mercredi, 10 juin 2009. 15:48

MONTRÉAL - Après des semaines de spéculations et de rumeurs, les groupes véritablement intéressés à se porter acquéreur du Canadien avaient jusqu'à mercredi pour déposer une offre formelle.

Et après la famille Molson, qui a confirmé, mercredi en fin d'après-midi, avoir officiellement déposé son offre à George Gillett, l'actuel actionnaire majoritaire du Canadien, le groupe médiatique Quebecor a annoncé, en soirée, avoir fait de même.

Les offres d'achat de ces deux groupes concernent le Club de hockey Canadien, le Groupe de divertissement Gillett et le Centre Bell, à Montréal.

Jeudi, "La Presse" a rapporté qu'un troisième groupe - américain celui-là - aurait également déposé une offre.

D'entrée de jeu, Quebecor a tenu à indiquer que la Caisse de dépôt et placement du Québec, qui est coactionnaire de Quebecor dans Quebecor Media, avait approuvé l'offre d'achat. Le groupe médiatique a ajouté que le Fonds de solidarité FTQ et les Productions Feeling, société de gestion appartenant à René Angélil, appuyaient également son offre.

Quebecor a fait valoir que le Canadien était l'une des franchises de sport les plus prestigieuses au monde.

"Comme le Club est partie prenante de notre histoire depuis cent ans, il nous apparaissait fondamental qu'un groupe de Québécois puisse saisir l'occasion de rapatrier entre les mains de gens d'affaires d'ici ce joyau de notre collectivité", a affirmé par voie de communiqué le président et chef de la direction de Quebecor, Pierre Karl Péladeau.

Le groupe médiatique a en outre indiqué son intention de rapprocher le club de hockey des partisans et de le rendre davantage accessible à l'aide d'un nouveau modèle d'affaires. À cet égard, Quebecor a évoqué à titre d'exemple les clubs de hockey les Maple Leafs de Toronto, les Flyers de Philadelphie et les Rangers de New York.

De leur côté, Geoff Molson, en tête, et ses frères Andrew et Justin Molson ont fait savoir, par voie de communiqué, qu'ils n'en diraient pas davantage, faisant valoir le respect de l'entente de confidentialité liant les parties.

La famille Molson a néanmoins affirmé: "Nous avons réuni un groupe très solide et crédible d'investisseurs et d'institutions financières pour élaborer notre offre. Ils sont tous dédiés au succès à long terme du Canadien et ont une solide présence au Québec."

"Nous croyons que notre offre a tous les éléments voulus pour être bien accueillie par le vendeur potentiel et la Ligue nationale de hockey. Nous souhaitons les rencontrer à leur prochaine convenance", a conclu la famille, dans son communiqué.

Jusqu'à maintenant, seuls deux acheteurs potentiels ont confirmé avoir déposé leur offre : Quebecor et la famille Molson.

Le nom de plusieurs hommes d'affaires américains intéressés a cependant circulé, dont au moins un qui serait une connaissance personnelle de George Gillett.

Serge Savard, après avoir exprimé publiquement son intérêt, s'était retiré, voyant que la famille Molson, avec laquelle il se sent lié, avait aussi manifesté son intérêt.

Les différentes rumeurs ont fait état d'une transaction se situant autour de 400 millions $.

L'actuel propriétaire majoritaire du Canadien, George Gillett, a donné le mandat au groupe BMO Marchés financiers, dirigé par Jacques Ménard, de trouver des acquéreurs potentiels pour le Canadien et le Centre Bell.

M. Gillett espère ainsi pouvoir refinancer des prêts importants qu'il a contractés, notamment pour l'achat du club de soccer anglais FC Liverpool.

Chez BMO mercredi, on s'est refusé à tout commentaire, rappelant qu'on avait reçu un mandat de la famille Gillett et qu'on n'était qu'exécutant. On dirigeait les journalistes vers le Canadien de Montréal.

Au Canadien de Montréal, le vice-président des relations publiques, Donald Beauchamp, a affirmé que le processus était "confidentiel" et qu'il n'en dirait pas davantage publiquement.

Lorsque toutes les offres auront été déposées, elles seront ensuite étudiées et comparées. Des enchères seront alors ouvertes pour tenter de faire bonifier les offres ou les ajuster. En bout de ligne, la Ligue nationale devra aussi donner son accord.