Par Laurent Poulin

De nombreux défis attendent le promoteur Yvon Michel à la veille d’une nouvelle saison de boxe qui approche, je vais tenter de les identifier dans ce texte. Considérant qu’Astérix et Obélix sont deux et que notre promoteur est seul, je me suis permis de réduire les épreuves de douze à six, ça me semble plus juste.

À la boxe contrairement aux quatre grands sports, il n’y a pas de saison morte. Pourtant cette année, les quatre organisations  d’ici se sont permis des vacances pour l’été. Toutefois, j’ai la certitude qu’Yvon Michel est au travail et qu’il cherche des solutions pour relancer son entreprise. GYM nous a proposé d’excellents combats pour le moment en 2017 (Pascal vs Alvarez et Bute vs Alvarez), mais la qualité de ces duels ne s’est pas transformé en billets vendus. Adonis Stevenson (39 ans) se fait vieillissant, Lucian Bute (37 ans) a peut-être disputé son dernier combat, Artur Beterbiev est pratiquement parti, il est donc temps de penser relancer le Groupe Yvon Michel.

Ce texte identifiera en 6 travaux, les tâches qui attendent le vétéran promoteur pour la prochaine saison de boxe.

1. Retrouver la confiance du public

En affaire comme en amour, c’est toujours plus difficile de gagner la confiance d’une personne après l’avoir perdu. Soyons réalistes, le Groupe Yvon Michel a connu de nombreux déboires au cours des dernières années qui ont, individuellement et globalement, affecté la confiance du public. Vous voulez des exemples; les nombreuses chicanes avec Jean Pascal, la poursuite judiciaire suite au départ de David Lemieux, la récente dispute avec Artur Beterbiev, la qualité des rivaux d’Adonis Stevenson depuis 2015, l’attente infinie pour un championnat du monde pour Eleider Alvarez, les annulations à réplétion pour Oscar Rivas, 15 mois de promesses de combats de championnats nord-américains pour Custio Clayton, les annonces d’adversaires à moins d’une semaine d’avis, des galas comptants seulement 5 combats…

Bref, la liste est longue. Qu’est-ce que je propose ? Un plan de match bien simple, mais surtout basé sur le long terme. Ce sera bien important de faire des changements qui seront permanent, pas seulement pour une période de deux mois… Se limiter à faire des annonces qui sont signées. Fini l’époque de promettre/parler de combats qui ne sont pas officialisés ou en négociation. .

2. Adonis Stevenson vs Eleider Alvarez 

On a tous assez attendu. Le champion de la WBC n’a pas affronté d’aspirant obligatoire depuis le 30 novembre 2013 (Tony Bellew). Eleider Alvarez est son aspirant obligatoire depuis le 30 novembre 2015, il s’est battu à 4 reprises depuis qu’il est aspirant no 1 (Robert Berridge, Nobert Dabrowski, Lucian Bute et Jean Pascal). Et en boni, Alvarez devait se battre contre Badou Jack le 26 août en sous-carte de Mayweather-McGregor. Ça aurait signifié un second duel d’importance en seulement douze semaines et un troisième gros camp d’entraînement depuis le début de l’année. C’est à croire que Al Haymon lui offre des défis à répétition en espérant qu’il finisse par perdre…

À moins d’une unification complète contre Andre Ward, Yvon Michel n’a plus le choix de donner sa chance au sympathique boxeur colombien. C’est maintenant prévu pour l’automne, mais le vétéran promoteur nous a dit la même chose en septembre 2016 et on attend toujours. Pourtant, peu importe le résultat, Yvon Michel demeurera le promoteur du victorieux. En passant, je trouve inexplicable que GYM a trouvé aucune occasion en près de deux ans pour faire un face à face entre le champion et son aspirant obligatoire. Ce n’est pas de la promotion difficile à faire pourtant. 

3. Un retour sur la scène locale 

La vente des billets ne s’est certainement pas passée comme prévu depuis les débuts de 2017. Adonis Stevenson ne remplira jamais les arénas, je n’apprends rien à personne ici. Artur Beterbiev exige des sommes importantes pour se battre, mais il n’a pas fait courir les gens aux guichets pendant qu’il était avec GYM. Depuis quelques années, la philosophie de GYM était de seulement signer des boxeurs ayant le potentiel de devenir champion du monde, cette philosophie sera assurément mise de coté pour faire un retour sur la scène locale. C’est déjà commencé puisque Sébastien Bouchard a été signé en mars 2016, mais depuis, il ne s’est battu qu’à trois reprises, dont une seule fois à Montréal. GYM doit accélérer son rapprochement avec le public local. 

Trois noms me viennent en tête pour poursuivre ce changement de culture : Shakeel Phinn démolit tous ses adversaires depuis 2 ans, il vend énormément de billets et c’est un des boxeurs les plus gentils et facile d’approche en boxe présentement. Mikael Zewski a un talent fou et une fiche plus que respectable 28-1, il n’a simplement qu’à être actif et il réapparaitra dans les classements. L’unique Michael Gadbois donne toujours un solide spectacle, il est dans le portrait avec les meilleurs 135 livres du pays et lui aussi fait déplacer les foules.

4. Faire décoller la carrière d’Oscar Rivas

Le Colombien est maintenant inactif depuis plus d’un an, chez PBC tous les poids lourds ont eu leur chance. Al Haymon a réussi le tour de force de faire un champion avec Charles Martin, les 4 derniers combats de Dominic Breazale étaient lucratifs et à la télévision il s’est même assez bien défendu face à Anthony Joshua. Les Arthur Spilka, Chris Arreola et Gerald Washington ont pu affronter Deontay Wilder depuis un an et demi. Le vétéran de 45 ans Amir Mansour s’est mesuré au Dawejko, Washington, Breazeale et Kauffman depuis deux ans. Pourquoi aucun d’eux n’affronte Oscar Rivas ? 

Oscar est donc l’enfant pauvre de PBC, ses combats du 3, 15 et 30 juin ont été annulés. Puis, discrètement GYM l’a retiré du gala du 19 août en Ontario, bien que Lee Baxter lui avait trouvé un adversaire. La nouvelle date cible serait le 16 septembre à Québec. « Kaboom » a récemment fêté ses 30 ans, c’est encore très jeune pour un poids lourd. Mais, il est au Québec depuis maintenant 8 ans, il faudrait se dépêcher avant qu’il s’impatiente.

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