« Il faut que cela soit bien clair, je ne veux pas me mettre les grosses organisations à dos avec cette intervention ».

 David-Olivier Huard incarne la montée de la jeunesse en course à pied. Adepte depuis quatre ans, âgé de 29 ans seulement, le résident et natif de Saint-Hyacinthe s’implique à titre de directeur au sein de l’administration du Club Athlétique de Saint-Hyacinthe.

 Son point m’intéressait depuis longtemps et justement, je cherchais un intervenant comme lui.

 « J’ignore comment les grandes organisations peuvent faire pour recruter autant de coureurs dans des villes où ils n’ont même pas un pied à terre. Cet aspect me fascine et me dépasse. À Saint-Hyacinthe, nous planifions deux courses importantes. Le défi Gérard-Côté parvient à se maintenir au niveau des inscriptions depuis les quatre dernières années mais ça ne progresse plus. Puis, notre relais deux heures qui sera offert le 1er octobre et qui fêtera sa 48e année d’existence, peine à sortir la tête de l’eau ».

 

Inévitablement, l'esprit de famille règne davantage dans les clubs en région et permet le rapprochement.

 

David-Olivier considère cette situation anormale.

 Issu principalement du hockey, il a obtenu un BAC en éducation physique à Chicoutimi pour devenir enseignant. Pourquoi Chicoutimi ? Il sourit. « Jadis, j’étais un décrocheur, je manquais de motivation. J’ai dû terminer mes secondaires 4 et 5 aux adultes. En fait, ceux-ci m’ont donné le coup de pied au derrière qu’il me manquait. Je me suis dit que si des personnes dans la quarantaine et d’autres plus vieilles démontrent le courage de revenir sur les bancs d’école, je n’ai plus d’excuse. »

 Le volet jeunesse est important au défi Gérard-Côté. Voilà qui explique en partie la présence de David-Olivier.

 

 

David-Olivier en compagnie de l'illustre Marcel Jobin.

 

« Tu sais, je ne m’imaginais pas devenir un coureur et d’aimer ce sport. Je me souviens la première fois que j’ai couru au défi Gérard-Côté. J’ai été malade après la première ascension… et ce n’était pas sur une montagne ! », confie celui qui a déjà participé aux marathons de Toronto et Ottawa et qui se prépare pour Montréal.

 « Notre club va bien mais il faut comprendre que nous sommes des bénévoles. Juste voir les jeunes courir, c’est WOW ! Je veux sensibiliser les gens à prendre conscience de l’existence des petites organisations en région afin qu’elles ne disparaissent pas. »

 Effectivement, on se rend compte qu’au cours des deux dernières années, certaines épreuves ont disparu du calendrier au Québec.

 

Un aspect important  pour les regroupements en région s'avère la contribution financière à des organismes locaux, une entraide  significative.

 

« Heureusement, nous obtenons le soutien de la ville de Saint-Hyacinthe ainsi que de la commission scolaire. Les journaux locaux collaborent pour notre publicité. Ce que nous voulons, c’est de faire bouger les gens. » Celui-ci reconnaît que l’apparition des grosses organisations incitent les petites à se tenir éveiller, à s’améliorer d’année en année.

 Le club de Saint-Hyacinthe totalise 80 membres et il en coûte 30$ pour un abonnement d’un an. On estime approximativement à 600 le nombre de coureurs dans la région maskoutaine.

 « Automatiquement, il devient ardu de dénicher des bénévoles. C’est une roue qui tourne. « Nous ne disposons pas des moyens financiers pour acheter un kiosque au marathon de Montréal par exemple. Nous ratons par le fait même une grande visibilité. Toutefois, nous nous estimons très chanceux de pouvoir miser sur une figure comme Gérard Côté », exprime David-Olivier.

 

 

Le dynamisme des jeunes, en particulier de David-Olivier (en haut) vaut son pesant d'or dans un club de course à pied.

 

Gérard Côté est originaire de Saint-Hyacinthe et il a remporté le prestigieux marathon de Boston à quatre reprises.

 Est-ce que les gens de Saint-Hyacinthe reconnaissent la valeur de cet homme ? « Il existe la Promenade Gérard-Côté mais c’est le Vietnam ! Toutefois, il devrait la revitaliser prochainement », commente-t-il.

 

 

Gérard Côté, le plus grand marathonien de l'histoire du Québec.

 

L’intervention de David-Olivier vise essentiellement à faire réfléchir les coureurs partout au Québec car la menace plane sérieusement. « Si nous pouvons activer la population, c’est mon salaire. Je suis tellement passionné que je devrais m’impliquer encore pour plusieurs années. Par contre, je dois apprendre à doser mon temps. Je veux devenir un visage de la course à pied et non de performance », conclu-t-il.

 Alors, prenons en considération les propos de ce jeune coureur qui ne demande qu’à poursuivre son élan de générosité.