mardi, 22 janv. 2013. 20:02

MONTRÉAL – Les partisans du Canadien sont permissifs, mais ils ne sont pas dupes. Il restait une dizaine de minutes à écouler à la deuxième période samedi soir lorsque leurs favoris, chaudement accueillis à leur première apparition officielle depuis la fin du lock-out, se sont fait rafraîchir la mémoire.

Ils avaient pourtant servi une vibrante ovation à Michel Therrien et explosé de joie en voyant Jean Béliveau transporter un flambeau enflammé, pièce maîtresse des cérémonies réussies soulignant l’inauguration de la saison. Ils étaient bruyants pour souhaiter la bienvenue à Alex Galchenyuk, mais pas autant que lorsque Carey Price s’était pointé le bout du nez.

Mais qu’importe! Le match n’avait pas encore atteint son point médian que l’avantage numérique connaissait des ratés et les premières huées se sont fait entendre. Bienvenue à Montréal.

Ainsi s’est déroulé le début de saison du Canadien, qui s’est incliné 2-1 devant les Maple Leafs de Toronto lors du premier match de sa saison écourtée, samedi soir au Centre Bell.

Les cris de mécontentement venaient d’atteindre leur paroxysme lorsque Brian Gionta a fait chavirer l’humeur ambiante à 13:51 de la troisième période, réduisant de moitié l’avance des Leafs en poussant derrière la ligne rouge une rondelle sans propriétaire après un tir de Raphaël Diaz.

Il en faut peu pour que l’espoir renaisse au Centre Bell, mais cette fois, la remontée ne s’est jamais concrétisée.

Price a entendu les huées précoces, mais à sa sixième saison à Montréal, il lui en faut plus pour l’ébranler. Droit comme un chêne, les deux bras croisés, il a calmement exprimé son opinion dans le calme du vestiaire après la rencontre. 

« Je ne m’en fais plus avec ça, je n’y porte plus trop attention. Sauf que nous devons apprendre à rester plus neutres dans nos réactions, a soulevé Price dans un message aux mécontents. Je suis sûr que tous les amateurs de hockey ont déjà entendu ça, mais ça s’applique aussi à nos partisans. Quand ils se laissent emporter par leurs émotions, ça se transporte chez les joueurs. »

Installé à l’ombre d’une enseigne bleue sur laquelle est inscrite une consigne d’équipe demandant aux joueurs de ne pas chercher d’excuses, Price a calmement partagé son point de vue.

« Ça doit changer rapidement, on ne peut se permettre de se creuser un trou. En raison du calendrier écourté, on ne peut pas prendre trop de retard. Il n’y a pas lieu de paniquer, mais il vaudrait mieux se mettre en marche. »

« L’exécution n’était pas là, a rapidement concédé Michel Therrien en point de presse, probablement conscient qu’il n’apprenait rien à personne. Il y a eu des passes manquées, des jeux avortés. On a commencé à se battre un peu plus en troisième période, on a poussé le rythme où on voulait qu’il soit, mais l’exécution n’était pas là. »

« On a vu que l’effort était là, a noté Francis Bouillon, le deuxième défenseur le plus utilisé dans son clan avec un peu plus de 22 minutes de temps de jeu. En première période, le jeu était pas mal décousu. Les passes sautillaient et arrivaient dans les patins, mais je pense qu’il fallait s’attendre à ça en début de saison. On a vu qu’en deuxième période, les passes étaient un peu plus sur le tape, ça ressemblait plus à un match de la Ligue nationale. »

Nazem Kadri et Tyler Bozak ont marqué les buts des vainqueurs, chaque fois alors qu’un joueur du Canadien se trouvait au cachot.

« Chaque fois que tu perds la bataille des unités spéciales, c’est difficile de gagner. Ce soir, nous avons perdu cette bataille », a résumé Therrien.

Kadri a déjoué Carey Price à la cinquième minute de la rencontre alors que les Leafs profitaient déjà d’un deuxième avantage numérique. Arrivé sournoisement derrière Francis Bouillon dans l’enclave, il a accepté une passe de Phil Kessel et forcé le gardien à se commettre avant de tirer dans la partie supérieure.

Bozak était le troisième joueur à tenter un tir vers le filet de Price lorsqu’il a fait mouche à 8:12 du deuxième vingt.

« Notre jeu en désavantage numérique était l’une de nos forces, alors il faudra régler ce problème », a lui aussi observé Price, qui a semblé beaucoup plus dérangé par la présence de l’adversaire dans sa zone de travail que la prétendue blessure à l’aine qui lui avait valu une journée de traitements la veille. Le cerbère du Canadien a semblé prêt pour le sprint que sera la saison 2013 en réalisant 24 arrêts.

« Si on vient de connaître notre pire match de la saison, on va être correct », a-t-il chuchoté, rassurant.