Le duel Canadien-Capitals s’annonçait tellement inégal que c’est le sourire aux lèvres et sans grande conviction que quelques « braves » annonçaient une victoire du Tricolore.

Lorsque les Caps ont bousillé deux, voire trois, bonnes occasions de marquer dès les premiers instants du match, ces braves ont vite perdu du courage. Car dès les premiers coups de patin, on a vite cru que la logique serait respectée : que la meilleure équipe de la LNH ne ferait qu’une bouchée de l’une des pires formations du circuit. Surtout que le Canadien comptait, derrière P.K. Subban et Andrei Markov, sur une défense disons vulnérable en raison des blessures subies par Jeff Petry et Nathan Beaulieu.

ContentId(3.1174231):LNH : le Canadien l'emporte 4 à 3 devant les Capitals
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C’est là où les impondérables du sport ont pris le dessus. C’est là où les clichés selon lesquels tous les clubs peuvent gagner dans la LNH, les principes qui veulent qu’un club qui joue sans pression une fois éliminé devient soudainement dangereux, et les lois de la moyenne qui finissent toujours par avoir raison de la raison ont sauté sur la patinoire en même temps.

Avec les résultats qu’on a connus :

Pendant que les Caps ont bousillé des occasions, le Canadien lui a marqué. Il ne s’est pas contenté de marquer les deux premiers buts de la rencontre, il s’est même permis de chasser Braden Holtby de la rencontre en s’offrant une avance de 3-0 dès les premiers instants de la période médiane.

À ce moment, je ne sais pas vraiment qui, de Michel Therrien ou Barry Trotz, des joueurs du Canadien ou de ceux des Capitals, des partisans assis devant leur télé à Montréal ou ceux assis dans les gradins du Verizon Center à Washington, étaient les plus surpris.

Peu importe! Le Canadien a eu le mérite de profiter du fait que les Caps leur offraient le match sur un plateau d’argent pour disputer une meilleure partie et prendre une option sur la victoire. Une option que les Caps ont menacée en fin de match en secouant un Mike Condon en état de grâce jusque-là avec deux buts qui sont loin d’avoir fait bien paraître le gardien du Canadien.

Mais avec toute la misère que le Canadien au grand complet – et ses partisans – a mangée à la pelletée au cours des derniers mois, c’est avec un soulagement évident que la remontée des Caps s’est arrêtée là. Après tout, les Capitals, aussi bons soient-ils, ne peuvent quand même pas toujours gagner, surtout quand ils disputent un match aussi ordinaire que celui qu’ils ont disputé mercredi. Et le Canadien, en dépit de toutes ses lacunes, ne peut quand même pas toujours perdre.

Ne serait-ce que pour remonter le moral de tout le monde le temps de quelques heures – imaginez si le Canadien gaspille tout ça samedi soir en s’écrasant devant les Maple Leafs – la victoire du Tricolore fait donc du bien. Et parce que le résultat ne change pas grand-chose à la course aux séries éliminatoires, ceux qui misent plus sur le repêchage que sur les séries n’ont pas à trop maudire ce gain inattendu du Canadien à Washington.

Tout le monde est donc content.

Élément de preuve pour Trotz

Je crois même que Barry Trotz et les membres de l’état-major des Caps ne seront pas trop choqués du résultat final. Car cette équipe qui connaît une saison de rêve – Washington est la seule équipe à ne pas avoir encaissé deux revers de suite en temps réglementaire cette année – bénéficierait d’un petit passage à vide en cours de saison afin de ne pas figer devant quelques revers collés s’ils devaient arriver une fois en séries.

Quand tout est facile, voire trop facile, quand ton équipe se sauve avec des victoires qui ne sont pas méritées – le Caps ne méritaient pas de niveler les chances en fin de match encore moins de l’emporter en prolongation ou tirs de barrage – un coach perd un peu la poigne qu’il doit avoir sur son groupe. Ses reproches et appels à une plus grande discipline sur la patinoire, à une meilleure implication, sont seulement entendus au lieu d’être écoutés. Et souvent, cela mène à des déboires lorsque soudainement les choses deviennent difficiles et que l’équipe ne comprend pas ce qui lui arrive.

Derrière son visage sévère, je suis donc convaincu que Barry Trotz n’a pas trop perdu de sommeil avec la défaite aux mains du Canadien. Une défaite qu’il pourra ressortir en guise de pièce à conviction lorsque ses joueurs se contenteront de demi-mesure tout en espérant gagner.

Eller et Pateryn : expériences intéressantes

ContentId(3.1174223):Analyse de Pierre Houde et Marc Denis sur la victoire du Canadien contre les Capitals
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Parce que le Canadien n’avait gagné que quatre fois sur la route et une seule fois en temps réglementaire – le 1er janvier à Boston – depuis le 25 novembre dernier, il serait abusif de minimiser la victoire aux dépens des Capitals. Mais il ne faudrait pas non plus que cette victoire éblouisse au point de croire que tous les maux du Tricolore sont soudainement disparus.

Car si on veut bien laisser le Canadien célébrer les deux points arrachés à Washington, il est important de rappeler qu’il l’a fait face à un club qui, malgré un manque flagrant d’entrain et de conviction, a décoché 68 tirs en direction de Mike Condon, soit deux tirs de plus que le nombre décochés par le Canadien. Il est important aussi de souligner que sur ses 36 tirs cadrés – 2 de plus que le Canadien –, les Caps se sont fait voler plus de buts que le Tricolore en a accordés.

Et que n’eût été quelques arrêts chanceux – avec toute la malchance qui s’est acharnée sur lui, il méritait bien de voir la chance tourner en sa faveur un peu – Mike Condon aurait facilement pu encaisser une 18e défaite au lieu de signer une 15e victoire.

Mais bon! Le Canadien a gagné.

Plus encore que cette victoire qui fait du bien à la fiche et au moral de Condon et de ses coéquipiers, ce sont les expériences tentées qui méritent d’être soulignées.

Pendant que le trio de Pacioretty-Plekanec-Gallagher s’est imposé en avantage numérique, le trio de Galchenyuk-Eller-Weise s’est imposé point. En l’absence de David Desharnais, Lars Eller profite de l’occasion qui lui est offerte de générer de l’attaque en compagnie de Galchenyuk qui a marqué deux fois hier, dont l’une sur un tir précis décoché au terme d’une poussée orchestrée par Eller.

Je ne sais pas si Eller sera avec le Canadien lundi soir prochain. S’il sera avec le Canadien l’automne prochain. Mais s’il donne ses derniers coups de patin avec le Tricolore, il le fait en haussant sa valeur. Et s’il demeure avec le Tricolore, la complicité qu’il semble vouloir développer avec Galchenyuk mettra de la pression sur David Desharnais qui devra offrir du meilleur hockey lorsqu’il sera remis de sa blessure au pied s’il veut reprendre une place que Lars Eller tente de lui ravir présentement.

À la ligne bleue, j’ai bien aimé la tenue de Greg Pateryn qui s’est souvent retrouvé devant Alexander Ovechkin au cours des quelque 22 minutes qu’il a passées sur la patinoire. Certains diront qu’Ovechkin a aidé la cause de Pateryn en disputant un match ordinaire. Ce qui est peut-être vrai.

Mais il serait malhonnête de passer sous silence la tenue de ce défenseur qui, je l’espère, sera de plus en plus utilisé d’ici à la fin de la saison afin de pouvoir déterminer s’il peut compléter un troisième duo sur une base régulière l’an prochain en compagnie de Mark Barberio.

Ce serait là une façon bien simple de maximiser ce que le Canadien a à tirer de cette saison misérable qui s’achève.

30 Min. Chrono - on fait quoi avec Alex Galchenyuk?

ContentId(3.1174242):Intégrale du deuxième but du match d'Alex Galchenyuk
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ContentId(3.1174237):Montage des moments forts dans la LNH
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ContentId(3.1174237):Montage des moments forts dans la LNH
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