Hier soir, les amateurs de hockey de la vieille capitale ont pu assister au premier match préparatoire du Canadien en 2017. Beaucoup de choses ont été dites sur cette rencontre. Les prix des billets étaient trop élevés, surtout pour la qualité des joueurs présents sur la glace. Une ville exaspérée de devoir simplement se contenter de parties sans enjeux. La base de fans est là, le nouvel amphithéâtre aussi. C’est d’une équipe qu’ils veulent.

En regardant la partie, j’ai ressenti un flagrant manque d’ambiance. C’est normal, le spectacle sur la glace était tellement moribond. Est-ce que les partisans québécois ont perdu la flamme? Sont-ils moins enthousiastes qu’on le croyait?

Non. Absolument pas. La partie était carrément plate. Il n’y a pas de mots plus tendres pour la décrire. C’était plate.

À quoi pouvions-nous nous attendre de deux formations décimées de ses meilleurs atouts? À rien d’autre, évidemment. Je comprends qu’à la première de huit parties préparatoires, les entraîneurs n’aligneront pas de formations partantes. C’est normal. Le problème se retrouve au début de la dernière phrase. « La première de huit parties préparatoires. »

Je suis un grand fan de hockey. J’en prendrais probablement douze mois par année. Je sais aussi que je suis bien un des seuls à m’acheter un billet individuel pour assister à un match hors-concours en septembre contre les Capitals sans Ovechkin. Je comprends donc le manque d’excitation des partisans à l’idée de se ruer aux guichets pour voir l’équipe C du Canadien se battre contre l’équipe D des Bruins. D’autant plus que le prix est au-dessus de la qualité du produit.

La saison de hockey est longue. D’octobre à avril, c’est 82 parties que chaque équipe jouera afin de se tailler une place au tournoi printanier. Si qualifiée et performante, c’est d’avril à juin que l’équipe gravira les échelons jusqu’à la Coupe Stanley. Ajoutons le trop gros calendrier préparatoire, c’est de septembre à juin que la saison est active.

Pour ajouter à l’injure, nous vivons présentement une canicule aux premiers balbutiements de la saison et nous serons en culottes courtes quand l’un des trente-et-un capitaines de la ligue portera la Coupe Stanley bien haute.

C’est long. Trop long.

 

Plusieurs experts demandent depuis des années que le calendrier soit raccourci de quelques parties. Certains aimeraient que la première ronde des séries soit complétée au terme d’une série de cinq parties, au lieu de sept. Pierre Lebrun mentionnait qu’il a toujours voulu un camp d’entraînement finissant à la mi-septembre afin de clore le calendrier régulier deux semaines plus tôt et de couronner les champions, au maximum, le 31 mai.

Tant de gens pensant de la même façon depuis longtemps. Toujours la sourde oreille du côté de la ligue.

Pourquoi?

Pour l’argent. Tout simplement pour l’argent. Plus de parties préparatoires, c’est plus d’argent dans les coffres. Plus de parties préparatoires, c’est plus de télédiffusions, donc plus de publicités, donc plus d’argent pour les télédiffuseurs. Plus d’argent. Toujours plus d’argent.

Par contre, plus de parties préparatoires, c’est aussi plus de chances de voir l’un de ses joueurs importants se blesser vulgairement. Je comprends difficilement pourquoi c’est un argument de poids de la ligue pour ne pas envoyer les joueurs aux Jeux Olympiques, mais que ce n’en est pas un quand vient le temps de remettre la durée du calendrier préparatoire en doute. Parce que le véritable problème demeure les revenus potentiellement perdus pendant la durée des Jeux. Encore l’argent.

Le camp d’entraînement est important. S’il était d’abord destiné à la remise en forme il y a plusieurs années, aujourd’hui, il est une belle vitrine pour les jeunes joueurs qui veulent se démarquer. Par contre, il est naïf de croire que la direction ne connaît pas, dès le mois de juillet, l’identité d’au moins 95% de sa formation partante en octobre.

Je crois donc que pour le partisan qui paie son billet, il vaudrait la peine de réduire la durée du camp d’entraînement et le nombre de parties hors-concours pour l’assurer d’assister à un spectacle de qualité. Puis, en profiter pour appliquer la suggestion de Pierre Lebrun. Débuter la saison plus tôt pour la finir en mai.

Parce qu’avec la croissance du prix des billets, le partisan, aussi fanatique puisse-t-il être, finira par se blaser de payer si cher pour si peu. Puis, éventuellement, cette façon de penser se transposera en saison régulière, puis en séries.

Nous sommes loin d’être rendu à ce point, mais le jour où les amateurs déserteront les amphithéâtres, la ligue se rendra compte que l’argent ne pousse pas dans les arbres.

 

Texte paru originalement sur EnProlongation.com