Octobre 17, 2017
 
 

Par David Tétreault

 

 

UN CHAMPION QUI DÉRANGE

Billy Joe Saunders n’est possiblement le boxeur préféré de personne à part sa mère. Sur les réseaux sociaux, il est désagréable, arrogant, il méprise tout le monde. Il me fait un peu penser au champion UFC Michael Bisping, celui qui va affronter Georges St-Pierre au mois de novembre. Deux grandes gueules qui n’ont pas peur de se faire coller l’étiquette du vilain. C’est bon pour vendre un combat et ça met du piquant jusqu’à la journée du combat. Mais sur un ring, qui est ce fameux BJS? Portrait du jeune homme de 28 ans qui aime s’autoproclamer « The Superb ».


SON PARCOURS


BJS a fait son premier combat professionnel en 2009. Il a rapidement mis la main sur des titres britanniques et européens. C’est au mois de septembre en 2012 qu’il fait parler de lui pour la première fois, alors qu’en finale d’un gala qui se déroule à Londres, il passe le TKO à l’australien Jarrod Fletcher, toujours invaincu à l’époque. Il enchaîne les combats locaux intéressants; il bat Nick Blackwell, Matthew Hall et Gary O’sullivan, 3 boxeurs également connus en Europe. Son combat le plus important survient en 2014, alors qu’il est opposé à Chris Eubank Jr., le même Eubank qui est présentement en demi-finale du tournoi des WSOB chez les 168 livres. Un combat excitant, serré, qui se solde par une victoire par décision partagée pour BJS. Une immense victoire qui lui permet de crier haut et fort qu’il est le meilleur 160 lbs du continent. Puis vient le combat contre le champion Andy Lee en 2015. Un combat serré, dans lequel BJS a envoyé 2 fois le champion au plancher au troisième round; Lee est revenu fort pour gagner plusieurs rounds vers la fin, trop peu trop tard. Nouveau champion WBO par décision majoritaire. Il a fait deux défenses depuis, soit contre Artur Akavov et plus récemment en septembre contre Willie Monroe jr. David sera évidemment son plus gros test en carrière. 

 

BJS: boxeur patient 

BJS est un bon boxeur gaucher qui excelle pour envoyer des feintes avec son corps et ses gants. C’est un boxeur de réflexe, il réagit à ce qu’on lui met devant lui. Je l’imagine difficilement être à l’aise de suivre un plan de match durant tout un combat. Il a la capacité de s’adapter; il n’aura pas le choix le 16 décembre s’il veut conserver son titre. David part toujours en lion, BJS préconise l’étude du boxeur en face de lui. Ce sera un superbe clash de style. BJS aime mettre de la pression mais il n’est pas aussi actif que Lemieux, il lance des jabs peu convaincants, comme si ces jabs étaient pour endormir son adversaire avant le gros crochet ou l’uppercut. BJS est un boxeur que David Lemieux doit prendre très au sérieux; il a beau rigoler et se moquer de tout le monde sur les réseaux sociaux, il reste une menace dans un ring et son style peut en déjouer plus d’un. La preuve, il est toujours invaincu en 25 combats. Ce qui lui nuit est sa force de frappe; il n’a que 11 victoires avant la limite et n’a réussi que 2 KO depuis 2012. Ses feintes avec les gants pourraient également lui coûter cher; en envoyant ses gants pour mélanger son adversaire, il s’expose davantage, laissant une ouverture pour le coup de prédilection de Lemieux, le fameux crochet de la gauche. BJS devra constamment avoir sa garde haute pour éviter de se faire étendre par un crochet dévastateur. Il devra être vigilant pendant les 12 rounds. Pourra-t-il? J’en doute. Mais chose certaine, nous aurons droit à tout un combat.

 

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