vendredi, 18 avr. 2014. 23:54

TAMPA - Dans l'une de ses célèbres déclarations alors qu'il dirigeait le Canadien, Jacques Demers avait déjà dit que son équipe était « là où elle voulait être » malgré un déficit de 0-2 dans une série, mais le Lightning de Tampa Bay n'a pas osé franchir ce pas.

Qui plus est, le fait de poursuivre la confrontation dans le Centre Bell, qui devient un amphithéâtre encore plus intimidant en éliminatoires, ne semble pas jouer en la faveur des hommes de Jon Cooper.

Tout de même, le Lightning s’appuie sur ses deux victoires en saison régulière à Montréal pour entamer ce voyage avec confiance.

« Je trouve que nous avons très bien joué à cet endroit. C’est un environnement phénoménal pour le hockey et je suis certain qu’ils sont plus que ravis de posséder une avance de 2-0, mais ils doivent quand même gagner les autres matchs », a avancé Cooper.

« Mais nous aimons jouer là-bas et si nous avions à choisir pour jouer à l’étranger, ce serait probablement là », a-t-il osé dire.

« C’est difficile, mais amusant comme endroit. En espérant que nous pourrons jouer un peu mieux parce que nous ne sommes pas dans la situation que nous avions anticipée », a déclaré Valtteri Filppula.

Afin de s’envoler avec confiance vers le Québec samedi, les joueurs du Lightning ont procédé à une réunion d’équipe entre eux à la suite de leur deuxième défaite.

« C’est bien de voir les meneurs prendre cela sur leurs épaules et procéder ainsi. Ils comprennent

l’amplitude de la situation actuelle et c’est une équipe qui se soucie de son sort. C’est pourquoi j’aime ce groupe de joueurs et ils savent qu’ils peuvent en faire davantage », a souligné Cooper.

« Les 10 premières minutes du match étaient exactement comme nous voulions et il faut s’inspirer de cela. On ne peut pas utiliser aucune excuse pour cette défaite, on s’est creusé un trou, mais nous allons rebondir et travailler en équipe. On sait qu’on peut faire beaucoup mieux et nos partisans méritent un meilleur rendement de notre part », a tranché le capitaine Steven Stamkos.

Victor Hedman, qui a été bien timide dans cette série outre une percutante mise en échec sur Max Pacioretty dans le deuxième match, a dévoilé une partie du message livré dans le vestiaire.

« Nous devons revenir à notre identité et nous calmer en ayant confiance en nos moyens. Ce sont les séries et nous n’obtenons pas ce privilège chaque année. Il faut se regarder dans le miroir, retrouver le plaisir et jouer pour chacun de nos coéquipiers », a-t-il indiqué.

« Ce ne sont pas des deux de pique! »

Pour la première fois en six duels en 2013-2014, l’une des deux équipes a gagné un match par trois buts. Tout comme mercredi soir avec le but de Dale Weise, le Canadien a obtenu la contribution de joueurs qui n’évoluent pas sur le premier trio.

Ce facteur, qui est souvent déterminant en séries, semble pencher en faveur du Canadien jusqu’ici. L’entraîneur du Lightning a confirmé ce verdict, mais il s’est empressé d’ajouter une précision.

« On peut dire que Montréal a eu de la production de ses autres trios, mais (Daniel) Brière et Bourque ne sont pas des deux de pique! Bourque a déjà été un bon joueur et Brière a tout un passé en séries. Notre groupe est plus jeune et moins expérimenté et il faut simplement compter plus de buts peu importe qui en seront les auteurs », a-t-il répondu.

Tout le crédit à Desharnais

Ce premier but en 28 occasions en supériorités numériques était plus qu’attendu du côté du Canadien même si Michel Therrien refusait de trop s’inquiéter de son jeu de puissance.

Sur la séquence, P.K. Subban a volontairement envoyé la rondelle avec force vers la palette de David Desharnais qui a démontré toute sa dextérité en la redirigeant dans le haut du filet. De l’avis de Subban, l’habile numéro 51 a été le véritable artisan de ce jeu qui faisait penser à celui exécuté par Kristopher Letang et Sidney Crosby il y a quelques mois.

« David est très intelligent autour du filet et son talent de marqueur est sous-estimé. C’était tout un geste de faire dévier cette rondelle. Si les équipes veulent enlever les lignes de tir, on doit profiter de nos coéquipiers qui se démarquent et il a accompli tout un boulot sur ce jeu », a souligné Subban.

Le dernier mot est revenu à Therrien qui a donné le ton pour la suite des choses en déclarant ceci quelques minutes après la victoire.

« Dès qu’on sera dans l’avion, on sera déjà dans la préparation pour le prochain match à Montréal. »