Le premier juillet dernier, Pierre-Alexandre Parenteau était l‘un des joueurs autonomes les plus convoités du circuit Bettman. Il a conclu la saison 2011–12 avec une récolte de 67 points, un sommet en carrière. Parenteau, reconnu surtout pour ses talents de passeur avec les Islanders, a paraphé une entente de quatre saisons avec l‘Avalanche du Colorado. Plusieurs amateurs de hockey se demandaient alors s‘il pouvait connaître les mêmes succès sans son joueur de centre des deux dernières saisons, John Tavares.

Évidemment, la saison est jeune, mais Parenteau a déjà répondu à cette question en marquant sept buts à ses neuf premiers matchs. «Je savais que je réussirais à produire sans John, je n’ai jamais pensé le contraire. C’est certain que c’est le fun de prouver que je n‘ai besoin de personne pour réussir », raconte-t-il. Plus impressionnant encore, six de ses buts ont été marqués à égalité numérique, ce qui le place au premier rang du circuit à ce chapitre à égalité avec Eric Staal. Les sept buts de Parenteau représentent 33% de la production de l‘Avalanche qui n’a marqué que 21 buts. L’an dernier Parenteau avait eu besoin de 36 matchs pour inscrire son septième but de la saison. On peut parler d‘un joueur autonome d‘impact.

Mais l’impact de Parenteau au Colorado va au-delà des statistiques offensives. Son entraîneur, Joe Sacco, vante l’implication et l’énergie déployée par l’attaquant québécois. Parenteau, qui n’a jamais été reconnu comme un joueur défensif, joue de façon inspirée dans les deux zones comme le prouve son différentiel de +6, et se retrouve même au neuvième rang dans la Ligue nationale au chapitre des prises de possession, seulement deux derrière Erik Karlsson. Comment explique-t-il ce changement ? « Je veux gagner à tout prix, je n’ai jamais participé aux séries et à mon âge, c’est le temps. Je suis prêt à tout pour y arriver. »

Duchene et Tavares

Un joueur qui est heureux de l’arrivée de Parenteau à Denver est sans doute Matt Duchene. Après avoir connu une saison pénible en 2011–12, Duchene a récolté une moyenne d’un point par match à ses neuf premières rencontres aux côtés de Parenteau. La chimie entre les deux n’est pourtant pas encore tout à fait à point. «Le camp d’entraînement a été court, on s’entraîne rarement sur la glace en raison du calendrier chargé, donc la chimie s’installe peu à peu. On commence à se retrouver plus facilement sur la patinoire, ça s’améliore », m’a expliqué Parenteau. L’attaquant de Boucherville aura joué ses trois premières saisons complètes en compagnie des deux premiers attaquants choisis au repêchage de 2009 à Montréal. Très difficile de comparer les deux jeunes centres, mais il donne l’avantage à Duchene pour la vitesse tout en mentionnant que la force physique de Tavares était phénoménale.

Une jeune équipe

Si ça va bien pour Parenteau, on ne peut en dire autant de l’Avalanche. L’équipe occupe la 12e place de l’Association ouest avec une fiche de quatre victoires et cinq défaites. Encore pire, l’attaque massive de l’Avalanche se retrouve au dernier rang du circuit avec moins de 10% de réussite. Parenteau n’est pas heureux de cette situation et croit que la situation s’améliorera plus la saison avancera. Avec les Duchene, Stastny, Landeskog, Jones en compagnie, l’Avalanche forme la huitième plus jeune équipe de la LNH, quatrième plus jeune chez les attaquants. Ces jeunes forment une équipe remplie de talent qui est sur le point de représenter une menace. Il manque peu d’ingrédients pour que le vent tourne au Colorado et Pierre-Alexandre Parenteau sera au cœur de cette nouvelle ère.