Mon regard est vide.

 Je m’entends respirer.

 Je me sens bien, en confort. Je suis détendu.

 Je pense à tout… et à rien. Je suis en état d’ivresse !

 La course à pied exerce assurément un contrôle sur la personne, comparable à d’autres dépendances.

 J’avoue. Je ne ressens pas toujours le goût avant un entraînement. Survient des moments plus difficiles. Fatigué, inquiet, songeur, la température, bref, des facteurs qui tentent sournoisement  de me mettre les bâtons dans les roues.

 J’arrive toujours à me convaincre de faire fi de ces assauts car je connais l’état de satisfaction qui m’attend une fois que j’aurai complété cette pratique. Difficile de décrire la sensation qui nous englobe dans pareils moments. La vie se présente sous un nouvel angle. On arrive mieux à comprendre des situations, on parvient avec plus d’aisance à traverser des périodes difficiles. L’effet sur notre cerveau représente une dépendance que nous recherchons régulièrement.

 Pas évident d’expliquer ce phénomène aux profanes.

 

Une pratique indispensable pour moi dans la vie.

 

Même après toutes ces années, ce sport arrive encore à m’enivrer, comme si je me retrouvais à mes débuts. Mon cerveau continue à s’abreuver de cette sensation de bien-être qui me permet de traverser la vie d’une façon plus agréable, tant sur le plan physique que psychologique.

 Le proverbe qui dit que quand on se compare, on se console devient un résultat qui me prouve que je dois poursuivre avec la même recette, sans en changer la formule gagnante. Les jeunes n’hésitent pas à me le confirmer et je vois bien que je peux encore les suivre et les talonner.

 Cette autre vibration me permet de me sentir accepté dans un monde, un milieu où normalement, je ne pourrais plus être des leurs.

 Se retrouver dans un état d’ivresse tout en conservant le contrôle procure des perceptions que nous ne pouvons mettre à l’écart.

 

Un gars heureux qui apprécie la vie.

 

Au retour d’une séance d’entraînement où d’une participation à une course, mes pensées se logent souvent vers des passages agréables de la vie en général. Je regarde alors vers le ciel et je réalise combien je suis chanceux que mon existence m’ait ainsi récompensé.

 J’ignore le temps que tout cela durera. Même si je m’interroge, je ne dois pas m’y arrêter. Vivre les moments présents et savoir apprécier sont des aspects qui viennent me combler.

 Trop facile de se perdre dans tout ce va et vient.

 Il nous faut un repaire, une amarre, question de figer le temps pour regarder autour de soi.

Et vous savez quoi ? Tant qu’il le voudra, je le ferai.