En effet, l’argent occupe une place dans le football européen que plusieurs sous-estiment. Tout d’abord, les dirigeants de grands clubs de football ont accès à une masse salariale de taille énorme, puisque contrairement à certaines ligues professionnelles comme celle du hockey (LNH), aucun plafond salarial n’est exigé. Leur masse salariale est alors influencée par les profits générés des droits audiovisuels, de l’assistance à chaque match, les investissements étrangers, la publicité et les produits dérivés. Cependant, cette disparité de revenus entre les équipes engendre nécessairement des différences significatives de masse salariale.

Le budget que détient chacune des formations influence du même coup le succès de celle-ci. Une équipe qui touche une masse salariale plus imposante est dans la possibilité d’attirer de meilleurs joueurs dans leurs rangs avec des salaires alléchants. Ces joueurs talentueux influencent inévitablement la qualité de jeu de l’équipe. Par exemple, dans le championnat français (Ligue 1), lors des années 2005 à 2014, l’équipe possédant un des trois budgets les plus importants de la ligue s’est hissé au sommet du classement 8 fois sur 10.

Ce phénomène pousse alors quelques équipes à se tourner vers les investisseurs étrangers afin d’augmenter leur budget et du même coup leur taux de succès. C’est le cas de l’Atlético Madrid, qui ont présentement recours à l’aide d’investisseurs chinois. Depuis l’arrivée des investisseurs, les résultats de la formation se sont améliorés de manière significative. L’équipe a terminé dans le top 3 du championnat espagnol lors des 4 dernières années, notamment avec une première position en 2013-2014, puis la formation a participé à deux finales de la Ligue des champions en 2014 et en 2016.

Outre les inégalités que créent les différents budgets sur la performance des équipes, le football représente un véritable terrain de jeu pour les dirigeants politiques afin de retirer des ressources économiques. De nombreux investissements effectués dans ce sport permettent à certains pays d’accueillir des compétitions à échelle internationale comme la Coupe du monde de soccer et l’Euro. Ces compétitions permettent au pays hôte de réaliser d’importants profits. Par exemple, lors de la Coupe du monde de 2014 qui avait lieu au Brésil, plus de 1 015 000 touristes provenant de plus de 203 pays étrangers ont rendu visite aux Brésiliens, alors que le Brésil s’attendait à retrouver seulement 600 000 visiteurs. Cette statistique permet de mieux comprendre pourquoi un pays émergent comme la Chine commence à investir des sommes astronomiques dans le football.

Cependant, le marché du ballon rond fait aussi place à des pratiques illégales. Le football est le sport le plus exposé aux risques de corruption. En effet, ce sport est victime de sa grande popularité sur la scène mondiale et de son exposition médiatique. De plus, avec la montée en popularité des marchés de paris sportifs en ligne, la corruption est d’autant plus une option intéressante pour les personnes qui désirent générer des gains de manière clandestine. Plusieurs matchs sont truqués, notamment par des groupes de crime organisé qui en profite pour retirer des gains et faire du blanchiment d’argent.

Bref, la place que l’argent occupe dans le football européen est immense. Les profits et la conquête de titres constituent un véritable cercle vicieux, malgré les scénarios dignes de Disney comme Leicester City FC a su réaliser au terme de sa saison victorieuse en première division anglaise la saison passée avec un budget classé 16ème de la ligue. Cela faisait plus de 20 ans qu’une équipe ne possédant pas un des 4 plus imposants budgets de la ligue remportait le titre. Que les plus riches gagnent !