BROSSARD – Jiri Sekac avait le sourire facile vendredi à l’entraînement, comme si chaque exercice, chaque enjambée, chaque tir au but était une petite célébration de la fin de son purgatoire.

Sekac, qui a participé à un premier match en 17 jours mercredi à Buffalo, est de retour dans le portrait. Pour combien de temps? Personne ne le sait, mais le jeune Tchèque a assez bien fait contre les Sabres pour conserver sa place dans la formation du Canadien samedi contre le Wild.

« J’ai aimé sa rapidité, son caractère compétitif. Il a fait de bons jeux, a été bon en échec avant. C’est un gars qui attendait sa chance et de la façon dont il s’est comporté, il va jouer demain, ce n’est pas une cachette pour personne », a confirmé Michel Therrien.

Sekac n’a pas paru trop rouillé à son retour au jeu. Utilisé au sein du troisième trio, il a passé un peu plus de onze minutes sur la patinoire, toujours à forces égales. Il a été au cœur de quelques bonnes poussées en territoire offensif, mais a aussi été à l’origine du seul but des Sabres. Il se trouvait au cachot pour avoir servi une mise en échec illégale au défenseur Nikita Zadorov lorsque Drew Stafford a créé l’égalité en début de troisième période.

« Malheureusement, cette pénalité n’aurait pas dû arriver », regrettait-il encore deux jours plus tard alors qu’il s’entretenait avec les journalistes pour la première fois depuis le soir où il a marqué son premier but dans la LNH, le 16 octobre contre les Bruins de Boston. « Mais c’est le genre de chose qui arrive parfois. Malgré ça, j’étais content de mon match. Je ne m’en suis pas trop mal tiré et surtout, l’équipe a gagné. »

Sans trop pouvoir l’expliquer, l’attaquant de 22 ans a affirmé s’être senti davantage en confiance à son retour au jeu que lors des six rencontres qui ont précédé son retrait de l’alignement, ses premières dans la Ligue nationale.

« À ma saison recrue dans la KHL, ça m’est arrivé souvent d’être laissé de côté, peut-être même pour des périodes encore plus longues que ça », s’est remémoré celui qui a fait ses débuts dans le circuit professionnel européen à l’âge de 19 ans. « Peut-être que ça m’a aidé à mieux le gérer cette fois, ça ne m’était pas inconnu. »

Sekac, qui a signé un contrat avec le Canadien à titre de joueur autonome le 1er juillet dernier, n’a pas nié que l’Europe a occupé ses pensées pendant qu’il regardait sept matchs consécutifs de la galerie de presse, mais il a réitéré sa volonté de persévérer pour solidifier sa place à Montréal.

« Je l’ai dit en début de saison et la réponse n’a pas changé. J’ai signé avec le Canadien et c’est ici que je veux jouer, c’est ici que je veux être », a-t-il assuré, réaffirmant qu’il était prêt à aller jouer avec les Bulldogs de Hamilton si la direction de l’équipe le jugeait nécessaire.

« Je savais que (la transition en Amérique du Nord) ne serait pas facile et je m’étais préparé à toutes les possibilités. Personne n’aime être laissé de côté, mais il faut s’efforcer de rester positif, travailler sur ses lacunes et rester en forme pour que, lorsqu’une autre chance se présente, tu sois prêt à tout laisser sur la patinoire. »

La chaise de Weise

À l’entraînement, Sekac patinait sur un trio complété par Lars Eller et Brandon Prust. À la place de ce dernier sur le quatrième trio, on retrouvait Dale Weise, qui évoluait avec Manny Malhotra. Rene Bourque, laissé dans les gradins pour la première fois de la saison à Buffalo, participait aux exercices avec ce duo en alternance avec Travis Moen.

Dale WeiseMichel Therrien a affirmé qu’il n’avait toujours pas pris de décision finale quant à la composition de son alignement en vue du prochain match.

Sans viser Bourque en particulier, il a pris soin de noter qu’il « veut des résultats. On veut s’assurer que les gars jouent avec beaucoup de passion. Si on n’obtient pas ça, on doit prendre des décisions parce que d’autres joueurs sont prêts à prendre la relève. »

Ce qu’on sait, c’est que Weise, pour reprendre une expression consacrée, semble avoir retrouvé la bonne chaise après avoir disputé quelques parties aux côtés de Max Pacioretty et David Desharnais sur la principale unité offensive du Canadien.

« Ça rend les choses excitantes pour moi. Chaque jour, je me présente à l’aréna sans savoir avec qui je vais jouer ou encore même si je vais jouer! », a rigolé Weise, qui prend son changement d’affectation avec un grain de sel.

« Je suis familier avec Manny. Bien sûr, on va jouer un style de jeu plus simple ensemble, mais on verra aussi de l’action en désavantage numérique. C’est le genre de mission qui aide à se mettre dans le match », a-t-il ensuite anticipé.

Weise, qui est toujours en quête de son premier but de la saison, a le sentiment d’avoir accompli du bon boulot lors de son bref passage sur le premier trio, mais comprend que son entraîneur sente le besoin de répartir ses forces autrement.

« On n’a pas bien joué récemment et dans ces circonstances, il faut apporter des changements. On est une équipe qui doit marquer en comité, c’est-à-dire qu’on a besoin de la contribution offensive de nos quatre trios, sans quoi on est dans le trouble. Mais je crois que c’est l’une des forces de notre équipe, on compte sur un paquet de gars capables de bien cadrer un peu partout dans l’alignement. »

« Personnellement, je me sens aussi à l’aise dans les deux rôles. Peu importe avec qui je joue ou ce qu’on me demande d’accomplir, je serai heureux d’apporter ma contribution du mieux que je peux. »

Malchance pour Bournival

Alors qu’une deuxième chance se présente devant Jiri Sekac, un autre jeune attaquant du Canadien se retrouve dans l’obligation de prendre son mal en patience.

Michaël Bournival, qui a dû patienter pendant près d’un mois pour disputer son premier match de la saison dans la Ligue nationale, devra recommencer à ronger son frein. Le Canadien a annoncé vendredi qu’il serait à l’écart du jeu pour une période indéterminée en raison d’une blessure à l’épaule.

Bournival s’est blessé en encaissant une mise en échec de Cody McCormick mercredi à Buffalo, où il disputait son deuxième match de la campagne.

« C’est vrai qu’il n’y a pas de bon timing pour subir une blessure. Surtout pour un petit bonhomme comme lui, qui tentait de percer notre alignement. La seule chose qu’on peut dire, c’est qu’on a hâte qu’il revienne en santé pour lui donner une autre occasion de nous démontrer ce qu’il est capable de faire », a commenté Therrien.

Formation à l'entraînement :

Pacioretty-Desharnais-Parenteau
Galchenyuk-Plekanec-Gallagher
Prust-Eller-Sekac
Bourque/Moen-Malhotra-Weise

Markov-Subban
Emelin-Weaver
Beaulieu-Gilbert

Ça joue dur - prise 2
Ça joue dur entre Subban et Galchenyuk