Par Jean-Luc Autret

La vedette féminine du Groupe Yvon Michel entame demain une nouvelle étape de sa carrière. En plus d’être la finale du gala à Gatineau, Marie-Eve Dicaire participera à son premier combat de dix rounds. Nous nous sommes entretenu avec son entraîneur Stéphane Harnois pour en connaître un peu plus sur leurs projets à venir.

Un plan clair pour la prochaine année

Son entraîneur et gérant Stéphane Harnois a développé avec les gens de GYM un plan bien précis pour les douze prochains mois. Évidemment, il y aura des ajustements en cours de route, mais le cheminement est pas mal tracé pour amener Marie-Eve en championnat du monde.

Un exemple concrèt d’ajustement, Marie-Eve a entamé son camp d’entraînement en vue de son combat de demain le 12 juillet dernier, il y a déjà quinze semaines. Évidemment, elle n’avait pas besoin d’autant de préparation. Initialement, son promoteur prévoyait la faire boxer à Québec le 16 septembre, en demi-finale d’Oscar Rivas, mais ce projet de gala a été annulé avant même d’être officialisé. Puis, on lui a promis que ce serait le 28 septembre et enfin ça aura lieu le 25 octobre.

Si tout se passe bien dans le ring demain, la boxeuse de St-Eustache devrait à nouveau faire la finale le 7 décembre au Cabaret du Casino de Montréal. Toujours impliqué dans un 10 rounds, elle pourrait mettre la main sur le titre NABF des 154 livres. Par la suite, on devrait la revoir sur le ring en mars-avril puis son équipe veut lui offrir un combat de championnat du monde dans la division des super-mi-moyennes (154 livres) pour l’été ou l’automne 2018.

Qui est Yamila Esther Reynoso ?

Tout comme Vanessa Lepage-Joanisse, la prochaine rivale de Marie-Eve Dicaire revient d’un combat de championnat du monde. Yamila Esther Reynoso (8-2-3, 7 KO) est une boxeuse de l’Argentine qui est âgée seulement de 21 ans. Comme la majorité des boxeurs de son pays, elle est une guerrière qui n’a pas peur d’avancer sur son adversaire.

Le parcours professionnel de Yamila Esther Reynoso est un peu particulier. Elle est devenu boxeuse professionnelle à l’âge de 17 ans. Ses dix premiers combats lui permettent de prendre de l’expérience; ses rivales en sont à leurs débuts pros ou à leur deuxième combat. En février dernier, elle se mesure à une boxeuse ayant une fiche de 3-5-1, leur verdict nul les amènent de se revoir en juillet. Cette fois-ci, Reynoso l’emporte par décision partagée au bout des dix rounds de deux minutes.

En août dernier, elle s’est rendu en Uruguay pour affronter Chris Namus (22-4-0, 8 KO) dans le but de remporter le titre vacant de l’IBF. Namus, de son côté, en était à sa troisième tentative pour devenir championne du monde. Son expérience et sa plus grande portée ont fait une grande différence dans le duel qui s’est terminée par une décision unanime pour Namus (100-89, 99-90, 98-91).

Reynoso est petite, mais elle est déterminée comme un bulldozer. Marie-Eve devra régulièrement lancer son jab pour la maintenir à distance et lui faire payer le prix à chaque fois qu’elle tentera de rentrer à l’intérieur. Le fait d’être gauchère pour la boxeuse de 31 ans pourrait bien amener plusieurs accrochages des deux têtes. Il ne faudrait pas se surprendre que le tapis prenne des teintes rougeâtres.

« Si le combat avait eu lieu en septembre, nous aurions affrontés Katia Alvarino (8-4-1, 3 KO), mais celle-ci s’est fait offrir un combat de championnat samedi dernier contre Chris Namus. Son matchmaker nous a proposé en remplacement Reynoso et nous avons dit immédiatement. Ce sera un beau défi pour Marie-Eve, ça va nous permettre de bien l’évaluer à 154 livres. Son style aurait été le pire cauchemar de Marie-Eve il y a deux ans. Nous avons fait beaucoup de travail dans le gymnase pour travailler son jab et sa défensive, c’est maintenant à son tour de démontrer sa progression », nous explique Stéphane Harnois.

Évolution rapide de la boxe féminine

Passé chez les professionnels il y a déjà deux ans, Marie-Eve Dicaire a la chance d’être dans une belle période pour la boxe féminine mondiale. Il y a quelques années, les meilleures boxeuses préféraient rester chez les amateurs et aller aux Olympiques.

Après deux cycles olympiques, les multiples championnes du monde amateur Katie Taylor (5 fois), Nicola Adams (1 fois, mais 3 médailles d’argent) Savannah Marshall (2 fois) et Claressa Shield (2 fois) sont passés chez les pros et elles attirent l’attention des télévisions anglaises et américaines.

« Ce changement de mentalité à plusieurs conséquences pour nous. Il y a une nouvelle génération de boxeuses qui sont fortes techniquement qui vont rapidement prendre leur place. Par exemple, Claressa Shield est récemment devenu championne du monde unifiée à son 4e combat pros. C’est excellent pour la visibillité de la boxe féminine. Par contre, dans notre cas on veut développer intelligemment Marie-Eve. Je refuse de sauter des étapes avec elle. Par exemple, bien qu’elle soit maintenant classé chez les 154 livres, son combat de demain a un poids limite de 148 livres », d’ajouter l’entraîneur de la boxeuse que l’on retrouve très bien classée mondialement (4e WBC, 4e WBA et 5e IBF).