Est-ce que le mur approche dans les négociations dans la Ligue nationale de hockey ? Une chose est certaine, c’est que les personnes qui sont au fait du dossier me disent toutes la même chose. Les deux parties sont loin d’une entente à l’heure actuelle.

Par exemple, si la séance de négociation de mercredi a été annulée, c’est qu’il y a une raison.

La principale, c’est qu’on se dirige vers l’impasse parce que la LNH refuse de discuter de la proposition des joueurs et l’AJLNH ne veut pas non plus négocier sur les bases de l’offre de la ligue qui date du 13 juillet.

En effet, Gary Bettman et Bill Daly ont rencontré Donald et Steve Fehr mercredi matin pendant deux heures. Cette rencontre n’a pas du tout donné les résultats escomptés, à un point tel qu’on se demande maintenant s’il y a encore une toute petite chance qu’il n’y ait pas de lock-out le 15 septembre.

C’est pourquoi la rencontre de jeudi prend une tout autre tournure. Il faut absolument que cette séance de négociation ne se termine pas comme celle de mercredi entre Bettman et Fehr.

Il faut qu’une des deux parties accepte de se pencher sur la proposition de l’adversaire. Si ce n’est pas le cas, les pourparlers de la semaine prochaine à New York ne seront pas sur l’essentiel de la prochaine convention collective, voire les dollars, mais beaucoup plus sur la sécurité des joueurs, etc.

Souhaitons que la nuit porte conseil. Mais il ne faut pas non plus jouer à l’autruche. Le mur approche et plus personne ne semble vouloir l’éviter.

blogue de mercredi matin

Avec les négociations qui entrent dans une phase importante, entre la LNH et l’Association des joueurs, il faut mettre fin aux vacances et regarder de plus près ce dossier qui fera couler beaucoup d’encres.

La question que vous m’avez le plus souvent posée, que ce soit sur Twitter ou dans la rue, est la suivante : est-ce qu’il y aura un lock-out ?

La réponse que je dois vous donner présentement est simple : oui.

Mais même s’il y aura un arrêt de travail, il est tout aussi évident que le lock-out ne va pas durer un an. Je m’attends à ce que la saison débutera, au pire, quelque part au mois de décembre.

Pourquoi ? Parce qu’il y a plusieurs facteurs qui font en sorte qu’il est improbable qu’un arrêt de travail mette fin à la saison.

PRESSION FORTE SUR GARY BETTMAN

Le point le plus important à retenir est le suivant. Les joueurs n’ont pas l’intention de partir en guerre contre Gary Bettman et acceptent le principe du plafond salarial. Pas question d’exiger l’implantation d’un autre système, même si le directeur de l’AJLNH, Don Fehr, est allergique au plafond salarial.

Le deuxième point qui change les données, est l’entente entre la LNH et NBC pour la diffusion des matchs aux États-Unis. NBC va verser 150 millions de dollars à la ligue pour les droits de télévision pour la saison 2012–2013. Cette somme est importante et ESPN ne versait pas un tel montant en 2004, lors du dernier lock-out.

NBC est prête à attendre quelques mois pour que le dossier se règle, mais n’acceptera jamais que la saison soit annulée.

D’abord parce qu’elle a une nouvelle chaîne NBC Sports qui a un contenu qui est basé en grande partie sur la LNH.

Ensuite parce que la classique hivernale, qui aura lieu à Detroit en janvier, est un must pour NBC. C’est LA fenêtre pour le hockey aux États-Unis. Cette classique n’existait pas lors de la saison 2004–2005 et même si la ligue soutient qu’elle peut tout annuler le premier janvier, ce serait très surprenant que cette menace soit mise à exécution.

TROUVER UNE SOLUTION

Il est évident que les demandes de la LNH, dévoilées le 13 juillet, n’ont pas beaucoup de sens. Exiger la fin de l’arbitrage, qu’un joueur obtienne l’autonomie complète après 10 saisons dans la ligue et que les joueurs réduisent leur salaire d’un autre 24 %, ne tient pas la route.

D’un autre côté, la proposition de l’AJLNH est intéressante, mais j’ai de la difficulté à concevoir pourquoi les joueurs accepteraient une baisse très importante des revenus hockey pendant les trois premières années de l’entente, mais exigerait un retour un retour à la situation actuelle (57 % des revenus hockey aux joueurs) lors de la dernière année de l’entente.

L’AJLNH propose en effet, une augmentation du plafond salarial de 2 % pour la prochaine saison, 4 % pour la saison 2013–2014 et 6 % en 2014–15. C’est louable. Mais pourquoi exiger un retour à 57 % des revenus pour la dernière année de l’entente ? Si ce pourcentage est si essentiel aux joueurs, pourquoi accepter qu’il ne soit pas appliqué sur les 3 premières années de l’entente ? Tout ça porte à confusion.

Heureusement, l’AJLNH propose un plus grand partage des revenus entre les propriétaires, de l’ordre de 250 millions. Même si cette proposition est très belle, parce que plusieurs formations ne seraient plus dans le rouge, il ne faut pas croire que les équipes riches sont prêtes à l’accepter.

Bref, il y a encore beaucoup de travail à faire. Si les discussions progressent cette semaine, ce sera un bon signe.

Mais si ce n’est pas le cas, il faudra s’armer de patience.