Quel est le meilleur duo MVP-esque de l’histoire? Et là, votre humble serviteur ne parle pas de moutarde et de ketchup, ni de Marie-Chantal Toupin et de son caplock. Non, meilleure combinaison de patineurs dans la LNH depuis cette fameuse nuit des temps. Rigueur.

La liste des grands duos historiques – ayant contribué à rafler les grands honneurs au même rythme qu’un Guatémaltèque opérant dans un champs de fraises – est presque aussi longue que l’orthèse-genouillère de Zdeno Chara. Prenez l’époque des chaises berçantes antiques, par exemple, là où Bobby Hull et Stan Mikita ont fait la pluie et le beau temps à Chicago, dans les années 60. En 13 saisons sous le même gilet, les deux virtuoses du palet ont combiné quatre trophées Hart, sept championnats des pointeurs et une Coupe Stanley. Dommage cependant que le vieux Bobby Hull ait été un réel saligaud dans sa vie personnelle et qu’il ait presque fait passer Donald Trump pour un chic type. M’enfin.

Durant la prémisse de cette fameuse Guerre froide, Ted Linsay et Gordie Howe, eux, ont ramené quatre urnes sacrées à Détroit. À Montréal, Maurice Richard et son frère Henri ont mis la main sur cinq Coupe Stanley d’affilée durant les années 50, une séquence qui n’a toujours pas été égalée à ce jour.

Une fois les années 70 arrivées, ce fut la foire du sexe libre et d’acide en pluie sur notre continent. Bryan Trottier et Mike Bossy, eux, ont alors inscrit le nom des Insulaires de Long Island dans le livre d’histoire, enchaînant quatre bols argentés de suite. Dans les années 80, Mark Messier et Wayne Gretzky, à Edmonton, ont touché le Saint-Graal à quatre reprises également, mais sur un échelon de cinq ans. Bon, il est vrai que les gardiens de but étaient – pour la plupart – aussi agiles que des clowns-nains se donnant en spectacle dans un cirque, mais reste que ces exploits ne sont pas banals du tout.

Super Mario et Jaromir Jagr ont unis leurs efforts afin de soulever deux Coupes à Pittsburgh.

Dans les années 90, outre Pat Falloon et sa carte Pro Set d’une valeur de vingt dollars (pendant un mois, au moins!), Super Mario et Jaromir Jagr ont unis leurs efforts afin de soulever deux Coupes à Pittsburgh, alors que Steve Yzerman et Sergei Fedorov, de leur côté, ont eux aussi amené un paroxysme de gloire à Détroit. Joe Sakic et Peter Forsberg font également partie de cette liste de duos légendaires, on s’entend là-dessus.

Pour les plus jeunes, Jonathan Toews et Patrick Kane (Chicago), Pavel Datsyuk et Henrik Zetterberg (Détroit) ainsi que Corey Perry et Ryan Getzlaf (Anaheim) représentent les duos historiques des temps modernes. Puis, forcément, arrive ensuite au sommet de la pyramide Evgeni Malkin et Sidney Crosby, perçus par la nouvelle génération comme étant le meilleur duo de l’histoire de la LNH. Bref, malgré une parité peu commune dans cette ligue et opérant avec des alignements loin d’être tout étoiles plus souvent qu’autrement, Geno et Sid symbolisent indubitablement le meilleur one-two punch au poste de centre depuis l’ère du style papillon, des commotions cérébrales et des combinaisons colorées zentaï à base d’élasthanne recouvrant le corps dans son intégralité (shout-out aux deux excités de Vancouver pour le trend). En fait, ces deux virtuoses de la glace ont brandi Lord Stanley bien haut à trois reprises. Du gros stock, comme dirait Serge Touchette.

 

Le monstre à deux têtes composé de Connor McDavid et de Léon Draisaitl peut-il devenir aussi légendaire, sinon plus, que le tandem Crosby/Malkin?

Or, la question qui s’impose aujourd’hui, autre que “pourquoi Garth Snow est-il toujours en poste à Long Island?”, est la suivante : le monstre à deux têtes composé de Connor McDavid et de Léon Draisaitl peut-il devenir aussi légendaire, sinon plus, que le tandem Crosby/Malkin?

Écoutez, avec toujours la couche aux fesses et le duvet facial peu fourni, McDavid et Draisaitl ont représenté la meilleure paire de la LNH l’année dernière, combinant 177 points. Kane et Panarin ont uni leurs efforts pour un panier de 163 points, alors que Crosby et Malkin en ont amassé 161. En termes de désagrément infligé à l’adversaire en situation de forces égales, McDavid et Draisaitl ont tamponné 103 points. Kane et Panarin ont dérangé pour 96 points, tandis que Crosby et Malkin en ont démoulé 91. Il ne fait aucun doute qu’en ce qui concerne les duos, McDavid et Draisaitl étaient au sommet de la montagne.

Les fans groupies ameutées ont également obtenu un aperçu de ce que le prolifique duo pouvait offrir en séries Minatoires. Honte à ce fameux but alloué à Ryan Kesler alors qu’il tentait d’arracher la jambière de Cam Talbot, d’ailleurs. Chose certaine, ces deux jeunes loubards dynamiques et gagnants ont passé leur première grande évaluation avec succès.

À l’heure actuelle, le rêve des citoyens d’Edmonton est bel et bien que McDavid et Draisaitl deviennent les Crosby et Malkin de l’Ouest. Même que, parions que le pays tout entier le souhaite, dans son fort intérieur.

Bien sûr, pour l’instant, l’ascension de ces deux joueurs au rang d’idole d’un peuple demeure hypothétique. Toutefois, l’espoir stimule qu’on vous dit, car ils ont du talent en simonac, et beaucoup de caractère dans le caisson. Donnez-leur du temps et de la bonne fortune, un peu de patience et du saindoux, puis nous risquons de voir ce scénario Walt-disnesque tant attendu devenir aussi réel que l’amitié incroyable qui subsistait entre Pavel Bure et Gino Odjick jadis.

À l’heure actuelle, le rêve des citoyens d’Edmonton est bel et bien que McDavid et Draisaitl deviennent les Crosby et Malkin de l’Ouest. Même que, parions que le pays tout entier le souhaite, dans son fort intérieur.

En conclusion, Connor McDavid et Leon Draisaitl pourront-ils briser cette beaucoup trop longue disette de 24 ans sans Coupe Stanley au Canada? Pourront-ils un jour mettre Crosby et Malkin dans le rétroviseur en termes d’accomplissement de carrière? Miseriez-vous votre dernier bol de céréales Vector là-dessus? On vous le demande.

Texte paru originalement sur Enprolongation.com