Il a eu l’étincelle !

 Il y a sept ans, par un beau dimanche matin, en quittant le Plateau pour prendre le brunch chez sa mère, il s’est butté au défilé de coureurs du marathon de Montréal sur le boulevard Saint-Joseph. Impossible pour lui de prendre l’autobus. Il maugréait. « Mais qu’est-ce qui se passe  ici aujourd’hui ? », s’est-il demandé.

 Voilà comment l’humoriste Phil Roy a été interpellé.

 Depuis maintenant six ans, il se fait un devoir de participer au 10km du marathon de Montréal. Un happening pour sa famille, aussi cool qu’à l’époque où il se rendait chez sa grand-mère pour manger un bon roast beef !

 

La course à pied a été bénéfique sur bien des aspects pour Phil.

 

Lentement mais sûrement car on ne doit pas lui parler d’objectif à long terme, question d’éviter le découragement.  « Lors de mon premier entraînement, je me suis senti tellement essoufflé jusqu’au coin de la rue ! Oui, j’ai trouvé l’adaptation difficile », me confie-t-il.

 Sans suivre aucun conseil, sans vraiment chercher de la documentation, Phil a plutôt opté pour le feeling. «  Je me souviens qu’à l’origine, je me persuadais de courir sans arrêter pour une durée de trois chansons. La distance et le temps m’importaient peu, je désirais simplement atteindre mon objectif. »

 Pourtant très préoccupé par son métier, il a toujours trouvé de la facilité pour courir régulièrement. « Tu sais, ce que je trouve le plus pénible dans ce sport, c’est d’attacher mes souliers ! Sérieux. Ça me prend plus d’effort à me refuser de courir qu’à partir ! » En fait, il ne dénichera aucune excuse pour vous expliquer qu’il n’a pas couru quand c’était déjà  inscrit sur sa liste d’épicerie.

 

Phil Roy, lors de sa participation au 10km du marathon de Montréal en 2016.

 

L’an dernier, il a conclu son 10km en 58 minutes. Cette année, s’il parvient à franchir la distance sous les 60 minutes, il espère obtenir un temps de 55 minutes,  il passera à l’étape suivante, soit un 15km. Il devra forcément rater son rendez-vous annuel l’an prochain car le marathon de Montréal ne prévoit pas cette distance à son horaire. Phil joue la carte de la prudence et aspire se rendre au demi-marathon.

 Surveille-t-il son alimentation ? « Disons que je fais plus attention mais il faut quand même comprendre que je ne mangerai pas nécessairement des pâtes et me bourrer de protéines pour courir un 10km ! Lorsque j’atteindrai le demi, je porterai une plus grande attention. Toutefois, en général, je surveille cet aspect… même lors de mes tournées, c’est important. »

 Avant d’adopter cette discipline, Phil faisait osciller l’aiguille de la balance à 307 lb. Il est vraiment fier de dire qu’aujourd’hui, il a perdu 68 lb. « Physiquement, je dois m’accepter comme je suis. Je n’aurai jamais le physique de Pier-Luc Funk. Mes épaules sont six fois plus larges que celles de Xavier Dolan et mes grosses jambes supportent mon poids depuis des années », enchaîne en riant l’artiste de 29 ans.

 

Phil s'est déjà mérité un Olivier pour son talent.

 

Au marathon de Montréal, il va courir avec sa mère et son frère ainé alors que le cadet participera au 21km en compagnie de sa copine. Sans oublier la présence de nombreux autres membres de sa famille qui seront sur les lieux.

 Croit-il qu’un jour, il pourra se rendre jusqu’au marathon ?

 À cette question, il a hésité quelques secondes. « Je ne le sais pas. Je préfère attendre de conclure un demi-marathon avant de te répondre ». On sentait sa crainte.

 

Il influencera plusieurs jeunes à prendre conscience d'un bon conditionnement physique.

 

Les jeunes adorent Phil Roy. Sympathique, drôle, attachant et près du peuple, sa prise de conscience pour la course à pied permet une sensibilisation auprès de son grand public. Son influence pourrait en convaincre plusieurs d’emboîter le pas.

 La course à pied a besoin de Phil Roy, beaucoup plus qu’il ne peut l’imaginer.