jeudi, 17 avr. 2014. 01:23

TAMPA - Parce que trois des quatre matchs opposant le Canadien au Lightning en saison régulière s’étaient décidés en prolongation ou tirs de barrage, on pouvait s’attendre que le premier duel en série se prolonge lui aussi au-delà des 60 minutes réglementaires.

De fait, on peut s’attendre à ce que quelques autres s’étirent tard en soirée également…

Mais pour le reste, la première partie de la série Montréal-Tampa nous a propulsés de surprise en surprise.

Soyez honnêtes : qui diable croyait que neuf buts seraient marqués dans cette partie?

Certainement pas moi.

Et avec le déséquilibre évident qui favorisait le Canadien devant les buts, j’étais loin d’être prêt à avancer que Carey Price accorderait quatre de ces neuf buts. Encore moins qu’il concéderait ces buts sur un total de 25 tirs et qu’en plus deux de ces buts éveilleraient doutes et soupçons sur ses capacités de mener le Tricolore à la victoire ne serait qu’en première ronde des séries.

Une chance, une simonac de chance, que le Canadien s’est finalement sauvé avec un gain de 5-4 pour prendre les devants dans la série, car je suis convaincu que plusieurs amateurs réclameraient la présence de Peter Budaj dès le deuxième match vendredi.

Bon! j’exagère sans doute un peu. Mais juste un peu.

Carey Price n’a pas été à la hauteur des attentes hier. Il n’a pas été à la hauteur point. Il aurait pu s’imposer sur le premier but, bien que le tir venait de l’enclave. Il a certainement mal paru sur le deuxième but même si son auteur, Steven Stamkos, est l’un des marqueurs les plus redoutables de la LNH.

Difficile de blâmer Price sur les deux autres buts. Ce serait injuste même. Mais avec son statut de gardien élite dans la LNH, les partisans s’attendent à ce qu’il soit en mesure de préserver les avances que ses coéquipiers lui offrent.

Ce qui inquiétait en troisième période alors que le Lightning est revenu de l’arrière deux fois pour propulser le match en prolongation n’était pas vraiment les buts accordés. C’était plutôt le fait que Price semblait un brin ou deux affecté par ces quatre buts concédés.

On l’a vu jongler avec la rondelle, on l’a vu hésitant dans ses déplacements, on a revu le Carey Price qui a ouvert la porte aux critiques de ses détracteurs en première ronde le printemps dernier contre les Sénateurs d’Ottawa et en première ronde les autres années d’avant.

Heureusement pour Price, pour ses coéquipiers et leurs partisans, la prolongation a permis au gardien du Tricolore de retrouver ses repères. D’effectuer, un deux, trois bons arrêts pour garder intactes les chances de victoire de son club.

Ce n’était pas toujours beau. Même que le Lightning a raté une ou deux occasions en or.

Mais Price a fait ce qu’on demande à un gardien de faire : donner une chance de gagner à son club. Et ça, il l’a fait. Et s’il est vrai que le Lightning a bousillé des chances, le Canadien l’a fait tout autant avant le but gagnant alors que Max Pacioretty, pour ne nommer que lui, a frappé le poteau alors qu’il tirait dans une cage désertée par Lindback à la suite d’une autre passe du tonnerre de Thomas Vanek.

S’il fut surprenant de voir Price accorder autant de buts en temps réglementaire que son vis à vis Anders Lindback – il est plus surprenant encore que Lindback affichait 31 arrêts après 60 minutes contre les 12 de Price – que dire de la surprise de voir Dale Weise inscrire le but de la victoire.

Rien qu’à voir son visage s’illuminer après son premier but en carrière en séries, un but gagnant, marqué en prolongation de surcroît, Weise a été pris par surprise lui aussi. Un peu comme il l’avait été en milieu de rencontre lorsqu’il s’est retrouvé derrière la bande, dans la section réservée aux descripteurs installés au niveau de la patinoire, après une solide mise en échec !

Il faut dire qu’on s’explique mal comment diable la défensive du Lightning a bien pu le laisser camper dans l’enclave pour attendre la passe de Daniel Brière provenant de l’arrière du filet.

Avec Lindback encore la tête retournée vers Brière, Weise a décoché un tir sur réception qui a dévié sur la poitrine du gardien du Lightning avant d’aller frapper les cordages.

Un mot sur Brière : si le Gatinois souhaitait profiter des séries pour se racheter après une saison timide en attaque, il n’a pas raté son coup. Sa passe sur le but gagnant lui a permis de mousser à 109 sa récolte de points en 110 matchs disputés en séries. Mais plus que cette passe, Brière a plusieurs fois démontré qu’il était débarqué à Tampa pour jouer sérieusement au hockey.

Il ne s’est pas transformé en fusée sur la patinoire. Ça non ! Mais il a affiché hargne et combativité. On l’a même vu se chamailler avec Cédric Paquette et d’autres joueurs du Ligthning.

S’il dispute l’ensemble des matchs de série à l’image de celui d’hier, Brière fera taire quelques critiques. Il pourrait même s’attirer un peu de générosité de la part de Michel Therrien dans sa distribution de temps d’utilisation de qualité.

On verra.

Avec ce but surprise de Weise, le Canadien a réalisé sa mission première : gagner au moins un match à Tampa Bay pour ainsi soutirer au Lightning l’avantage de la patinoire qu’il lui a ravi lors du dernier match de la saison dimanche dernier.

Du grand Stamkos

Dans les vestiaires des deux équipes hier matin il était beaucoup question de Steven Stamkos : de ce qu’il représentait pour le Lightning dans le vestiaire de son équipe ; des moyens à prendre pour le contrer, ou à tout le moins pour minimiser les dégâts dans celui du Canadien.

Les joueurs du Tricolore devront revoir leurs stratégies. Car avec deux buts, le capitaine du Lightning a confirmé son retour en force et en forme après avoir raté un grand pan de la saison en raison de la fracture aux deux os de la jambe droite subie le 11 novembre dernier.

Sur le premier but de Stamkos, Brandon Prust paraît mal. Très mal. Immobile au centre de la patinoire, il n’a jamais pu freiner l’élan du capitaine du Lightning qui en a profité pour foncer à pleine vitesse en direction de Carey Price.

Peut-être un brin ou deux intimidé – qui lui reprocherait ? – Price n’a pas parfaitement couvert ses angles. Un péché contre l’un des meilleurs franc-tireur de la LNH. Avewc un tir vif et précis, logé sous le bouclier, Stamkos a donné les devants 2-1 à son équipe.

Prust et Price ont mal paru sur le jeu. C’est clair.

Ce qui est moins clair, c’est que Brendan Gallagher est celui qui a ouvert la voie à Stamkos en amorce de ce jeu.

Premier en échec avant, Gallagher devait s’imposer devant Stamkos. Dans sa lecture du jeu, il devait foncer à la gauche du but afin de freiner l’élan de Stamkos qui s’apprêtait à récupérer la rondelle derrière le but. Au lieu de foncer vers la gauche du filet, Gallagher a eu la vilaine idée de tenter de le pourchasser de l’autre côté.

Stamkos l’a perdu dans la brume. Arrivée en zone neutre, il n’a eu aucun mal à contourner Prust qui s’est d’ailleurs mis une main sur la tête lorsqu’il a réalisé ce qui venait de se passer.

Et ce fut le but!

À son retour au jeu après une absence de 12 matchs, Prust n’a pas connu une grosse partie. Lui et Gallagher – malgré sa mention d’assistance – ont peiné à bien encadrer Tomas Plekanec qui lui a connu tout un match.

Après avoir nivelé les chances 1-1 14 secondes après que le Lightning eut ouvert la marque – un but de Nikita Kucherov avec la complicité du Québécois Cédric Paquette – Tomas Plekanec est passé à un poteau près de répéter l’exploit après le filet de Stamkos.

Où est le vrai Subban ?

En arrière par un but, le Canadien s’est retrouvé dans le pétrin lorsque P.K. Subban a écopé une vilaine pénalité pour avoir cinglé en riposte à un coup de hanche bien légal.

Quoi dire sur P.K. ? On ne peut lui imputer tous les torts de la terre. Ça non ! Mais encore hier, il a offert une qualité de jeu en deçà, bien en deçà, de ce que ses patrons, ses coéquipiers et ses partisans sont en droit de s’attendre.

En plus d’avoir conservé la rondelle pour inventer des façons de déjouer l’adversaire au lieu de favoriser un jeu plus simple, quitte à être simpliste, Subban n’a pas été en mesure de relancer l’attaque massive qui a maintenant bousillé ses 24 dernières supériorités numériques.

Ça fait mal.

P.K. n’est pas seul sur l’attaque à cinq. C’est vrai. Mais s’il tire les plus gros dividendes de succès de «power play» quand il fonctionne, il doit aussi essuyer une part plus grande des critiques quand il ne fonctionne pas.

Et là, il ne fonctionne pas du tout!

Si en plus, il écope des pénalités d’indisciplines, il n’aidera vraiment pas sa cause.

Anyway!

Pendant que Subban écoulait ses deux minutes au cachot, la partie aurait alors facilement pu tourner en faveur du Lightning. Car non seulement venait-il de prendre les devants, mais contre toute attente, le gardien Anders Lindback multipliait les arrêts alors que Carey Price affichait une générosité imprévue.

Mais voilà.

Brian Gionta a profité d’une belle passe de Lars Eller qui l’accompagnait à 4 contre 5 pour s’offrir une longue échappée. Après un arrêt de Lindback, il a su déjouer le gardien du Lightning en s’emparant du retour.

Ce but a ramené le Canadien dans le match et ouvert la porte à la chasse ouverte en troisième période alors que quatre buts ont été échangés.

Eller, qui a bien joué hier tout comme Rene Bourque et Brian Gionta, a marqué un but qui a semblé lui faire grand bien.

Thomas Vanek a ensuite su échapper aux longs bras d’Eric Brewer pour offrir une petite cible à David Desharnais qui ne l’a pas ratée. La passe parfaite du Québécois a permis à l’Autrichien de redonner les devants à son équipe.

Alex Killorn a permis à Stamkos de niveler les chances pour une quatrième fois dans le match. Et n’eut été de la prolongation, on peut croire que ces deux équipes auraient passé la nuit à s’échanger des buts comme ça.

Le Canadien et le Lightning pourra reprendre le même manège dès vendredi.

On peut toutefois se douter que Michel Therrien et Jon Cooper tenteront de convaincre leurs joueurs d’être plus étanches en défensive afin d’aider la cause de leur gardien respectif.

Beaucoup plus occupé que Carey Price en fait de tirs affrontés, Anders Lindback n’a rien fait pour dissiper les doutes reliés à ses chances de réussite en séries.

Sans être carrément mauvais, il n’a pas su s’imposer non plus. Il devra le faire dès vendredi pour que son équipe nivelle les chances au lieu de se retrouver avec un déficit de 0-2 dimanche à Montréal.

À moins que Ben Bishop ne lui vienne en relève. Ce qui pourrait arriver, mais qui ne semble pas acquis.