mardi, 29 avr. 2014. 17:50

N.D.L.R. Cette chronique a été rédigée avant que les dates des matchs de la série Canadien-Bruins ne soient officiellement dévoilées.

En une petite phrase, l’entraîneur-chef des Bruins Claude Julien a résumé l’animosité qui opposera son équipe au Canadien de Montréal en deuxième ronde des séries. Avec la même phrase, il a aussi expliqué les passions et émotions qui bouillonnent dans les vestiaires des deux équipes, voire dans les deux villes, à deux jours du premier rendez-vous.

« Quand je dirigeais le Canadien, je détestais les Bruins. Depuis que je dirige les Bruins, je déteste le Canadien. C’est aussi simple que ça », a répondu Julien à un collègue de Boston qui tentait de mettre le doigt sur le point de pression qui oppose les deux formations, les deux villes, les deux clans de partisans.

Il faut dire qu’après 33 duels en séries, le plus haut total du genre dans l’histoire du sport professionnel en Amérique du Nord, dont 24 ont été remportés par le Canadien, il est facile de comprendre que le feu soit facile à attiser. « Je n’aurai pas besoin de faire de grands discours pour motiver mes joueurs. Pour éveiller leur passion », a poursuivi Claude Julien.

L’entraîneur-chef des Bruins devra d’ailleurs faire tout le contraire. « Mon défi sera de m’assurer de contrer les débordements d’émotion, de m’assurer que nos joueurs resteront concentrés et disciplinés. Nous formons une bonne équipe. Nous sommes confiants. Nous jouons avec émotion. Mais c’est comme dans tout : il faut savoir afficher le bon dosage. C’est bien d’être confiant. Mais il faut éviter les excès de confiance. Il faut jouer avec passion et émotion. Mais il fait éviter le banc des pénalités. C’est cet équilibre qui nous permettra de maximiser nos performances », a poursuivi Claude Julien.

Avec le flegme qui le caractérise sur la patinoire, Patrice Bergeron n’est pas du genre à laisser les émotions prendre le dessus sur la raison. Mais il convient que le Canadien a le don de faire perdre les pédales aux Bruins.

« Tout ça est relié à l’animosité qui oppose les deux équipes. C’est clair qu’il faudra rester loin de la boîte (de punitions) pour éviter de donner la chance à l’attaque à cinq du Canadien de nous faire mal. Mais on forme un bien meilleur club que les gens qui nous caractérisent d’équipe seulement physique le croient. Nous avons du talent. Nous sommes en mesure de rivaliser sur toutes les facettes du jeu. Et il faudra y arriver, car le Canadien forme une bonne équipe. Ils sont toujours rapides, mais ont ajouté du poids aussi. Carey est un très bon gardien. Ça va être une série difficile. Une très bonne série », a convenu Bergeron

Paille en renfort

Déjà qu’ils sont bien nantis en attaque, en défensive et devant le filet, les Bruins obtiendront du renfort dès le début de la série qui l’opposera au Canadien.

Victime d’une commotion cérébrale lors de l’avant-dernier match de la saison régulière, Daniel Paille était de retour à l’entraînement avec ses coéquipiers mardi. Après avoir raté les cinq matchs de la série contre Detroit, Paille patinait en compagnie de Patrice Bergeron et Reilley Smith au sein du deuxième trio des Bruins. Paille occupait la place de la peste Brad Marchand qui était confiné au repos en raison d’une vilaine grippe. Cette grippe a fait le tour du vestiaire en fin de saison. Au pire de la « tempête », Claude Julien – l’entraîneur-chef n’y a d’ailleurs pas échappé – sept joueurs manquaient à l’appel en même temps.

À moins de complications imprévues, Marchand sera à son poste lors du premier match de la série. Premier match dont on ignore toujours la date officielle. Il semble bien que la série débutera vendredi soir pour se poursuivre dimanche après-midi. Mais cette possibilité n’était pas officialisée en après-midi mardi. D’autant que le réseau NBC tente toujours de glisser un match à midi samedi en guise de prélude au traditionnel Derby du Kentucky

« Nous serons prêts, peu importe que la série débute jeudi, vendredi ou samedi », a simplement répondu Claude Julien après l’entraînement de 45 minutes qu’il a dirigé.

Dans l’ombre des Krejci, Lucic, Iginla, Bergeron et autres vedettes des Bruins, Paille demeure un joueur de soutien dont les Bruins auront besoin pour rivaliser avec la profondeur affichée par le Canadien en première ronde face au Lightning de Tampa Bay.

Cette profondeur était d’ailleurs soulignée dans le vestiaire des Bruins.

« Montréal a joué quatre grosses parties contre Tampa. Toutes les lignes ont contribué et c’est pour cette raison que nous devrons être en mesure de répliquer a indiqué Paille qui pourrait chasser Justin Florek du troisième trio au sein duquel il rejoindrait Carl Söderberg et Loui Eriksson.

« J’ai joué de malchance lors de ma blessure. Je me suis mal préparé à recevoir une mise en échec. J’ai perdu l’équilibre et ma tête a frappé l’épaule d’un adversaire. J’étais prêt à revenir au jeu dès le début de la série contre Detroit. Les médecins ont préféré attendre un peu. Mais là, je suis rétabli. J’ai le feu vert et j’espère que je jouerai dès le premier match contre le Canadien », a indiqué Paille après l’entraînement.

Bien que Claude Julien ait refusé de confirmer son retour, il semble évident que l’expérience de Paille lui ouvrira la porte du vestiaire.

Jordan Caron, Gregory Campbell et Shawn Thornton complèteraient alors le quatrième trio. Un quatrième trio solide malgré l’absence de Chris Kelly qui est toujours blessé.

« Nous obtenons autour d’une dizaine de minutes d’utilisation selon les pénalités. Notre mandat est clair et Claude nous fait confiance », a indiqué Jordan Caron qui a d’ailleurs marqué dans la série contre Detroit.

Bien qu’il ne puisse compter sur une place assurée au sein de la formation, Caron se prépare à vivre les grands moments que lui procurera une série contre le Canadien.

« Ce sera vraiment spécial. Tout le monde parle de cette série. Mes parents viendront pour les premiers matchs. Ce sera vraiment excitant », a indiqué Caron qui a un ami dans le camp ennemi.

« Je m’entraîne avec David (Desharnais) durant l’été. On est des bons chums, mais en série, ça ne comptera pas… »

Outre Daniel Paille, le vétéran défenseur Dennis Seidenberg a renoué mardi avec ses coéquipiers. Opéré au genou droit plus tôt cette saison – reconstruction complète des ligaments – il est hors de question que Seidenberg soit en mesure de jouer à court terme.