Ainsi donc, l'ancien du Canadien Travis Moen a annoncé sa retraite aujourd'hui, à l'âge de 34 ans, après douze saisons dans la LNH. Évidemment, on ne parlera pas de Temple de la Renommée dans son cas et jamais il ne pourrait se retrouver aux côtés des Howe, Gretzky, Orr ou Lemieux dans quelque conversation que ce soit...

Jamais Moen n'a été un joueur très productif. Il mettait du coeur à l'ouvrage et enfilait, match après match, ses bottes de travail. Il n'avait pas peur de se salir les mains et de se sacrifier pour ses coéquipiers.

Il a été un choix de cinquième tour des Flames en 2000 et il a excédé les attentes en disputant 747 parties dans la meilleure ligue de hockey au monde. Non, il n'a pas dominé, loin de là! Mais de disputer autant de joutes en ayant été repêché si tard est un exploit dont tout hockeyeur peut être très fier.

Moen n'a jamais joué à Calgary, commençant plutôt avec les BlackHawks pour une seule saison, à 21 ans. 82 matchs, six points et 142 minutes de pénalité plus tard, c'en était fait de son séjour à Chicago. C'est à Anaheim qu'il a connu les meilleurs moments de sa carrière, connaissant sa meilleure saison en 2006-2007.

Cette année-là, il marque onze buts et vingt-et-un points, deux sommets personnels, et il fait flèche de tout bois en séries éliminatoires, avec sept buts en vingt-et-une parties. Plus important encore, il soulève la Coupe Stanley en compagnie des Selanne, Getzlaf, Giguère et Perry!

Soucieux d'ajouter du muscle et de l'intensité à l'équipe montréalaise, Bob Gainey lui fait signer un contrat de trois ans, à l'été 2009. Et Moen ne tardera pas à se faire apprécier des partisans montréalais. Il noircit rarement la feuille de pointage, mais ses  mises en échec, ses quelques bagarres et son travail acharné font de lui un joueur apprécié par ses coéquipiers, sur la glace comme dans le vestiaire.

En 2010, le Canadien, largement négligé, surprend les Capitals en sept parties en première ronde. La commande était lourde lors de la ronde suivante, alors que le CH devait défaire Sidney Crosby et les Penguins pour se rendre en finale de conférence. Les Canadiens surprennent encore tout le monde et se rendent jusqu'au septième match, à Pittsburgh.

Avec une avance de 3-0 et jouant en désavantage numérique, Travis Moen intercepte une passe dans sa zone, file le long de la bande et surprend Sergei Gonchar avec une feinte assez large, avant de loger la rondelle derrière Marc-André Fleury pour donner quatre buts d'avance à son équipe. Vous pouvez visionner ce but ci-bas...

 

 

Le Canadien remportera finalement ce match et passera à la ronde suivante, où il s'avouera vaincu en cinq petites parties, par les Flyers de Philadelphie. Moen aura connu ses meilleurs moments à Montréal cette saison-là, lui qui ne rééditera pas ses exploits lors des quatre saisons complètes disputées avec le Canadien après la saison 2009-2010.

À vrai dire, après la signature d'un contrat de quatre ans en 2012, il a considérablement perdu de son lustre. Le 11 Novembre 2014, le Canadien l'échange aux Stars en retour d'un défenseur en fin de carrière du nom de...Sergei Gonchar! Moen aura disputé 328 matchs avec le Canadien, inscrivant 69 points et 279 minutes de pénalité, en plus de différentiel de -11.

Au bout du rouleau, il inscrit onze points en 57 matchs avec Dallas et personne ne lui a offert de contrat à l'été 2016. Il a donc décidé de mettre fin à sa carrière de joueur. Son style de jeu intense et des blessures sont venus à bout de lui, à 34 ans.

L'ancien numéro 32 du Canadien n'a pas souvent joué les héros durant sa carrière. Il n'a pas participé à des matchs d'étoiles et même dans la Ligue Américaine, il était moyen, au mieux.

Cependant, il aura fait partie de cette édition 2009-2010 du bleu-blanc-rouge qui a fait vibrer tout le Québec et aura marqué un but d'une importance capitale dont l'auteur de ces lignes se souviendra toujours. Encore mieux, il a réussi ce que beaucoup de joueurs ne réussiront jamais dans leur carrière : remporter la Coupe Stanley. Et il ne s'est pas contenté d'un rôle de figurant en plus, affichant les meilleurs statistiques de sa carrière cette année-là en séries!

Pour sa dévotion sur la glace, autant à Montréal qu'ailleurs, et au nom de tous les fans et coéquipiers qui l'ont apprécié de près ou de loin, je tiens à lui dire...

Merci, Travis Moen. Bonne retraite!

Sources : hockey-reference.com, hockeyfights.com, hockeydb.com, www.youtube.com (diffusion originale de CBC), www.nhl.com, lapresse.ca