lundi, 10 déc. 2007. 14:36

Même s'il a dernièrement regardé quelques matchs de son équipe du haut des gradins, David Perron n'ira pas aider le Canada au Championnat du monde junior. On aurait pourtant pu croire le contraire, d'autant plus qu'Andy Murray, l'entraîneur-chef des Blues, a longtemps travaillé avec l'équipe nationale.

« On a considéré la chose. Je suis attaché au programme de Hockey-Canada et je suis un grand partisan de ce genre d'événements, mais on a besoin de David avec nous à St. Louis. On ne peut pas se passer de lui pour un mois », a expliqué le pilote des Blues pour justifier sa décision de garder le jeune attaquant québécois avec sa formation. Pour Perron, tout s'est joué ce week-end. Après avoir été laissé de côté pour quatre rencontres consécutives, le hockeyeur de 18 ans a été réinséré dans la formation vendredi, à Edmonton, où il amassé une mention d'aide dans la défaite des siens 4-3 face aux Oilers. Dimanche soir, alors que l'équipe s'effondrait contre l'Avalanche, Perron a trouvé le moyen de terminer la soirée avec un but et une passe.

« La semaine passée, on est venu jouer à Calgary et à Edmonton et c'était notre première visite de la saison au Canada. C'est certain qu'il y avait beaucoup de spéculations et j'écoutais tout ce qui se disait à TSN! Moi, mon but c'était de rester avec l'équipe. J'ai travaillé très fort et j'attendais ma chance de revenir dans la formation. Mais je savais que la solution facile était de me prêter à l'équipe canadienne et je m'y attendais un peu car on était sur le point de se retrouver 24 joueurs avec l'équipe. De toute façon, je me disais que j'en sortirais gagnant, et ce, peu importe ce qui allait arriver », raconte Perron qui revendique déjà 6 buts et 5 passes à sa fiche pour 11 points, en seulement 16 parties.

Une belle transition

Boudé par le Canadien, David Perron a déjoué la plupart des observateurs en ne retournant pas dans la LHJMQ en octobre dernier. Sélectionné au 26e rang par les Blues, l'ailier gauche de 18 ans a tout de suite impressionné Murray au début du camp. L'entraîneur a apprécié son attitude et il a porté attention à de petits détails. Comme, par exemple, les patins blancs de Perron.

« J'ai demandé au responsable de l'équipement de me peinturer ça en noir pour qu'il soit conforme avec le reste de l'équipe et le jeune n'a pas dis un mot. J'ai tout de suite remarqué qu'il arrivait très tôt pour les entraînements et qu'il quittait bien longtemps après la fin. On voit rapidement que c'est un jeune qui aime le hockey et ça m'a plu, raconte Murray sans oublier de conclure en parlant de ses habiletés sur la glace. Il a des mains fabuleuses. Il manie la rondelle comme Alex Kovalev et il sait se concentrer sur son jeu en défensive. »

Si Perron n'a pas joué souvent en début de campagne, c'est parce que les Blues désiraient d'abord qu'il améliore sa force et sa résistance. La recrue de 18 ans a passé beaucoup de temps au gymnase et les efforts lui ont permis de gagner huit livres en masse musculaire. Ces quelques semaines d'adaptation lui ont aussi permis d'assimiler plus facilement la vie de professionnels.

« Je trouve qu'on est vraiment bien encadré ici et les vétérans sont extraordinaires avec les jeunes. L'autre jour, je suis arrivé dans l'avion avec un sandwich et Keith Tkachuk m'a tout de suite dis que j'étais maintenant dans la LNH et qu'il ne voulait plus me voir avec ça! Que ça soit lui, Paul Kariya ou Doug Weight, les vétérans savent comment nous mettre à l'aise. Le plus impressionnant, c'est Tkachuk car il a l'air tellement méchant sur la glace. Pourtant c'est un des meilleurs gars que je connais », souligne Perron qui vit un conte de fées à St. Louis.

Toujours à l'hôtel, les dirigeants des Blues devraient bientôt lui dénicher une famille qui le prendrait comme pensionnaire. Sinon, il ira peut-être vivre avec un coéquipier. Car après tout, il ne faut pas oublier qu'il n'a que 19 ans!