La reprise vidéo a facilité le travail des arbitres sur la patinoire, mais il est grand temps de permettre aux entraîneurs d’avoir une contestation (coaches challenge) par rencontre. C’est du moins l’avis de tous les entraîneurs-chefs francophones de la LNH à qui j’ai posé la question au cours des 24 dernières heures.

La bonne nouvelle, c’est qu’il est maintenant assuré que ce dossier sera encore une fois discuté lors de la prochaine réunion des directeurs généraux de la LNH, en mars, m’a confirmé une source fiable.

Il y a deux ans, le directeur général des Panthers, Dale Tallon, avait tenté de faire adopter une proposition en ce sens. Il avait reçu l’appui du directeur général des Bruins, Peter Chiarelli et de celui des Sharks, Doug Wilson. Toutefois le dg des Maple Leafs à l’époque, Brian Burke avait été en mesure de convaincre le reste du groupe que ceci n’était pas une bonne idée, parce que les matchs allaient être interminables.

Sauf qu’aujourd’hui, il semble évident que les arbitres ont besoin d’aide pour s’assurer qu’ils prennent une bonne décision. On en a eu la preuve dans le match de dimanche entre le Canadien et les Sénateurs. Lorsque l’arbitre Brian Pochmara a décidé d’annuler un but d’André Benoit parce que Jakob Silfverberg avait, semble-t-il, causé de l’obstruction sur Carey Price, la reprise vidéo avait clairement déterminé que cette décision n’était pas la bonne.

Ce qui relance donc le débat. Est-ce que les entraîneurs devraient avoir le droit de contester une décision par rencontre ?

J’ai posé la question d’abord à l’entraîneur du Lighnting, Guy Boucher. « Je suis en faveur parce qu’il y a des emplois et des millions de dollars en jeu. »

Alain Vigneault des Canucks : « Oui je suis en faveur et les raisons sont évidentes. »

Claude Julien des Bruins. « On va y arriver un jour, mais la ligue tente de s’assurer que les matchs se déroulent plus rapidement. Une solution serait de dire aux entraîneurs, si vous utilisez votre droit de contestation, vous n’avez plus de temps d’arrêt de disponible. »

Michel Therrien du Canadien: “Je me demande combien de contestations ont devrait avoir, dit-il en riant. Ce qui est clair, c‘est qu‘en retour, on perdrait notre temps d‘arrêt.”

L’entraîneur des Flames, Bob Hartley, va plus loin. « Aucun doute dans mon esprit qu’on devrait avoir le droit de contester. Mais j’aimerais même que chaque but soit révisé, peu importe la décision de l’arbitre sur la glace. Un but, c’est un but. Ça peut faire la différence dans un match, mais aussi une carrière. Ça aiderait aussi grandement les arbitres dans leur travail. »

QUELLE SERA LA LIMITE

Si jamais les entraîneurs ont le droit de contester un but à chaque match, il faudra s’assurer des paramètres. Par exemple, est-ce que les entraîneurs pourront évoquer le fait qu’un joueur était hors-jeu quelques secondes avant le but ou encore que la rondelle a touché au filet protecteur au-dessus des baies vitrées ?

Il faut donc s’attendre à ce que ce dossier ne se règle pas du jour au lendemain, mais il est évident que les entraîneurs aimeraient bien avoir cet outil.

Les plus grands bénéficiaires seraient les arbitres qui s’exposeraient ainsi beaucoup moins à la critique.