En abandonnant son match de premier tour avec encore moins de classe qu’un président américain, en début de semaine à Shangaï, Nick Kyrgios s’est encore attiré les foudres de l’ATP. Cette fois, l’Australien de 22 ans a reçu une amende de 16 500$ pour conduite anti-sportive et pour avoir harangué un spectateur. Il doit aussi dire adieu à la bourse de 21 000$ que touchent tous les joueurs participant à la 1ère ronde d’un Masters 1000. Dommage, car avec cet argent, il aurait pu payer une partie des honoraires d’un coach de vie.

C’est que Kyrgios n’en est pas à ses premières frasques sur le circuit de l’ATP. Babillage, décrochage, enfantillage. Kyrgios est passé maître dans l’art du pétage de coche! La mention de son nom sur Youtube vous mènera rapidement vers un palmarès de ses crises dignes d’un enfant-roi.

On se rappellera du fameux « Kokkinakis banged your girlfriend! » qu’il avait servi à Stan Wawrinka à Montréal en 2015, attaquant ainsi son adversaire directement dans les sentiments. On l’avait aussi déjà vu s’en prendre à des spectateurs un peu trop bruyants à son goût. Et combien de raquettes a-t-il brisées sur les courts depuis le début de sa carrière professionnelle en 2013?

Nick Kyrgios n’est pas apprécié sur le circuit. Rafael Nadal, entre autre, ne semble pas le porter en très haute estime. Surprenant qu’il ait été choisi par John McEnroe pour faire partie de l’équipe Monde lors de la première édition de la Coupe Laver. Quoique McEnroe fut également un maître de la crise de nerfs. Mais si l’arrogance de McEnroe n’a jamais empêché ce dernier d’atteindre des sommets à son époque, il en va tout autrement pour Nick Kyrgios. Cet adolescent de 22 ans est faible mentalement. Nick Kyrgios est le pire adversaire de Nick Kyrgios. Quand il se met à parader, à vociférer et à ruer comme un cheval sauvage, il donne sa reine à tous ses opposants. Il fait le fou encore quelques minutes puis se retrouve avec la force d’un simple pion. Son adversaire se dresse tel une tour et met l’enfant-roi en échec. Et c’est ainsi qu’un joueur aussi talentueux se fait battre par un 45ème joueur mondial quelques jours après avoir battu une étoile montante.

Nick Kyrgios est jeune. À 22 ans, on peut penser que son lobe frontal n’est pas encore totalement développé et que, comme bien des ados, son impulsivité n’est pas suffisamment filtrée. Pour l’instant, les amendes et autres pénalités ne semblent pas avoir l’effet escompté. Deviendra-t-il le joueur qu’on espère encore? Quel genre d’accueil les prochaines foules lui réservent-elles? Ne nous leurrons pas, un passage sur les Facebook d’amateurs de tennis prouve que ceux qui, au départ, le trouvaient divertissant commencent à en avoir ras-le-bol. Peut-il se battre à la fois contre un adversaire, une foule et son petit diable qui a nettement le dessus sur son petit ange? J’en doute. Prendra-t-il de la maturité? Peut-être. En attendant, il n’est pas trop tard pour engager un expert de la dureté du mental avec les 5 millions qu’il a engrangés au cours des 4 dernières années. Histoire à suivre…

 

Texte paru originalement sur EnProlongation.com