BROSSARD – Avant d’être réclamé au ballottage par le Canadien, à la date limite des transactions, Mike Brown avait été laissé de côté dans neuf des onze derniers matchs des Sharks de San Jose.

Ce n’est pas que du bonheur présentement à Montréal, mais au moins, Brown peut se consoler en se disant qu’il joue. Depuis que le CH a fait son acquisition, Michel Therrien l’a inséré dans sa formation dans sept des neuf matchs de l’équipe. Le dur à cuire a même pris du galon au point d’effectuer quelques présences sur le premier trio, aux côtés d’Alex Galchenyuk et Max Pacioretty, dans un match empreint de robustesse mercredi à Buffalo.

ContentId(3.1177347):Canadiens: Sans Subban et Barberio face aux Sénateurs
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« J’étais un peu confus de me retrouver là, a admis, en riant, le joueur de soutien au terme de l’entraînement de vendredi. Mais je suis prêt à faire tout ce qu’on me demande. Ma façon de jouer ne va pas changer et si le coach veut m’utiliser de cette façon, que ce soit pour créer de l’espace ou appliquer de l’échec avant, c’est qu’il a une bonne raison de le faire et je vais obéir. J’aurais bien aimé en profiter pour récolter au moins un point, mais c’était quand même bien plaisant de jouer avec des gars-là. »

Therrien a noté que Brown, en plus de pouvoir imposer le respect avec ses épaules et ses poings, se démarquait des joueurs de rôle de son acabit avec sa rapidité.

« Il est bon en échec avant parce qu’il est capable de se rendre. On a eu quelques joueurs comme ça au cours des dernières années, mais ils n’étaient pas assez vites pour s’imposer à cinq contre cinq », comparait l’entraîneur.  

Il n’y a pas que les jeunots qui luttent présentement pour un poste chez le Canadien. Au même titre que les Michael McCarron, Lucas Lessio et autre Stefan Matteau, Brown est en audition pour décrocher un boulot dans la Ligue nationale la saison prochaine.

Le vétéran de 30 ans, qui commandait un salaire de 1,2 M$ cette année, pourrait devenir joueur autonome sans compensation le 1er juillet.

« On donne des opportunités à des jeunes comme à d’autres joueurs avec plus d’expérience, affirme Therrien. Les décisions seront prises plus tard, mais une chose est certaine, depuis qu’on a fait son acquisition, il a une attitude exemplaire et est un travaillant acharné. »

Brown n’est toutefois pas près de s’enfler la tête avec la brève promotion qu’il a reçue à Buffalo. Depuis son arrivée avec le Canadien, la sixième équipe qu’il représente depuis son entrée dans la Ligue nationale, l’ailier droit de 5 pieds 11 pouces et 205 livres a jeté les gants deux fois et été crédité de 30 mises en échec. Le jeu rude demeure et restera toujours son pain et son beurre.

« Ils savaient ce que j’avais à offrir quand ils sont venus me chercher. Ce n’était pas comme si j’allais arriver ici et tout changer. Je vais rester le même, continuer d’amener de l’énergie avec mes attributs physiques et si ça aide l’équipe, tant mieux », résume le natif de Chicago.

La présence de Brown se fait particulièrement ressentir dans un match comme celui de Buffalo, où les locaux ont régulièrement tenté d’intimider les visiteurs après le coup de sifflet, et elle est appréciée de ses coéquipiers.

« Il apporte assurément beaucoup d’énergie, ressent Lars Eller. Je crois que ça aide tout le monde à se réveiller. Il fait tout ce à quoi on s’attendait de sa part depuis qu’on a appris à le connaître et son arrivée dans le groupe est la bienvenue. »

« C’est toujours motivant de voir les gars se porter à la défense de leurs coéquipiers, ça donne du momentum à toute l’équipe, apprécie Alex Galchenyuk. C’est difficile de jeter les gants et de se sacrifier pour les autres, mais ça vous permet de gagner le respect dans votre vestiaire et à travers toute la ligue. »

Eller ne veut pas de passagers

Avec onze matchs à jouer d’ici la fin de la saison, le Canadien accuse un retard de neuf points sur le dernier rang donnant accès aux séries éliminatoires dans l’Association Est. Ce n’est pas d’hier qu’on a compris que son chien était mort.

Mais Lars Eller ne veut voir personne faire la gueule. Pour le jeune Danois, qui fait présentement office de vétéran dans un vestiaire dégarni de nombreux joueurs d’expérience, le dernier segment du calendrier est l’occasion d’ancrer de bonnes habitudes de travail dans la routine de ceux qui veulent faire partie de la solution à partir de l’année prochaine.

« Les jeunes qui se sont joints à nous font du bon travail. Pour ceux qui, comme moi, sont ici depuis un peu plus longtemps, il est important de leur montrer que la défaite n’est jamais acceptable. Il faut garder bien vivante cette culture gagnante qui a été instaurée ici depuis quelques années et ça commence avec une bonne attitude. Si les plus vieux montrent le bon exemple, je crois que les plus jeunes suivront. »

« Tu ne peux pas simplement te contenter d’être ici, a poursuivi Eller. Que tu aies 20, 25 ou 30 ans, on s’attend à ce que tu continues de batailler sans tomber dans la complaisance. Et ça doit commencer maintenant. Il n’y a pas de raison d’attendre dix matchs, de penser aux vacances. Il y a encore des matchs à jouer et tant que tu portes cet uniforme, tu dois sauter sur la patinoire et tout donner. »

Heureux pour Smith-Pelly

Pendant que Stefan Matteau se bat pour un poste sur le quatrième trio du Canadien, Devante Smith-Pelly est un joueur transformé depuis l’échange qui a impliqué les deux joueurs à la fin février.

DSP a trouvé le fond du filet dans cinq des sept matchs auxquels il a pris part avec sa nouvelle équipe depuis qu’il a quitté l’entourage du Canadien en pleurs à la date limite des transactions. Utilisé dans un rôle de premier plan aux côtés d’Adam Enrique et Tyler Kennedy, il a déjà marqué autant de buts dans l’uniforme des Devils du New Jersey, soit six, qu’il en avait réussi en 46 parties cette saison à Montréal.

« Je lui ai envoyé un message texte l’autre jour, après un bon match, pour le féliciter et lui dire de continuer son bon travail, a dit Galchenyuk. C’était un de mes bons amis quand il était ici et je suis content de le voir connaître autant de succès. »

« Premièrement, tant mieux pour lui. C’est tout ce que je peux dire », a d’abord réagi Michel Therrien quand on lui a demandé si le bon rendement de Smith-Pelly sous d’autres cieux l’avaient forcé à remettre en doute l’utilisation qu’il avait faite de l’attaquant pendant son bref passage sous ses ordres.

« Par rapport à sa situation avec nous, il faut remonter au début de l’année. À l’aile droite, on avait Brendan Gallagher qui est un joueur important pour nous. On avait mis Semin sous contrat et il fallait lui donner une opportunité. Dale Weise connaissait un très bon début de saison. Devo a bien commencé l’année, mais il s’est blessé et a eu de la difficulté à se remettre sur les rails. »