Tel que convenu, voici l’analyse du travail des deux gardiens suite aux deux premiers matchs de la série entre le Lightning et les Canadiens.

À prime abord, l’évidence. Même s’il n’est pas aussi solide techniquement, Ben Bishop a nettement eu le dessus sur Carey Price jusqu’à maintenant, grâce à sa capacité à effectuer les arrêts clés.

Plus sollicité au chapitre des occasions de marquer dans le premier match que son vis-à-vis, il a trouvé le moyen d’arrêter les rondelles, peu importe la manière. Glissade à deux jambes, à plat ventre sur la glace ou même en ne bougeant que très peu et demeurant sur ses lames de patins, il utilise son gabarit à bon escient.

Clairement, Bishop éprouve de la difficulté à contrôler ses rebonds, surtout sur les tirs qui atteignent sa jambe gauche, d’un angle restreint. En faisant face au centre de la patinoire au lieu du tireur, les retours se retrouvent souvent dans le corridor central, le forçant à y aller de gestes désespérés pour les récupérer, souvent hors de contrôle. Mais c’est aussi souvent dans de pareilles circonstances, en se déplaçant vers sa gauche, qu’il réussi, grâce à sa grande combativité, à effectuer ses arrêts les plus spectaculaires.
 

S’il a oublié de suivre du regard la rondelle dans son gant lors du but de Max Pacioretty, il semble s’être ajusté pour le deuxième match, captant avec beaucoup plus de facilité les tirs hauts.

Bishop est très actif dans ses sorties pour manier la rondelle et n’hésite pas à relancer l’attaque par lui-même. Sa prise de décisions est parfois douteuse, voire risquée, mais force est d’admettre qu’il étouffe souvent l’échec-avant du Tricolore de cette façon.

Price a excellé lors de la première partie. Moins occupé que Bishop, il est demeuré bien concentré et a fait les bons arrêts aux bons moments. L’histoire fut bien différente dans le deuxième match, où, vers la fin, il semblait frustré et ne cherchait plus la rondelle agressivement du regard.

Si Price inspire confiance parce qu’aucun arrêt ne semble laborieux, il devra toutefois travailler plus fort pour ne pas perdre le contact visuel avec la rondelle dans son territoire. En effet, Price s’est retrouvé dans le trouble, même en retard sur le jeu lorsqu’il a perdu la trace de la rondelle lors d’échanges entre les joueurs du Lightning avec un écran devant lui. Il n’est pas arrivé en retard sur quelques buts : celui de Nikita Kucherov en prolongation, de Valtteri Filppula, en première période de la deuxième rencontre et celui de Kucherov en troisième période. Pas parce qu’il ne se déplace pas rapidement mais bien parce qu’il quitte sa position originale trop longtemps après la passe qui précède le tir. Ainsi, il demeure coincé sur son poteau ou centré dans son filet plutôt que de bien s’avancer et faire face au tireur.

Comme Price ne peut marquer de buts pour son équipe, trouver le moyen de suivre au pas la rondelle est la seule façon de contrer l’excellente exécution de Tampa pour un gardien.

Price se doit de rebondir comme il l’a fait au premier tour car pour l’instant, Bishop a un plus grand impact dans cette série, et ce même si Price n’a pas « perdu » de match pour son équipe; car en bout de ligne il n’y a pas de victoire morale pour le style...