Par Jean-Luc Autret

Samedi à Berlin en Allemagne, le nouveau tournoi « World Boxing Super Series » débutera avec le duel Oleksandr Usyk VS Marco Huck, impliquant le titre WBO de la catégorie des moins de 200 livres. Le réputé entraîneur Russ Anber sera dans le coin du favori du tournoi pour son troisième combat de suite. Nous nous sommes entretenus récemment avec le patron de Rival Boxing Gear et nous en profitons pour vous présenter cet athlète d’exception et ce tournoi de haut niveau.

C’est quoi la « World Boxing Super Series »

Tout d’abord, on se doit de vous présenter la toute nouvelle formule de tournoi dans le monde la boxe. Le projet a été mis sur pied par Sauerland Promotions et Richard Schaefer, l’ancien PDG de Golden Boy Promotions qui a mis en place sa propre compagnie nommée Ringstar Sports. Le tournoi implique deux divisions; les lourds-légers (moins de 200 livres) et les super moyens (168 livres) ainsi que la coquette somme de 50 millions US en bourse.

Contrairement à la formule très longue du Super Six en 2009-2011, la nouvelle version a mis de côté le cycle des combats de qualification. Cet automne les huit premiers combats, les quarts de finale, sont éliminatoires. Puis en janvier ce sera les demi-finales et enfin les deux grands gagnants seront couronnés en mai 2018.

Chez les 168 livres, plusieurs boxeurs ont préféré passés à côté de ce tournoi dont les champions actuels James DeGale et Gilberto Ramirez. Seul le champion WBA Georges Groves se présente avec un titre. Il fera face à trois compatriotes anglais (Chris Eubank Jr, Jamie Cox et Callum Smith) ainsi que des représentants turc (Alvi Yildirin), suédois (Eric Skolglund), allemand (Jurden Brahmer) et américain (Rob Brant).

Soyons honnêtes, l’intérêt médiatique en Amérique du Nord pour cette partie du tournoi sera assez faible. Par contre, chez les lourds-légers la crème de la crème participe au tournoi, dont les quatre champions actuels : Oleksandr Usyk (WBO), Murat Gassiev (IBF), Mairis Bredis (WBC) et Denis Lebedev (WBA).

Le parcours émérite d’Oleksandr Usyk

Trop peu connu en Amérique du Nord, Oleksandr Usyk est toute une vedette en Ukraine. Son parcours amateur est truffé de victoires. Joueur de soccer de haut niveau à l’adolescence, il découvre la boxe à 15 ans et il se hisse rapidement parmi les meilleurs. À travers ses plus grands accomplissements, notons sa médaille de bronze aux championnats du monde de 2009 et ses médailles d’or aux mondiaux de 2011 et aux Olympiques de Londres en 2012. Lors de ces deux tournois, Usyk a vaincu à chaque reprise un certain Artur Beterbiev par la marque de 17-13. Le parcours amateur du gaucher s’est terminé avec une fiche de 335-15.

« Oleksandr est très talentueux. Il est très actif dans un ring, il lance beaucoup de coups, il est agile et athlétique. Je le comparerai à un poids moyen dans le corps d’un boxeur de 200 livres », explique Russ Anber qui travaille avec lui depuis un peu moins d’un an.

Après les Jeux olympiques de 2012, Oleksandr se joint à l’équipe ukrainienne dans la World Boxing Series. Il y remporte ses six combats, dont deux, par KO. Malgré ces succès, son équipe s’incline en finale 6-5 face aux Kazakhs d’Astana. En novembre 2013, il commence sa carrière professionnelle sous la protection de K2 Promotions des frères Klitschko. Le boxeur de trente ans en sera seulement à son treizième combat pro samedi.

La voie rapide vers les championnats

Tout comme son bon ami et compatriote Vasil Lomachenko, Usyk est pressé de grimper sur les plus hautes marches. Après 11 mois, lors de son cinquième combat chez les pros, il remporte le titre mineur Inter-Continental de la WBO. En septembre 2015, Usyk est classé l’aspirant no 1 du tout nouveau champion polonais à l’époque Krzysztof Glowacki. Ce n’est qu’un an plus tard qu’il obtient sa chance en championnat du monde.

Habitué d’être sur la route sur la scène amateur, Usyk accepte de se battre en Pologne face au champion invaincu qui a dominé coup sur coup Marco Huck (KO 11e) et Steve Cunningham (DU 12). L’aspirant ne donne pas à la foule tellement d’occasion de fêter, il l’emporte par décision unanime avec des cartes de 117-111, 119-109 et 117-111.

Quatre mois plus tard, Usyk fait son entrée aux É.-U., il fait la demi-finale de Joe Smith Jr VS Bernard Hopkins. Son rival provient de l’Afrique du Sud et il détient une fiche de 17-2, le gaucher Thabisco Mchunu est classé alors 11e à la WBO. Le champion est sans pitié et il obtient le KO au 9e. Par contre, il est bien normal si vos souvenirs de cette soirée sont plus associés à la fin de carrière du légendaire Bernard Hopkins.

En avril dernier, Top Rank organise au Maryland un gala spécial offrant de la visibilité à trois vedettes ukrainiennes : soit le mi-lourd Oleksandr Gvozdyk, Usyk et bien sûr le champion à 130 livres Vasyl Lomachenko. Ce soir-là, Gvozdyk assomme Yunieski Gonzalez en seulement trois rounds alors que Lomachenko se défait de Jaso Sosa en neuf reprises.

De son côté, Usyk affronte son neuvième aspirant l’Américain Michael Hunter (12-0-0). Les deux boxeurs cumulent seulement 23 combats chez les professionnels, mais ils ont tous deux beaucoup d’expérience amateur. L’Américain a notamment vaincu Oscar Rivas en 2008 et aux Olympiques de Londres son duel avec Artur Beterbiev s’est terminé 10-10. Lors d’un verdict nul, les juges doivent trancher, c’est le Russe qui a poursuivi son chemin jusqu’à un certain Usyk. Revenons à nos moutons, face à Usyk, l’Américain est coriace, mais il subit un déluge de coups et doit s’avouer vaincu par décision unanime (117-110, 117-110, 117-110).

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