Avez-vous l’impression d’assister à une pièce de théâtre?

Un commissaire qui se présente devant les médias mardi avec une nouvelle offre en main, affirmant que cette offre est la meilleure que la ligue est en mesure d’accorder aux joueurs, et ce un peu plus d’un mois après avoir affirmé que la dernière offre qu’elle avait faite ne serait plus sur la table après le 15 septembre.

Un directeur de l’Association des joueurs qui rejette l’offre de la LNH, en présentant trois autres options à Gary Bettman, sachant très bien que ce dernier n’allait pas prendre beaucoup de temps pour les étudier, avant de les rejeter, en affirmant que son offre était “à prendre ou à laisser”.

Vous voulez connaître la suite de l’histoire? Les deux parties vont se rencontrer d’ici une semaine à dix jours. Après quelques déclarations fracassantes, ils vont pour une PREMIÈRE fois s’asseoir à une table et négocier les aspects financiers de la future entente. Pas présenter une nouvelle offre. NÉGOCIER.

Parce que la réalité, c’est que les deux parties n’ont jamais été aussi près d’une entente.

Oui, la LNH veut avoir 50% des revenus reliés au hockey chaque année, mais malheureusement, cette option n’est pas possible dans les trois premières années de l’entente parce que les joueurs se retrouveraient avec des compressions salariales insensées pour une ligue qui se retrouve avec des revenus annuels record.

Si la LNH était en difficulté, elle aurait facilement été en mesure d’obtenir ce qu’elle désire. Mais avec les revenus record qui s’accumulent, il est impensable que les joueurs acceptent des compressions salariales de 13%.

L’AJLNH SE RAPPROCHE

Même si jeudi Gary Bettman s’est retrouvé devant les membres des médias avec un air sombre, la réalité c’est qu’il sait très bien qu’il est près d’une entente.

Une des raisons pour lesquelles il a rejeté du revers de la main les offres des joueurs, c’est qu’il souhaite qu’ils fassent d’autres concessions. Il n’a pas tort parce que les joueurs vont en faire d’autres. Comme Bettman d’ailleurs.

Voici en détail l’offre des joueurs de jeudi :

L’option 1

-Si les revenus augmentent de 7,2% annuellement, les joueurs acceptent 51 % des revenus reliés au hockey (RRH) à compter de la troisième saison.

-Dans les années 4 et 5, les joueurs acceptent 50% des RRH tant que la part du gâteau des joueurs ne tombe pas sous les montants accordés dans la troisième année.

-Le plus rapidement la ligue atteint ses objectifs financiers, le plus rapidement elle obtient 50% des RRH.

-Avec cette option les joueurs font des concessions de 800 millions de dollars si les revenues augmentente de 5% par saison et de 1,1 milliard si les revenues augmentent de 7,2%.

L’option 2

-Encore une fois, la LNH atteint les 50% des revenus reliés au hockey si elle atteint ses objectifs financiers rapidement.

-Dès que les RRH atteignent 4,2 milliards de dollars, les joueurs obtiennent 50% des RRH.

-Avec cette option, les joueurs font des concessions de 854 millions de dollars, si les revenus augmentent de 5% annuellement et de 1,059 milliard si les revenus augmentent de 7,2%.

L’option 3

-Les joueurs acceptent un partage des revenus de 50/50 immédiatement.

Les contrats des joueurs signés avant le lockout se retrouvent à 87% sur le plafond salarial. Les joueurs reçoivent les 13% manquant, sans possibilité d’escrow (argent placé en fiducie).

-Les 87% restant des salaires vont être assujettis à l’escrow Reste qu’il est évident que le pourcentage de l’argent placé en fiducie ne sera pas élevé.

-Les propriétaires sont ainsi assurés de sauver 750 millions de dollars avec cette option.

UNE ENTENTE SOUS PEU

On me dit que les propriétaires ne sont pas sur la même longueur d’onde présentement. Une douzaine d’entre eux trouvent que Gary Bettman en donne trop et une douzaine veulent une entente rapide.

Ceci explique pourquoi la LNH veut régler rapidement ce conflit et veut une saison de 82 matchs. Elle l’aura.

Il suffit d’une toute petite ouverture de la part d’une des deux parties et les pourparlers vont s’accélérer.

Qu’on arrête de prendre les partisans en otage et qu’on trouve une solution. Elle est sous nos yeux. Suffit d’y mettre du sien et dès le 10 novembre, on pourrait assister aux premiers matchs du plus beau sport dans le monde.