Le Canadien joue avec beaucoup plus de hargne que l’an dernier. Il est non seulement capable de répondre, mais il est également en mesure de mettre le feu aux poudres. Des joueurs comme Brandon Prust, Colby Armstrong et Ryan White sont capables de changer le cours d’un match et de faire en sorte que les joueurs adverses réfléchissent un peu plus quand ils viennent dans la zone du Tricolore.
C’est un aspect que l’équipe devait améliorer. Jusqu’à présent, Prust vaut son contrat de 10 millions $. Quand j’ai vu son nom sur le quatrième trio en début de saison, j’ai eu un peu peur. S’il jouait seulement six à huit minutes par rencontre, il aurait eu de la difficulté à avoir l’effet que le Canadien recherche. Heureusement, ce n’est pas le cas. Michel Therrien l’emploie comme il se doit et c’est excellent. Je suis bien satisfait du travail de Prust lors des deux premières parties.
Je pense qu’on a apporté l’ajustement approprié à l’avantage numérique sur la première unité. Je trouvais que l’emploi de Tomas Kaberle avec Andrei Markov sur la première vague n’était pas la bonne combinaison puisque ce sont deux défenseurs qui apportent la même dimension. De plus, Kaberle n’a pas un lancer très puissant.
Le Tricolore s’est ajusté. Malheureusement, cela aurait probablement dû être fait lors du premier match. Il y aurait peut-être eu des résultats plus rapidement. Raphael Diaz est présentement le défenseur tout désigné pour jouer avec Markov lors des supériorités numériques. Il complète bien le Russe avec sa rapidité. Il a un bon lancer précis qu’il place souvent au filet.
Lors du match inaugural, le trio de Prust a été le meilleur et cela n’est pas normal. Les deux premiers trios n’ont pas connu une bonne rencontre. Dans la partie de mardi contre les Panthers, le no 8 et son nouveau trio ont bien joué. La différence a été que les deux premières lignes d’attaque ont produit offensivement.
Tant que Rene Bourque va être capable de suivre la parade et de créer de l’espace pour Brian Gionta et Tomas Plekanec, ce trio va fonctionner. Le problème avec Bourque est sa constance et c’est ce qui m’inquiète dans son cas. Therrien devra trouver la façon pour que son ailier donne son maximum match après match.
Erik Cole ne mettra pas de temps à retrouver son synchronisme. Il est efficace autour de la cage des gardiens adverses et avec sa force, il est très bon pour couper au filet. C’est un joueur qui met les efforts, donc je ne suis pas inquiet dans son cas.
Pour être entraîneur-chef dans la Ligue nationale, il faut des amis et Michel Therrien en a trouvé un en Marc Bergevin. Après la victoire contre la Floride, Therrien a dit qu'il donnerait la rondelle à son directeur général pour son premier gain à ce poste. Je crois qu’ils font une bonne équipe, parce que l’un a pensé à l’autre pour l’emploi. Therrien sera toujours reconnaissant envers Bergevin pour l’avoir embauché. Nous avons pu le voir quand ils sont venus à L’Antichambre ensemble. Il y avait de l’électricité qui passait entre les deux hommes.
Des surprises et des déceptions
Je suis impressionné par le départ des Sénateurs d’Ottawa. Kyle Turris est un joueur qui s'est fortement amélioré. Il est arrivé avec 15 livres de plus en muscles au camp d’entraînement et cela paraît dans son style de jeu. Il va au filet et il joue avec plus de détermination. S’il peut devenir le joueur que les Coyotes ont repêché au troisième rang au total, il sera un élément important pour les Sénateurs.
Ce qui manque à Ottawa depuis des années, c’est un deuxième trio qui peut faire des dommages. Le problème est que les Sénateurs n’ont jamais voulu séparer la première unité offensive composée de Jason Spezza, Daniel Alfredsson et Milan Michalek (anciennement Dany Heatley). Il y avait du punch offensif sur un trio, mais ensuite ça s’éteignait. Maintenant, avec Turris au centre d'Alfredsson et de Guillaume Latendresse, qui peut aider offensivement, je crois que Turris peut faire ce que Spezza fait avec le premier trio, soit être dangereux.
Les Blues de Saint-Louis ont été défaits 3-2, mardi, par les Blackhawks de Chicago et il y aura une belle rivalité entre ses rivaux de la division Centrale de l’association Ouest. Les Blues sont passés près l’an dernier.
Rappelons-nous que Saint-Louis a été battu par les champions de la Coupe Stanley lors des séries du printemps passé. Les Kings ont surpris tout le monde l’an dernier. Les Blues ont une très bonne structure de jeu. Lorsqu’on les a vus jouer ici l’an passé, ils m’avaient grandement impressionné. Saint-Louis l’avait emporté 3-0 contre le CH et les joueurs du Tricolore avaient à peine touché au disque. Le Canadien avait eu l’air d’une équipe junior contre une équipe de la LNH tellement les Blues étaient imposants et bons.
J’aime les équipes qui jouent bien dans les deux sens de la patinoire. Ils ont tous les éléments pour gagner. L’entraîneur-chef Ken Hitchcock a l’embarras du choix devant la cage des siens. Il sait que peu importe s’il envoie Jaroslav Halak ou Brian Elliot, le gardien choisi fera le travail. Les deux n’ont pas l’air frustrés de ne pas avoir de statut de numéro un.
Chez les Red Wings, la perte de Nicklas Lidstrom est énorme pour cette équipe. Cela paraît dans leurs statistiques et dans leur début de saison. Il y a un changement de garde à Detroit. Il ne faut pas s’attendre à des miracles instantanément. Damien Brunner sera parmi les joueurs à surveiller dans cette formation, ayant marqué un superbe but en fusillade lundi et son premier filet dans la LNH mardi.
Malgré les changements à chaque année à Washington, c’est la même équipe qu’on voit sur la glace. Ils font des bévues défensives, ils sont là pour l’attaque et il n’y a personne qui est prêt à se sacrifier défensivement.
Du côté des Maple Leafs de Toronto, c’est la même histoire que dans les dernières années. Ils sont encore en reconstruction.
