Parce que Shea Weber se prépare bien calmement en vue de sa 13e saison dans la LNH; parce que derrière Weber, Jeff Petry, Jordie Benn et Karl Alzner ne cassent rien de rien depuis le début des matchs préparatoires; parce que derrière eux les Mark Streit, Brandon Davidson, Joe Morrow, Jakub Jerabek et autres Éric Gélinas sont loin de forcer la direction du Canadien à leur réserver une place dans le vestiaire, le jeune Victor Mete paraît bien.

Il paraît même très bien.

ContentId(3.1244463):Canadiens 1 - Maple Leafs 5
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Encore lundi, le petit gars de 19 ans, qui devrait déjà être de retour à London où son patron Dale Hunter et ses coéquipiers des Knights l’attendent à bras ouverts, a endossé l’uniforme du Canadien dans le cadre d’un match préparatoire.

Non seulement a-t-il joué, mais il a très bien joué.

Rapide, agile, doté de bonnes mains et d’une bonne vision, Mete ne s’est pas contenté de profiter de la présence rassurante de Shea Weber à sa droite, il s’est impliqué.

Je ne partirai pas en peur avec la passe qu’il a refilée à Jeff Petry pour permettre au vétéran défenseur de racheter son jeu mollasson et plusieurs erreurs en marquant le seul but du Canadien lors d’une attaque massive. Mais même sans partir en peur, on doit reconnaître que Mete a fait preuve d’une belle présence d’esprit et d’une belle confiance sur ce jeu anodin un brin, mais le genre de jeu que bien des vétérans ont bousillé depuis le début des matchs préparatoires.

Cette année? L’an prochain?

On doit reconnaître aussi que Mete a le talent nécessaire pour évoluer dans la Ligue nationale... que ce soit dès la semaine prochaine, l’an prochain ou dans deux ans seulement.

Personnellement – je plaide un conservatisme qui date de longtemps en matière de développement de défenseur –, j’opterais pour la patience avec Mete. Eh oui, je le retournerais à son club junior.

Les déboires des Canadiens se poursuivent

Mais pour le moment, Mete est le meilleur défenseur du Canadien en matchs préparatoires. Vrai qu’il n’a pas beaucoup de compétition tant les autres arrières autour de lui sont ordinaires, mais il est quand même celui qui joue le mieux. Celui qui joue avec le plus d’aplomb.

Vrai aussi qu’il profite de l’absence de David Schlemko, une absence qui se prolonge alors que la guérison de sa main blessée semble se dérouler au rythme de la réfection des routes de la grande région de Montréal.

Mais on ne pourra quand même pas reprocher à Mete de profiter de toutes les chances qui s’offrent à lui, car c’est justement ce qu’on attend, année après année, de tous les jeunes qui frappent à la porte des vestiaires de la LNH.

Bon! Mete n’a pas encore eu à relever les gros défis défensifs qui l’attendront s’il se retrouve à la gauche de Shea Weber lorsque la vraie saison commencera le 5 octobre prochain à Buffalo. De gros défis qui devraient alors mettre en évidence le fait qu’il est encore un enfant dans un monde d’hommes et qu’il n’a pas encore acquis les trucs du métier pour bien jouer avec son bâton afin de compenser pour son gabarit plus modeste.

C’est un fait.

Mais pour le moment, il joue très bien. Et ça, on ne peut le lui enlever. Il fait bonne impression, et les partisans qui broient du noir alors que la liste de défaites s’est prolongée à cinq de suite avec le revers de 5-1 encaissé lundi à Toronto voient en Mete une rare source d’optimisme dans un camp qui ne lève pas. Mais alors là pas du tout.

Alors Mete ici, Mete là, Mete là-bas, mettez-en...

Est-ce Mete pourrait commencer la saison à Montréal. On doit répondre oui. Ça ne veut pas dire que ça arrivera, mais pour le moment on doit répondre oui.

Faire oublier Girard et Sergachev

Il n’y a pas seulement le facteur hockey qui milite pour le moment en faveur du défenseur que le Canadien a sélectionné en quatrième ronde – 100e sélection – en 2016.

Il y a les facteurs marketing.

Marc Bergevin aurait pu repêcher la version québécoise de Victor Mete en 2016 s’il avait réussi à mettre la main sur le défenseur Samuel Girard que les Predators de Nashville ont réclamé dès la deuxième ronde avec la 47e sélection.

Girard, qui fait très bien à son deuxième camp avec les Preds, pourrait amorcer la saison à Nashville selon les commentaires que le directeur général David Poile a offerts au collègue Pierre LeBrun pas plus tard qu’hier.

En 2016, Bergevin et le Canadien ont donné les deux choix de deuxième ronde dont ils disposaient aux Blackhawks de Chicago afin de mettre la main sur le vétéran Andrew Shaw.

Cette transaction pourrait hanter le Canadien à long terme si Girard devait se faufiler dans la LNH dès cette année et y connaître du succès et si Shaw peine à remplir les attentes reliées à son contrat (3,9 millions $ annuellement sous le plafond) qui se prolongera jusqu’en 2022.

Une entrée en scène hâtive, voire surprise, de Mete dès cet automne pourrait donc adoucir l’évolution du défenseur québécois loin de Montréal et aussi la possible perte de vitesse de Shaw dont on attend toujours le retour en forme au camp d’entraînement.

Toujours sur la scène des « relations publiques », une entrée en scène de Mete dès cette année aurait aussi pour effet de calmer la grogne associée à la perte de Mikhail Sergachev que le Canadien a sacrifié – pas question ici de remettre en cause la transaction – en l’échangeant au Lightning de Tampa Bay en retour de Jonathan Drouin.

Lorsque Sergachev a pris la direction de Tampa, plusieurs observateurs – ajoutez mon nom à la longue liste – ont souligné que le bon coup réalisé par le Canadien dans le cadre de cette transaction lui coûtait malgré tout son seul réel espoir à la ligne bleue.

Il restait bien sûr Noah Juulsen et Victor Mete, mais personne n’aurait osé – avec raison – placer Juulsen ou Mete au même niveau que Sergachev sur une liste d’espoirs susceptibles de percer la LNH cette année, l’an prochain, voire dans deux ans.

Si Mete y arrivait, le Canadien paraîtrait donc très bien. On en conviendra tous.

Comprenez-moi bien : je ne prétends pas ici que la direction du Canadien gardera Victor Mete à Montréal simplement pour redorer le blason de son équipe de recruteurs et faire mieux paraître des transactions du passé.

Ça non!

Car les considérations hockey seront les premières à compter. Et ce sont ces considérations qui compteront le plus dans l’équation. Mais ce sont des facteurs qui militeront un brin ou deux en faveur du jeune arrière de 19 ans lorsque viendra le temps de prendre les décisions finales. Ça ne nuira certainement pas.

À Montréal ou à London

En passant, il est important ici de préciser que Victor Mete jouera au hockey à Montréal ou à London au cours de la saison prochaine. Il pourrait aussi défendre les couleurs d’Équipe Canada Junior, mais ça c’est un autre débat.

Parce que Mete est toujours d’âge junior et qu’il est associé à un club – les Knights de London – de la Ligue canadienne de hockey, il n’a pas le droit d’aller jouer avec le Rocket de Laval dans la Ligue américaine.

Comme tous les joueurs juniors, Mete pourrait amorcer la saison à Montréal, y disputer 1, 3, 10, 20, 30 matchs et ensuite être retourné dans les rangs juniors.

Quelles sont les règles?

Elles sont très simples :

Si Mete, ou tout joueur junior, dispute 10 matchs dans la Ligue nationale, l’année de contrat associée à la saison 2017-2018 comptera en entier. Même s’il ne joue que 10 matchs.

S’il n’en joue que neuf, il repartira à zéro l’an prochain en ce sens qu’il amorcera alors la première année de son contrat professionnel que ce soit avec le grand club ou le club-école.

Autre particularité : si Mete, ou tout autre joueur d’âge junior, est gardé avec le grand club sans toutefois endosser l’uniforme, le Canadien comme les 30 autres formations aura une décision à prendre avant la 40e partie de la saison.

Car même si Mete ou tout jeune d’âge junior n’atteint pas le plateau des 10 matchs qui « officialiserait » le contrat sur le plan administratif, le fait de demeurer dans l’entourage du grand club pendant 40 matchs le rapprocherait d’un an de son autonomie complète même si la première année de contrat n’est pas officiellement écoulée.

Une conséquence administrative que toutes les équipes tiennent à éviter en cette ère de plafond salarial.

Alors on fait quoi avec Mete?

Je crois vraiment qu’il retournera dans les rangs juniors. Mais parce que la qualité de son jeu représente une surprise agréable et que les surprises agréables ne sont pas légion dans le camp du Canadien depuis un bout de temps, peut-être amorcera-t-il la saison à Montréal.

Surtout que pour le moment et d’ici l’entrée en scène de Schlemko, il est bien difficile d’identifier un défenseur susceptible de faire mieux que lui à la gauche de Shea Weber.

Un beau compliment pour le jeune Mete. Peu importe le nombre de matchs qu’il disputera avec le grand club. S’il en dispute.

Mais une bien laide source d’inquiétude pour les autres candidats en lice pour remplacer Andrei Markov.

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