Il est parfois difficile de mettre le doigt sur la raison pourquoi une équipe perd ou gagne la plupart de ses matchs, ce n'est pas toujours aussi facile que de compter le nombre de bons joueurs qu'une équipe possède. Ce qui différentie une victoire d'une défaite est parfois aussi subtile qu'un joueur qui était au bon endroit au bon moment. Une chose est certaine, personne ne commence quoi que ce soit dans le but de subir un échec, nous voulons tous vivre du succès. 

 

Le Canadiens se retrouve à perdre plus souvent qu'il est possible de le tolérer, que ce soit pour les joueurs ou les fans. Non seulement nous perdons, mais nous perdons de beaucoup. Pour être polis, le spectacle n'est pas très bon et le temps sera long cette saison si rien ne change.  

 

Lorsque Bergevin est devenu le DG de notre équipe, nous avons cru que c'était finalement la fin des échanges qui nous font reculer, plutôt qu'avancer, et avec raison, car Marc nous a dit qu'il avait bien vu que certains échanges faits sous la gouverne de Pierre Gauthier et Bob Gainey avaient eu des conséquences catastrophiques pour le club. Il semblait comprendre que l'important c'était le repêchage, il espérait pouvoir profiter que quelques bons repêchages pour son premier contrat, mais malheureusement la réalité du marché montréalais l'a rattrapé plus rapidement qu'il l'aurait probablement voulu.  

 

En 2016, la pression médiatique et la rogne des fans s'est fait ressentir, alors que le CH connaissait une période creuse après avoir connu quatre saisons au-dessus des attentes des fans et de Bergevin lui-même. Si on nous avait dit en 2012 que le CH passerait d'une des pires équipes à l'une des meilleures et ce sans trop changer le noyau de joueurs, plusieurs ne l'aurait pas cru. Si on avait dit a Bergevin qu'il n'aurait droit qu'à un seul repêchage où il pourrait mettre la main sur un joueur dans le top 15, il aurait probablement dit qu'on était un peu trop optimistes. Après tout, c'est Bergevin qui nous a dit : «Ça va prendre du temps, mais j'espères que les fans vont être patients et je suis convaincu qu'on va remonter au classement tranquillement». Puis, l'impensable c'est produit et le CH a surpris le monde du hockey.  

 

C'est pendant l'été 2016 que Bergevin a connu son premier vrai test de sa jeune carrière. Marc se devait de faire quelque chose pour répondre aux attentes maintenant surdimensionnées des fans et des médias, c'est là que la peur de perdre s'est installé. 

 

Après avoir passé très près de perdre son emploi à la barre du Canadiens, Marc connaissait enfin le sentiment de peur que tout les DG du CH ont connu, un peu trop pour certains. Cette émotion vive et saisissante qui pousse quiconque à précipité les choses. C'est à ce moment-là qu'il a prit la fâcheuse décision de priorisé la peur de perdre au besoin de gagner. Alors qu'il aurait pu laisser partir Plekanec et changer l'identité de cette équipe pour rapprocher de la coupe en misant d'avantage sur le jeu offensif, il a prit la décision de prioriser les joueurs comme Plekanec, dans le but de ne pas perdre.  Il donna donc 6M$ par saison à son joueur tchèque, en disant qu'il avait besoin de lui pour faire les playoffs, ce qui en bout de ligne fut une décision qui ne porta pas ses fruits, car Tomas Plekanec connu alors la pire saison de sa carrière. Ceux qui n'aimaient pas le style de jeu de Plekanec n'étaient pas au bout de leurs peines, puisque Marc Bergevin pris alors la décision la plus controversé de sa carrière, il a échangé un joueur offensif dominant pour obtenir un joueur défensif qui avait perdu des plumes dans son ancienne équipe, Shea Weber débarque à montréal 

 

Bien que Weber ne soit pas un mauvais joueur de hockey, bien qu'il soit un bon leader, Shea n'avait pas du tout le même genre de talents offensifs que PK. Alors que Shea Weber préconise un style plus passif, basé sur le jeu de positionnement et son tir précis, PK Subban avait un style de jeu du type proactif, basé sur la possession de rondelle, la vitesse et les jeux de passes. Deux hommes biens différents. La dynamique changea rapidement, on était moins rapide, mais nous avions encore une équipe solide. Bergevin nous disait que notre équipe s'était améliorer à court terme et que les Prédateurs s'étaient améliorés à long terme, parfait c'est maintenant qu'on veut gagner se disaient plusieurs.  

 

Puis, l'été 2017 arrive et la pression est toujours aussi présente pour Marc Bergevin, qui malheureusement a vu sa prédiction voler en éclats quelques semaines plus tôt lorsque les Prédateurs ont atteint la finale de la coupe, avec Subban. Marc Bergevin se dit alors qu'il a besoin d'une défensive plus solide, plus difficile à percer pour l'adversaire. Il a de la chance, il y a un défenseur défensif parmi les agents libres, en plein ce qu'il veut. Il met donc la main sur Karl Alzner et il paye cher pour l'avoir, c'était sa priorité, disait-il à ce moment-là. Tout d'un coup, il croit avoir une défensive très dur à battre, il ne voit pas vraiment pourquoi il aurait besoin de payer le gros prix pour des joueurs offensifs, son équipe est déjà bien meilleure. Malheureusement pour Marc Bergevin, les joueurs offensifs aussi veulent être payés cher et les salaires sont à la hausse depuis quelque temps. Il se retrouve alors à perdre deux joueurs offensifs coup sur coup, après avoir joué une partie de bras de fer avec eux devant les médias, «s'ils veulent rester, ce sera à mes conditions», disait-il, très confiant qu'il finirait par avoir ce qu'il veut. Le temps se fait long avant que les deux joueurs prennent une décision et Marc commence à remplir le club de joueurs peu coûteux et peu talentueux, si bien qu'il n'y avait plus vraiment de place pour Markov. Ne sachant quoi faire, Marc échange un très bon espoir pour un attaquant du nom de Jonathan Drouin, un bon jeune lui aussi. Puis Marc, qui se retrouve sans défenseur offensif, opte pour Streit. Un bon risque à prendre croyait-il.  Il se disait que les bourdes défensives de Beaulieu ne l'embarrasseraient plus dans les matchs, maintenant il avait Schlemko un autre joueur défensif.  

 

Marc croyait que comme ça il ne risquait pas de perdre autant de match que pendant l'horrible saison 2015-2016, qui avait presque mit fin à sa carrière. Cependant, elle était là l'erreur ultime, le but n'est pas d'éviter de perdre, le but est de gagner. La peur peut parfois nous jouer des tours, elle existe pour nous protéger, mais elle prend le dessus quand on la laisse parler à notre place et nous nous retrouvons sans moyens.