La ville de Montréal est sous le choc. C’est l’apocalypse. Le Canadien vient de perdre une cinquième partie de suite. Une cinquième partie qui ne veut rien dire, mais une cinquième d’affilée quand même.

Cette fois-ci, c’est à Toronto que le massacre s’est opéré. Perdre contre Toronto, même si c’était dans une ruelle, devant six spectateurs, c’est toujours chiant. Imaginez donc comment se sentait le partisan de la Sainte-Flanelle à l’issue de la partie d’hier.

La journée avait mal commencé pour le Tricolore. Le meilleur attaquant de l’équipe, Jonathan Drouin, devait s’absenter pour une blessure soudaine. Certains parlent du haut du corps, d’autres disent que c’est dans le milieu. Au final, il s’est blessé et ne pouvait entamer la partie. C’était donc Torrey Mitchell qui était appelé à le remplacer. Ça ne prend pas la tête à Papineau pour savoir que Mitchell n’a pas l’étoffe nécessaire pour remplacer Drouin. C’est comme si je troquais une bonne bière de la microbrasserie Dieu du Ciel pour une Carling tablette. Ça boucherait un trou, mais on est loin du goût raffiné.

Pour ajouter à l’injure, Charlie Lindgren, qui devait jouer l’entièreté du match, a dû déclarer forfait en raison d’une blessure infligée pendant la période d’échauffement. Claude Julien devait donc se tourner vers Al Montoya pour défendre la cage montréalaise. Le résultat a été pitoyable.

Tout d’abord, à la défense de Montoya, il est vrai qu’un gardien a besoin, plus que tout autre joueur, d’une préparation mentale adéquate avant d’embarquer sur la patinoire. C’est probablement la raison qui explique le mystérieux premier but d’Auston Matthews. Oui, le bâton du prodige américain a frappé celui du défenseur devant lui, mais, en aucun cas, Montoya ne doit figer sur ce lancer. Quand une rondelle est dirigée vers le filet, fermer les yeux n’est pas la meilleure des solutions.

S’en est suivie une longue partie où le substitut allégué de Carey Price a dû s’avouer vaincu à quatre autres reprises sur un total de dix-neuf lancers. C’est beaucoup trop.

 

Nous pourrions parler d’une mauvaise sortie au bureau, mais il ne faut pas oublier que, deux jours plus tôt, c’est également cinq rondelles qui ont traversé sa vigilance pour se retrouver au fond du filet. Dix buts en deux sorties, ça n’augure pas bien.

Sa technique est déficiente, son style papillon manque de mordant, il est en mode réaction au lieu d’anticiper les actions et il semble se retrouver, plus souvent qu’autrement, hors d’équilibre. On peut même parfois le surprendre à tomber sur le dos. Bref, il se passe quelque chose avec Montoya et Stephane Waite devra travailler étroitement avec lui pour assurer la conscience tranquille de Carey Price lorsqu’il aura droit à une journée de congé.

Vous me demanderez donc pourquoi perdre du temps à travailler avec Montoya quand Charlie Lindgren pourrait faire le travail? La question est légitime, mais je crois impératif que Lindgren, pour son développement, entame la saison comme numéro un à Laval afin d’accumuler les départs. Disons jusqu’aux fêtes. Puis, quand les équipes se mettront en deuxième vitesse, Lindgren, qui n’aura pas réchauffé le banc depuis le début de saison, pourra venir en relève de Price qui devra être ménagé afin de l’avoir frais et dispo pour entrer en séries éliminatoires.

Parce que oui, le Canadien fera les séries les éliminatoires. Nous ne sommes qu’en septembre. Nous ne sommes qu’au calendrier préparatoire. Nous ne pouvons pas nous fier à la performance d’une équipe en matchs hors-concours. D’ailleurs, il est plutôt ironique de lire et d’entendre l’affolement présent. L’an dernier, quand le club alignait les victoires en début de campagne, si quelqu’un avait l’audace de s’en extasier, il se faisait rabrouer dans le temps de le dire. Parce que ce n’était que le début de saison. Parce que le vrai hockey se joue après décembre.

Ce qui est vrai.

Alors pourquoi faudrait-il s’énerver aujourd’hui? Après tout, nous ne sommes que le 26 septembre. Il fait 300 degrés à l’extérieur. Le premier flocon de neige est encore loin. Prenez donc votre gaz égal. Ou comme a déjà dit un certain gardien de but… Chill out.

PS : Victor Mete doit commencer la saison à Montréal.

 

Texte paru originalement sur Enprolongation.com