Assurément, à 27 ans, il est doté d’une génétique exceptionnelle.

 Il l’exploite au maximum. Ses performances époustouflantes font capoter les membres de son entourage… et votre humble serviteur !

 On parle d’un phénomène et le terme ne justifie pas vraiment ses exploits incroyables.

 En connaissez-vous plusieurs qui ont réussi un Ironman à 16 ans ? Et on l’a freiné car il désirait réussir un double Ironman, ce qu’il devait réaliser en mars 2014 pour se taper en septembre de la même année, le Tor des Géants, 330km, 128 heures. Malade !

 Vous écoutez parler Alexandre Genois et il vous étale le tout avec une humilité déconcertante, une attitude inimaginable.

 Natif de Cap Santé, on parle d’un être unique.

 

Alex Jenoy possède des qualités athlétiques et intellectuelles exceptionnelles.

 

Il complète actuellement un BAC en droit. Mais tenez-vous bien. Il dispose d’un BAC en chimie des aliments, une maîtrise en génie agro-alimentaire et une maîtrise en droit. En huit ans d’études, il aura amassé deux BAC et deux maîtrises.

 Un chausson aux pommes avec ça ?

 « J’ai opté pour le barreau à cause des dimensions humaines, l’interaction avec les gens, versus la recherche. Je me retrouverai plus près de l’être humain. » Vous vous doutez bien qu’il disposera de l’embarras du choix lorsque viendra le temps de sélectionner son bureau.

 Depuis sept ans, il travaille comme préposé aux installations sportives de l’université Laval. « Mon argent va à la bonne place. Je le réalise présentement et j’en profiterai davantage au cours des prochaines années. »

 

 

Une force de la nature.

 

Un sage, tout comme Marie-Michelle, sa sœur, qui a joué 5 ans pour le Rouge & Or au basketball et qui étudie présentement en biochimie à Harvard !

 Sa mère, infirmière et son père, un employé du gouvernement du Québec, doivent être fiers de leurs enfants, n’est-ce pas ? « Je ressens de la facilité et j’ai de l’intérêt pour ce que je fais. »

 Dès l’âge de 7 ans, il a commencé à courir et n’a jamais arrêté.

 À 16 ans, on lui a acheté un vélo hybride. Tellement puissant qu’on l’incite encore aujourd’hui à devenir professionnel dans ce milieu. « Mon plaisir, c’est d’aller plus loin. J’aime quand c’est difficile et intense. » Il a joué au hockey et fut sélectionné dans le midget AAA. On anticipait même une carrière professionnelle. Au basketball, il a gagné le championnat provincial AAA.

 Ouf !

 

Alex Jenoy, un athlète près de la nature.

 

À la course, son premier ultra fut réalisé en 2011 avec un 80km. En 2012, il y a eu le 100km à Chamonix. Il fut le premier Québécois et le premier Canadien à réussir le Tor des Géants. Il a perdu 23lb au terme de cette épreuve. Il était parti avec Donald Audet, qui a abandonné au 189e km. Psychologiquement, il a dû attendre à l’été suivant pour se remettre complètement.

 Ce n’est pas tout. Il y a quelques jours, il a signé une prouesse hors du commun. Il a fracassé le record de montées et descentes du Mont Sainte-Anne, 625 mètres de dénivelé. Le record, qui tenait le coup depuis 2006, était de 14 fois en 24 heures. Il l’a réussi avec 15 fois en 20 heures, ce qui totalise 9300 mètres de dénivelé et 100km de course. Même pas de baisse mentale : « On s’amuse », a-t-il tranché tout simplement.

 J’en ai échappé mon crayon !

 

Le Mont-Blanc, une étape parmi les autres.

 

Un individu normal prend entre 2h et 2h30 pour une montée-descente. Il en a réussi 10 en 12 heures. Il a commencé à 15h et à 8h le lendemain matin, il en totalisait 13. Après un petit dodo de 30 minutes, il savait que la marque était dans la poche. Expliquez-moi s’il vous plaît ?

 « J’ai dû combattre la redondance et j’ai perdu 15,000 calories, tout cela dans le cadre du Défibrose, un organisme qui s’occupe de la fibrose kystique et pour lequel il collabore depuis 6 ans.

 Devenu expert en gestion du sommeil, de l’effort et de l’alimentation, cet athlète de 6’5 et 200 lb gère admirablement bien ses expériences. Il n’a jamais été blessé et ne croit pas qu’il soit usé.

 

Un naturel, comme un poisson dans l'eau.

 

En 2016, il a pédalé Vancouver-Montréal en compagnie de Jessica Belisle. Il a établi un record canadien en le faisant en 18 jours, 100% autonome. « C’est un mode de vie. Je suis en santé », se contente-t-il de dire. J’étais complètement éberlué de l’entendre parler de ses réussites avec une sagesse unique dans de telles circonstances.

 « Souvent, les gens me disent que c’est inhumain tout ce que je fais. Cependant, ils m’appuient et je dispose d’un bon mentor avec Côme Desrochers depuis 16 ans. » Tellement, que son entraînement, c’est un secret bien gardé. Pas question de divulguer ses stratégies.

 Il a déjà subi un test pour estimer sa puissance en vélo et a surpassé de grands cyclistes. « Je ne tiens pas à m’engager avec une équipe professionnelle et me limiter. J’opte pour un entraînement solo », exprime celui qui a refusé des offres à maintes reprises pour  le devenir.

 

Il pourrait entreprendre une carrière professionnelle en vélo s'il le voulait.

 

Il participera au prochain marathon de Boston car il voulait connaître l’expérience. Il a obtenu un temps de 2h59 à Ottawa, ce qui lui a permis de se qualifier. « Plus tu vieillis, plus ton endurance augmente. Sincèrement, je crois qu’il me reste encore 13 ans à courir. »

 Appuyé par le Coureur Nordique et Brooks, Alex doit obligatoirement prendre le temps de vivre. Il peut dispenser jusqu’à 15 conférences par année dans les écoles.

 « Je dois conserver un équilibre dans ma vie. J’en suis préoccupé. »

 

À l'aise partout et particulièrement en forêt.

 

Un potentiel cardiovasculaire unique, Alex s’applique à retrouver le goût de la compétition avant de s’embarquer dans un éventuel projet. Comme par exemple, il parle de la Trans Pyrénées  et d’un triple Ironman dans ses prochains défis. « Je vais les essayer, c’est certain. »

 Sa copine le regarde aller et le supporte. Elle doit sûrement être éblouie parfois. Qui ne le serait pas ?

 Une intelligence remarquable et des capacités physiques surhumaines, Alex constitue assurément un être humain incomparable.