performer pour le Championnat canadien qui arrivait. Durant cette période, Charles a dû consulter un psychologue sportif, c'est d'ailleurs ce qui a mené sa grande sœur Jacynthe à se diriger vers des études en psychologie à l'Université. »

Conseil aux parents

À plusieurs reprises, Paul m'a dit «Charles en redemandait et je ne lui ai jamais dit non». Chaque fois que Charles demandait à son père d'aller lancer ou frapper quelques balles au parc, Paul l'accompagnait, même pour dix minutes entre le retour à la maison et le souper. S'il y a un conseil à retenir de ça, c'est l'importance de JOUER avec nos enfants. C'est là que débute l'implication d'un parent dans la vie d'un enfant et les souvenirs positifs reliés à une activité. C'est vrai pour n'importe quel sport ou intérêt.

En bref

Je vais utiliser une expression de mon collègue Jeff Drouin ici, Paul Leblanc c'est un "VRAI"! Un passionné qui s'est investi et continue de le faire pour notre sport. Le baseball lui coule dans les veines et quand il en parle, c'est contagieux. Encore une fois, je le répète, ce fut un privilège pour moi de discuter baseball avec lui pendant près de cinq heures, de commenter certains mouvements en MLB, de refaire l'alignement des Blue Jays, de parler de commentateurs de balles (Vin Scully en particulier), de voyages de baseball, de nos joueurs favoris... et j'en passe!

MERCI PAUL, l'humble passionné que je suis est ressorti grandi de cette rencontre...

Passion MLB est un site regroupant des passionnés de baseball désirant parler de leur sport favori. Ce compte publie des articles de tous ses membres préalablement publiés sur le site web.