D’abord, la bonne nouvelle. Max Pacioretty se sent bien. Tout est relatif, mais lorsqu’il a revu les incidents de la veille, il n’en revenait pas d’être en mesure de pouvoir parler et bouger. C’est du moins ce qu’il m’a dit lors de notre conversation au téléphone de son lit, à l’Hôpital Général de Montréal. «L’incident est survenu il y a 24 heures précisément. J’ai vu les images de la mise en échec et je peux te dire que je suis surpris de me sentir aussi bien présentement. Ce que j’ai vu à la télévision, c’était tout à fait incroyable à voir ».

Max Pacioretty veut évidement donner sa version des faits. Il n’a pas eu la chance de parler aux dirigeants de la LNH mercredi, contrairement à Zdeno Chara. Voici ce qu’il avait à dire concernant la décision de la LNH de ne pas suspendre le défenseur des Bruins.

« Je ne veux pas passer pour quelqu’un qui en met trop, de dire Pacioretty qui est demeuré très calme durant toute l’entrevue. C’est vrai, les émotions sont fortes. Mais la réalité c’est que j’étais dégouté en entendant la décision de la ligue. Il n’y a pas assez de mots pour dire comment je me sens, suite à cette décision. Dans la nouvelle ligue nationale, un défenseur n’a pas le droit de me retenir. Alors ce qu’il a fait, c’est qu’il m‘a forcé avec son corps sur la bande et m’a mis la main sur ma tête. Je ne pouvais plus me défendre. Je ne pouvais plus bouger. Il m’a envoyé directement sur la tige et j’ai perdu conscience par la suite. C‘est un coup à la tête ! C’est une honte qu’on laisse se genre d’incident se produire dans la LNH. Je me suis réveillé seulement lorsqu’on m’a mis sur la civière. Je disais au médecin de me laisser tranquille que j’étais en mesure de jouer. On m’a vite faite comprendre que ce n’était pas le cas et de ne pas bouger. J’ai vu Brian Gionta à ma droite en ouvrant mes yeux et PK Subban qui était sur le banc et qui me regardait. »

Qui lui a annoncé qu’il n’y aurait pas de suspension ? « J’ai passé des tests toute la journée et je me concentrais uniquement sur ce que je devais faire. À un moment, une infirmière m’a dit que Zdeno Chara n’était pas suspendu. Ce qui est ironique, c’est que des dirigeants de l’équipe sont venus me voir à l’hôpital et ont dit qu’il était temps pour la ligue de régler le problème. La réalité, c’est que je ne souhaite rien de mal à Zdeno Chara. Je veux que ce genre de geste sorte de mon sport. »

Évidement, on ne s’attend pas à revoir Max Pacioretty sous peu. Mais il a voulu se faire rassurant. « Un des médecins que j’ai vu m’a dit qu’il ne voulait pas aller au bureau ce matin parce qu’il disait avoir peur de se présenter devant une personne sérieusement blessée, après avoir vu les images. Oui j’ai une fracture au cou, et je sais que ça fait peur, mais ça demeure une fracture comme une autre. Pour ce qui est de ma commotion je me sens très bien présentement et dès que je vais pouvoir aider mon équipe, je vais le faire ».

Et connaissant Max Pacioretty, dites-vous que ce ne sont pas des paroles en l’air. On parle d’un joueur qui a fait face à l’adversité cette saison et qu’il a déjà commencé son programme de remise en forme. Reste qu’il passera une deuxième nuit à l’hôpital, pour s’assurer que son état demeure stable.