Marc Tougas
vendredi, 9 mai 2014. 15:35

BROSSARD, Qc - Michel Therrien est satisfait du jeu défensif des siens, mais ses joueurs offensifs de premier plan devront relever leur niveau de jeu, a averti l'entraîneur-chef du Canadien, vendredi.

« Depuis le début des séries, certains joueurs éprouvent de la difficulté à contribuer offensivement », a-t-il reconnu lors d'une conférence téléphonique, avant de se diriger vers Boston en compagnie de son équipe en vue du cinquième match de la série qui sera disputé samedi.

Une série 2 de 3

« Ces joueurs-là doivent s'adapter à l'intensité des séries éliminatoires, a soutenu le vétéran entraîneur. Oui, ils sont surveillés très étroitement, on en est très conscient et c'est d'ailleurs le cas des deux côtés, mais.... Il y a une intensité de début de saison, une intensité de milieu de saison et une intensité de fin de saison régulière et, quand tu arrives dans les séries, c'est un autre genre d'intensité. Les joueurs doivent s'adapter à ce défi-là.

« Le jeu défensif a été très bon des deux côtés, tout comme les deux gardiens ont été très bons. Mais les bons athlètes offensifs doivent lutter contre l'adversité et s'assurer qu'ils continuent d'être des joueurs d'impact en séries, a ajouté Therrien. Ils doivent s'ajuster et ils doivent le faire le plus rapidement possible. »

Le pilote du Canadien a dit ne pointer personne du doigt, mais viser plutôt « un ensemble de joueurs de qui on s'attend à plus d'offensive ». Reste qu'on sait fort bien qu'il s'agit d'une allusion à des joueurs comme David Desharnais, Max Pacioretty et, dans une moindre mesure, Thomas Vanek. Leur production a été plutôt timide jusqu'ici en séries, du moins à cinq contre cinq.

Où est Max Pacioretty?

Desharnais et Pacioretty affichent tous deux une production d'un but et deux aides en huit matchs éliminatoires jusqu'ici ce printemps, et d'une seule aide depuis le début de la série contre Boston. Desharnais et Pacioretty ont des différentiels de moins-1 et moins-2, respectivement, en quatre rencontres du deuxième tour face aux Bruins.

Vanek a trois buts et trois aides depuis le début des séries, et il a inscrit deux buts et une aide contre Boston, mais ses deux filets aux dépens des Bruins ont été réussis en avantage numérique. Il a un différentiel de moins-1 à ses quatre derniers matchs.

Le CH aura besoin de la contribution régulière de ces joueurs-là s'il veut reprendre le dessus après avoir vu les Bruins égaler la série à 2-2, jeudi soir, au Centre Bell. Reste que s'aguerrir au rythme des séries n'est pas un défi évident à relever. Tomas Plekanec, qui s'est déjà accusé lui-même par le passé de jouer comme une fillette dans les séries, est d'ailleurs passé par là. L'attaquant tchèque reconnaît que c'est difficile de conseiller un coéquipier là-dessus. C'est à chacun de faire son propre apprentissage, selon lui.

« Il faut le vivre, a-t-il dit. Le défi n'est pas tant le niveau d'intensité que la nécessité de s'attarder aux différents petits détails qui font la différence sur la glace, a dit Plekanec. Il faut aussi apprendre à bien gérer l'atmosphère des séries - surtout à Montréal. »

Lars Eller s'est dit d'avis qu'il revient à tout le monde, et pas seulement aux gros canons à l'attaque, d'afficher un niveau d'intensité de plus en plus important.

Trouver le moyen de gagner à Boston

« C'est à tout le monde de rehausser son niveau d'intensité au fur et à mesure que les séries avancent, a affirmé l'attaquant danois. Nous devons tous jouer un peu mieux. Nous avons assez bien joué pour se donner une chance de gagner (jeudi), mais j'ai quand même le sentiment que nous pouvons en donner plus encore. »

Brian Gionta est un vétéran qui a montré la voie à suivre en ce sens. Jeudi, celui qui a joué un rôle plus obscur cette saison a peut-être disputé son meilleur match des séries jusqu'ici, à l'attaque du moins. Il a décoché cinq tirs au but et il a même filé seul vers Tuukka Rask à un certain moment, montrant alors qu'il est encore capable, à 35 ans, d'y aller d'une belle pointe de vitesse.

« À chaque présence sur la glace, il bataillait, on le remarquait, a dit Eller de son capitaine, qui a un but et trois aides jusqu'ici en séries, dont une mention d'aide en quatre matchs contre les Bruins. C'est le 'Gio' dont on a besoin et je suis certain qu'il va donner le meilleur de lui-même dans les prochains matchs. »