BROSSARD – Étant donné que Michel Therrien a déjà écrit au crayon indélébile dans sa tête la formation qu’il déléguera pour entamer la saison régulière à Toronto, Charles Hudon peut considérer comme une récompense sa présence tardive au camp d’entraînement.

Le Canadien aurait bien pu le céder dans la Ligue américaine dans les derniers jours ou à la suite de la partie de jeudi soir, mais le petit attaquant est toujours présent dans les parages du club et il en profite pour perfectionner son répertoire.

« Oui, je suis content de cette occasion, j’aborde les jours un à la fois et je veux toujours démontrer ce que je peux accomplir à chaque chance qu’on m’accorde », a convenu le coriace attaquant.

ContentId(3.1149336):De retour au boulot
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Même s’il voit cette confiance d’un bon œil, Hudon prétend aussi qu’il n’a pas volé cette opportunité.

« C’est une récompense dans un sens, mais j’ai également démontré ce que je pouvais réussir sur la patinoire. Ça se déroule bien jusqu’à présent, je me croise les doigts pour jouer un autre match », a interprété Hudon avec justesse.

Ce serait certainement mal vu si Hudon déclarait à haute voix que la Ligue nationale constitue le meilleur endroit pour parfaire son développement, mais il a trouvé une manière subtile de l'insinuer.

« C’est difficile à dire. C’est certain que j’ai beaucoup appris dans la Ligue américaine la saison dernière auprès de Gabriel Dumont et de Sylvain Lefebvre notamment. Mais le rôle dans la LAH est souvent différent de celui auquel on aspire dans la LNH. Si je reste avec le Canadien, je vais accepter la mission que l’équipe va me confier », a développé le numéro 54.

Pour le moment, Hudon se concentre à emmagasiner les conseils de ses patrons qui n’ont pas été avares dans leurs commentaires même si le camp d’entraînement n’est pas terminé.

« Le bilan plus complet viendra à la fin, mais j’ai passablement parlé avec Michel et Marc la semaine dernière à propos des choses qu’ils veulent que je fasse sur la patinoire. J’essaie d’appliquer ces enseignements », a confirmé le sympathique patineur de 21 ans.

Tout de même, Hudon ne se met pas la tête dans le sable, il constate que la suite de son chemin risque de passer par la Ligue américaine. Cependant, son expérience avec le Canadien est devenue nettement plus agréable cette année, ce qui l’encourage pour la suite des choses.

« C’est plus facile cette année, on dirait qu’ils me reconnaissent plus en tout cas! Mon nom leur dit plus quelque chose », a confié Hudon en riant de bon cœur.

« Je parle beaucoup avec (Brendan) Gallagher, (David) Desharnais et (Nathan) Beaulieu, c’est agréable de compter sur leur aide. Ça veut dire qu’ils croient en moi », a enchaîné le gaucher d’Alma qui s’inspire depuis quelques années de Desharnais.

Un pas de recul bénéfique pour De la Rose?

Pendant que Hudon croit plus que jamais en ses chances de percer le circuit Bettman en 2015-2016, le portrait actuel indique que Jacob De la Rose devra se contenter d’un rôle plus obscur en début de campagne au minimum.

En ajoutant de la profondeur en attaque, le Canadien a créé un effet qui pourrait repousser le Suédois au sein de la troupe de Sylvain Lefebvre.

Bon élève, le grand gaucher n’a pas voulu démontrer de signes de mécontentement.

« Ils vont baser leur décision sur ce qui est préférable pour mon cheminement. Je serai confortable avec ce qui arrivera », a-t-il assuré en patinant un peu pour éviter tout commentaire négatif.

Jacob De La RoseLa saison dernière, Therrien n’a pas ménagé les louanges envers De la Rose et le choix de deuxième ronde en 2013 (34e au total) demeure au cœur des plans du Tricolore. Lucide, De la Rose dit qu’il ne percevrait pas une rétrogradation dans la Ligue américaine comme un pas de recul.

« Non, ce serait pour le bien de mon développement et je suis âgé de seulement 20 ans donc il me reste plusieurs bonnes années de hockey à disputer », a mentionné le blondinet de six pieds trois pouces et 214 livres.

De l’avis de quelques observateurs, une telle route viendrait l’aider à développer de meilleurs outils offensifs au niveau professionnel ce qu’il transposerait ensuite dans la LNH.

« Ça pourrait être le cas, ça dépend du rôle qu’on me confiera aussi. Je suis encore jeune donc je continue d’apprendre et de me développer », a-t-il conclu sagement comme à son habitude.

Pendant que De la Rose se dirige probablement vers St. John’s à un certain point, d’autres attaquants doivent se débrouiller dans des rôles modifiés. Parmi eux, Devante Smith-Pelly risque de patrouiller l’aile gauche à quelques reprises ce qui n’est pas évident pour tous les joueurs.

DSP n’a pas hésité à admettre que ce traitement n’est pas évident, mais il est prêt à procéder à ce sacrifice.

« J’ai fait des millions de sorties de zone de l’autre côté donc je dois un peu plus regarder ce qui se passe par-dessus mon épaule et utiliser davantage mon revers. Ça demande de petits ajustements », a expliqué le gros droitier.

Cela dit, l’imposant ailier était loin de se plaindre surtout quand il constate le sort réservé à certains de ses collègues.

« Je n’ai aucun problème avec ça, si c’est ce que je dois faire pour demeurer dans la formation, c’est correct avec moi », a assuré l’Ontarien décelant un élément positif de cette transition.

« Je peux plus facilement couper vers le centre et me créer des occasions offensives, c’est une chose que les entraîneurs veulent voir plus souvent de notre part », a révélé le 21.