Sans changement, les Québécois d'excellence seront de plus en plus rares. (Photo Getty)

Pour faire suite au dossier du développement des jeunes hockeyeurs québécois qui a énormément fait jaser dernièrement, j’aimerais vous faire part de pistes de solution qui, à mon avis, pourraient régler le problème propre au Québec à moyen et long terme.
Ce n’est pas à bâtir des amphithéâtres que l’on va permettre à nos jeunes de devenir de meilleurs hockeyeurs. Il faudrait plutôt utiliser à pleine capacité les patinoires déjà existantes.
Vous êtes-vous déjà promené dans les patinoires de la province entre 8 h et 17 h sur les jours de semaine? C’est vide! La seule chose que l’on peut entendre pendant ces heures, c’est le bruit constant que font les lumières au plafond.
Dans les heures scolaires, les arénas sont vides. Selon moi, nous devrions bâtir notre système de hockey pour que, tout en continuant leurs études, les jeunes aient accès à ces infrastructures pour pouvoir aller s’entraîner au hockey.
Comprenez-moi bien. Loin de moi l’idée de prioriser le hockey sur les études, mais les écoles devraient permettre aux jeunes de choisir un sport, pas nécessairement le hockey, mais n’importe quel sport auquel il pourrait consacrer plusieurs heures par semaine.
Je parle particulièrement des écoles secondaires publiques et non pas des écoles privées qui offrent des programmes sports-études.
Concentrons-nous sur le hockey. Chaque école, peu importe où au Québec, devrait offrir les plages horaires nécessaires, peut-être deux ou trois fois par semaines, et un technicien en loisir certifié dans le domaine du hockey par l’Association canadienne de hockey sur glace (CAHA) ou la Fédération québécoise de hockey sur glace.
La clé, c’est que tous les petits gars et les petites filles qui le désirent puissent avoir accès aux ressources nécessaires à leur développement.
Présentement, le problème que l’on vit, c’est que les disponibilités de glace offertes à nos jeunes sont le soir et les fins de semaine et, à ce moment-là, les arénas sont remplis à pleine capacité.
La responsabilité revient ultimement au gouvernement et aux écoles de se prendre en main pour permettre à nos jeunes de lacer les patins et de prendre le bâton entre ses mains le plus souvent possible.
On dit souvent que quand on se regarde on se désole et que quand on se compare on se console. Eh bien, si on compare le développement des hockeyeurs québécois à ce qui se fait en Europe, on est dans l’obligation de se désoler.
Ce n’est pas par hasard si les Européens semblent de plus en plus damer le pion aux joueurs d’ici. Les décideurs européens semblent vraiment avoir compris le processus de développement d’un jeune hockeyeur.
Là-bas, les joueurs jouent peut-être deux fois moins de matchs, mais sautent sur la glace peut-être deux fois plus souvent que ceux d’ici. Ce n’est pas compliqué, au Québec les jeunes pratiquent à peu près une fois pour chaque match joué alors qu’outre-mer ils s’entraînent peut-être à quatre reprises avant de disputer une rencontre.
Il est beaucoup plus important d’avoir les joueurs à l’entraînement, où ils apprennent la base du hockey, approfondissent leurs connaissances et pratiquent leurs habiletés plutôt que de les envoyer sur la patinoire dans le cadre d’un match où ils affronteront des adversaires aussi peu prêts qu’eux.
Bref, ce n’est pas compliqué. Pour qu’un joueur apprenne son hockey, un joueur doit être sur la glace le plus souvent possible et avoir un suivi adéquat par un formateur qui connaît son hockey et qui a à cœur le développement sportif et personnel des jeunes d’ici.
Au final, comme je le disais plus haut, ce n’est pas seulement avec le hockey que cette stratégie doit être appliquée. Toutefois, si dans les autres sports on a besoin d’un gymnase, au hockey on a besoin d’une glace. Il serait donc de mise que les écoles puissent avoir accès à de pareilles installations et dont elles puissent profiter sur les heures de classe.
La ligue devra serrer la visCe que je n’aime pas de ces cas de blessures à répétitions, c’est le fait que la LNH ne se tient pas debout et ne respecte pas les engagements qu’elle prend envers ses joueurs et elle-même.
Dans le livre des règlements, c’est clair, net et précis. Un geste où il y a tentative de blesser doit nécessairement être puni.
Si on prend le cas de Mike Richards, par exemple. Le capitaine des Flyers a été expulsé de la partie recevant une pénalité de 5 minutes et une autre de 10 minutes parce que l’arbitre en fonction, à ce moment-là, avait jugé qu’il y avait définitivement une tentative de blessure.
Or, après enquête auprès des personnes impliquées et après avoir regardé à froid nombre et nombre de reprises, la ligue a opté de ne pas sévir auprès de Richards alors que l’arbitre avait clairement établi qu’il s’agissait d’une tentative de blessure.
La ligue doit être conséquente avec les décisions de ses officiels. Elle doit suivre leurs jugements.
On entend souvent que les protège-coudes sont durs. C’est vrai! Que les épaulettes sont des armures. C’est vrai! Que les joueurs jouent la tête basse. C’est vrai! Toutefois, les joueurs doivent enlever de leur jugement l’aspect « tentative de blesser ».
Les joueurs se regardent et ils le savent quand un adversaire est vulnérable. Donc si un joueur ne veut pas faire mal à un adversaire, il ne lui fera pas mal.
Ce que je veux dire par là, c’est que lorsqu’un joueur frappe un joueur dans le dos à cinq pieds de la bande, il sait très bien ce qu’il fait. Alors, qu’il ne vienne pas me dire devant la caméra qu’il a des regrets parce que si le joueur s’était relevé sans mal, il n’aurait jamais eu le moindre soupçon de regret.
La ligue devra un jour se mettre à punir les intentions, les tentatives de blessés et non pas les conséquences uniquement.
Loin de moi l’idée d’enlever les mises en échec su sport. Sans contact, le hockey devient un sport ennuyant. Sans plaquage, le hockey n’est plus le hockey. C’est ce qui donne l’intensité au sport et c’est ce qui le rend aussi intéressant à suivre.
Si la LNH continue dans l’inaction et qu’elle ne se met pas à sévir dès maintenant toutes les tentatives de blessures, un des ces jours quelque chose de grave finira par arriver.
*Propos recueillis par Jean-Simon Landry