Malgré bien des tentatives de la part de Samuel Décarie, le Groupe Yvon Michel a été incapable d’offrir un combat de retour à son poids lourd Oscar Rivas (20-0-0, 15 KO) en juin. Après des tentatives le 3 et le 15 juin, le projet de le faire combattre à Niagara Falls vendredi dernier sur une carte de Global Legacy Boxing est aussi un échec. Cette triste situation nous force à faire un retour sur la carrière de Oscar Rivas depuis qu’il s’est joint à la grande famille d’Al Haymon et de comparer son parcours avec d’autres poids lourds de PBC. Est-il vraiment celui qui est le plus maltraité chez Al Haymon ?

Plus d’annulations que de combats en deux ans

Les trois échecs du mois de juin sont évidemment déplorables, mais pour bien évaluer la situation on se doit de reculer à avril 2015, soit sa signature avec Premier Boxing Champions, pour analyser l’ensemble de sa progression.

Donc au printemps 2015, l’Olympien colombien a une fiche de 15-0-0 dont 10 KO. Son précédent combat était le 23 septembre 2014 lors de la finale d’un gala au Casino de Montréal qui impliquait les GYM, Interbox et Eye of the Tiger Management. Oui, oui, les trois promoteurs qui travaillaient ensemble, ça fait longtemps !!! Après avoir passé un KO technique en deux rounds à Erik Barrak en direct à TVA Sports, les espoirs étaient grands pour Oscar Rivas.

Suite à ce gain, son entraîneur déclarait : «On regarde maintenant du côté international pour son prochain adversaire. La première étape sera de lui trouver une place dans un des classements mondiaux. Par la suite, on aimerait bien lui donner un combat de championnat pour une ceinture nord-américaine en 2015. Ça serait le scénario idéal. Pour développer un poids lourd, c’est très dispendieux. Cependant, avec Rivas, on est capable d’avoir les ressources nécessaires pour lui permettre d’aller à un niveau supérieur». Le Colombien ne remontera pas sur le ring avant le 4 avril 2015, il fait alors un combat de retour contre un Turc ayant une fiche (21-9-2), ça durera 1 minute 39 secondes.

Deux mois plus tard, Rivas se rend dans l’État de Washington pour affronter Jason Pettaway (17-2-0, 10 KO), un Américain qui vient de perdre par KO en quatre rounds face à l’Australien Joseph Parker (celui-ci est actuellement champion du monde WBO). Rivas et Pettaway ouvre l’émission de Shobox sur Showtime ce soir-là. Le duel dure un gros deux minutes 25 secondes et après trois chutes le choc est terminé et l’Américain prend sa retraite avec un gros mal de tête. Peu de gens s’en souviennent, mais un arbitre plus sévère aurait bien pu disqualifier Rivas pour son coup après la première chute de son rival.

En novembre de la même année, Oscar Rivas est en sous-carte de De Gale-Bute pour affronter le gaucher Joey Abell (31-9-0 29 KO), un vétéran américain qui a affronté les Tyson Fury (TKO4), Kubrat Pulev (Abandon 4), Fres Oquendo (TKO9) et Chris Arreola (KO1). Bien qu’Abell soit un adversaire choisi à la dernière minute, le duel est terminé après 3 minutes 46 secondes.

Enfin, des défis d’importance

En février 2016, Rivas peut enfin rêver de gloire, de prestige et de bourses de qualité. Le Montréalais d’origine colombienne se rend alors à Anaheim en Californie pour affronter Gerald Washington en ouverture d’un programme triple sur Showtime. Malheureusement, la condition de son œil droit ne passe pas les examens médicaux et celui qui a subi un décollement de la rétine trois ans plutôt, voit son combat annulé. Après s’être fait opéré à l’œil droit et avoir fait un combat de retour qui a duré moins de deux minutes, Rivas se voit offrir un combat contre Amir Mansour le 16 juillet 2016 à Birmingham en Alabama.

Après de nombreux changements, Rivas est remplacé par Gerald Washington à cause d’une blessure à l’épaule qui requiert une opération. Pour lui permettre de rester à flot monétairement, GYM lui offre un combat facile contre Jeremiah Karpency deux semaines plus tard. Malgré sa blessure à l’épaule, il l’emporte en trois rounds. Il devait aussi participer au gala du 29 juillet à Québec, mais l’état de son épaule le dirige plutôt vers la salle d’opération. De son côté, Mansour aussi est retiré à la faveur du vétéran Ray Austin. L’ancien footballeur Washington fera tellement bien ce soir-là, qu’il obtient un combat de championnat du monde six mois plus tard.

Donc après son opération de l’été dernier, Oscar Rivas fait son retour au gymnase au printemps, en mars exactement. La suite est connue pour le gala du 3 juin, de nombreux changements (boxe, boxe pas, boxe, boxe pas…) empêchent la conclusion d’une entente avec un rival quelconque. Puis, la cible du 15 juin a aussi échoué, mais là c’est plus le manque de budget qui fait avorter le projet. Enfin, ce soir à Niagara, GYM a été incapable de convaincre le nouveau responsable de la régie ontarienne du bien-fondé d’inclure Rivas face à un adversaire de dernière minute.

Prochaine étape, le 19 août à Toronto

On le constate clairement, si ce n’était de ses blessures Oscar Rivas aurait eu sa chance sur les ondes de PBC en affrontant soit Gerald Washington et/ou Amir Mansour, deux boxeurs de qualité qui se sont livré un verdict nul en octobre 2015. En ce qui concerne l’avenir d’Oscar Rivas, GYM souhaite le voir se battre à Brampton en Ontario et si ça se concrétise réellement, le titre vacant de la NABF serait enjeu.

Est-ce que les budgets seront au rendez-vous? Et le délai d’un mois et demi, permettra-t-il au promoteur montréalais de faire signer les contrats? Seul l’avenir nous le dira. Concernant les affirmations de problèmes de matchmaking en Ontario, on se doit de rester prudent. Le 15 juin dernier, j’ai eu le plaisir de longuement discuter avec Lee Baxter, le promoteur du gala du 19 août. Il m’a expliqué qu’auparavant la collaboration de la régie ontarienne était quasi-inexistante. Il devait attendre parfois plus d’une semaine avant de savoir si l’adversaire qu’il proposait était accepté. Avec l’arrivée du nouveau responsable, les combats sont acceptés ou refusés en quelques heures. Par contre, les événements liés à David Whittom et Tom Hague sont bien réels et certainement que l’organisation de combats chez les lourds est maintenant plus surveillé.

Quelques comparables pour s’encourager

Depuis la création de PBC, Al Haymon a mis la main sur de nombreux prospects poids lourds. Bien sûr, il y a Deontay Wilder qui a réussi à décrocher la ceinture de la WBC. Plusieurs autres boxeurs étaient dans une situation semblable au Colombien il y a deux ans. Regardons le chemin parcouru de ces six pugilistes. Il est plus que probable que l’un d’eux ou quelques eux affronteront éventuellement le montréalais d’origine colombienne maintenant âgé de 30 ans.

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