CHICAGO – Que diriez-vous de jouer dans la LNH avec votre meilleur ami? C’est la chance inusitée et extraordinaire que les Ducks d’Anaheim ont procurée à Maxime Comtois et Antoine Morand.

Après avoir eu la chance de vivre ce privilège au niveau bantam et midget, les deux copains n’auraient pas osé demander ce souhait pour la Ligue nationale. Et pourtant, leur désir a été exaucé quand les Ducks les ont repêchées en l’espace de quelques minutes.

C’est simple, les deux hockeyeurs ont eu l’impression de rêver lorsque l’organisation californienne a concrétisé ce scénario improbable.

« C’est incroyable et de vivre ça avec Max en plus, c’est comme si tout était un rêve présentement. Je suis tellement heureux », a confié Morand qui n’a pu retenir quelques larmes de joie après l’annonce au United Center.

« C’est vraiment exceptionnel. Ça fait deux ans qu’on ne joue plus ensemble. Je suis tellement content pour nous qu’on puisse se retrouver », a raconté Comtois avec son plus beau sourire.

Cette belle histoire du jour a débuté quand le nom de Comtois a été prononcé au 50e rang. En voyant que que les Ducks possédaient un autre droit de parole au 60e échelon, Morand s’est mis à croire à cette possibilité. Il a même prié pour que ça se produise!

« Avec le père de Max, on a vu que les Ducks allaient parler de nouveau bientôt. On savait que ça pourrait arriver, mais je ne m’attendais pas à ça pour vrai », a raconté Morand qui en tremblait tellement il était envahi par des sensations fortes.

Évidemment, les Ducks étaient bien au fait de l’amitié entre les deux joueurs, mais ils n’avaient pas établi un plan spécifique pour les repêcher avec ces deux sélections.

« Non, non. On regardait nos possibilités, vendredi soir, et on avait anticipé de pires scénarios que ce qui est arrivé. On est donc bien contents », a expliqué Martin Madden fils, le directeur du recrutement amateur et professionnel des Ducks.

« À mes sept premières années avec les Ducks, on n’a pas repêché un Québécois. L’an passé, on a pris (Alex) Dostie et ça tombe comme ça cette année. C’était les deux plus hauts sur notre liste, on est super heureux que ce soit arrivé ainsi et ça adonne que c’est une belle histoire personnelle », a enchaîné Madden.

Paradoxalement, Comtois se retrouve au cœur de ce dénouement heureux alors qu’il a chuté au repêchage. Il y a quelques mois, le grand gaucher des Tigres de Victoriaville était perçu comme un excellent espoir de première ronde. La conclusion n’est donc plus décevante comme elle aurait pu l’être.

« C’est la meilleure chose au monde de vivre tout ça avec ton meilleur ami. Je n’ai pas vraiment de mots pour décrire ça », a déclaré Comtois qui a appris la sélection de son ami par les Ducks quelques secondes avant de s’adresser aux médias.

« On va peut-être pouvoir retourner sur le même trio un jour et prouver qu’on forme un excellent duo », a témoigné le patineur de six pieds un pouce et 207 livres qui a terminé sa saison avec 51 points (22 buts et 29 aides).

« Les gens regardent un peu trop les points. Maxime joue encore plus de la bonne manière maintenant. Il est très fiable et il ne triche jamais sur la patinoire », a maintenu Stéphane Pilotte, le recruteur des Ducks qui couvre le Québec en plus d’épier une partie de l’Ontario et des États-Unis.

Dans le moule des Getzlaf et Perry?

L’association avec les Ducks semble logique quand on réfléchit aux attaquants qui ont fait la réputation de cette organisation. À leur époque junior, on disait de Ryan Getzlaf qu’il n’était pas toujours le plus travaillant et que Corey Perry n’était pas le meilleur patineur.

« Un conte de fées »

Évidemment, ils ont connu des carrières impressionnantes et Comtois s’identifie à eux grâce à son physique.

« J’ai eu quelques entrevues avec eux, je leur ai parlé assez souvent. C’est aussi une équipe que j’aime regarder avec des joueurs comme Getzlaf et Perry, je trouve qu’ils sont un peu dans mon style. J’essaie de m’inspirer d’eux dans mon jeu. Je suis extrêmement content d’avoir été choisi par eux », a présenté Comtois qui pourra rapidement oublier la déception d’être sorti plus tardivement que prévu.

Pilotte a dévoilé les motifs qui ont orienté les Ducks vers eux.

« Ça répondait exactement à ce qu’on recherchait pour ce repêchage. Nos patrons voulaient qu’on se dirige beaucoup vers l’attaque en prenant au moins un bon joueur de centre », a-t-il raconté en avouant que la nervosité était présente puisque 25 ou 26 des 30 premiers noms sur la liste des Ducks avaient été choisis vendredi soir.

Quatorze joueurs de la LHJMQ sélectionnés

Au total, 14 joueurs, dont 9 Québécois, ont été sélectionnés au cours de ce repêchage.

Un troisième Québécois, Zachary Lauzon, un défenseur de six pieds et 187 livres avec les Foreurs de Val-d'Or, s'est retrouvé avec nul autre que les Penguins de Pittsburgh. Les doubles champions en titre de la coupe Stanley ont réclamé Lauzon immédiatement après Comtois.

« J’étais surpris, je ne pensais pas sortir aussi vite. L’entrevue s’était bien passée avec eux. C’est une énorme fierté, je ne réalise pas vraiment ce qui se passe présentement. J’essaie juste de profiter de chaque moment », a avoué Lauzon qui a donc devancé son frère, Jérémy par un seul rang. Celui-ci a été choisi par les Bruins en 2015 (52e au total).

« Je vais pouvoir l’écoeurer un peu. Il a joué un gros rôle dans mon développement au hockey. Il m’a supporté à maintes reprises. »

Selon les informations obtenues par le collègue Stéphane Leroux, le Canadien souhaitait jeter son dévolu sur lui au 58e rang.

« Le Canadien, c’est certain que c’est un rêve de jeunesse, mais je ne peux pas dire que c’est décevant d’aboutir avec les Penguins », a reconnu Lauzon qui avait été invité au Combine organisé par le Canadien.  

Aucun représentant de la Ligue junior majeur du Québec n'a été choisi lors du troisième tour et un seul au quatrième tour, soit Drake Batherson, un joueur de centre natif de l'Indiana, qui a récolté 58 points, dont 22 buts, en 61 matchs avec les Screaming Eagles du Cap-Breton l'an dernier.

Batherson a été réclamé au 121e rang par les Sénateurs d'Ottawa.

Au cinquième tour, au 130e échelon, les Blues de St Louis ont jeté leur dévolu sur David Noël, un défenseur de six pieds un pouce et 175 livres, qui a joué avec les Saguenéens de Chicoutimi et les Foreurs de Val-d'Or l'an dernier. En 65 rencontres, il a récolté 11 buts et 32 points avant d'ajouter deux buts et six mentions d'aide en dix matchs éliminatoires avec les Foreurs.

Toujours en cinquième ronde, au 136e rang, les Jets de Winnipeg ont réclamé le défenseur allemand Leon Gawanke des Screaming Eagles du Cap-Breton.

En sixième ronde, les attaquants québécois Arnaud Durandeau (Mooseheads de Halifax), D'Artagnan Joly (Drakkar de Baie-Comeau) et Cédric Paré (Sea Dogs de Saint John) ont tour à tour été respectivement repêchés par les Islanders de New York (165e), les Flames de Calgary (171e) et les Bruins de Boston (173e). Puis, au 176e échelon, les Predators de Nashville ont choisis l'attaquant russe des Voltigeurs de Drummondville Pavel Koltygin.

Puis en septième ronde, le défenseur québécois des Mooseheads Jocktan Chainey a été choisi par les Devils du New Jersey. L'attaquant russe Ivan Chekhovich, du Drakkar, a quant à lui été le dernier joueur de la LHJMQ réclamé, par les Sharks de San Jose au 212e rang.

ContentId(3.1236290):Repêchage LNH : les Ducks réclament Maxime Comtois
bellmedia_rds.AxisVideo
ContentId(3.1236294):Repêchage LNH : Antoine Morand rejoint son ami Maxime Comtois à Anaheim (Ducks)
bellmedia_rds.AxisVideo
« L'attente en a valu la peine »
« Heureux que ce soit la même équipe que Max »