RDS.ca, Nicolas Landry mercredi, 8 mai 2013. 00:15

OTTAWA - Michel Therrien n’a peut-être pas tort de prétendre que son équipe méritait un meilleur sort mardi soir à Ottawa, mais ne comptez pas sur les joueurs des Sénateurs pour s’excuser de cogner aujourd’hui à la porte de la deuxième ronde des séries éliminatoires.

« Ils ont livré une solide performance sur la route, ça c’est certain. Mais on a su garder le pointage serré en se disant que si on pouvait trouver un moyen de briser la glace, ils commenceraient à jouer sur les talons, a décortiqué Daniel Alfredsson dans le vestiaire des gagnants. Le premier but a vraiment eu un impact majeur sur notre jeu, il nous a donné des ailes. »

Il s’en trouvera toutefois plusieurs pour avancer que ce premier but n’aurait jamais dû être accordé.

Zibanejad marque un but controversé
Zibanejad marque un but controversé

Le Canadien était à huit minutes d’une victoire presque essentielle à sa survie lorsque Mika Zibanejad a réduit l’avance des visiteurs de moitié en redirigeant avec son patin une passe de Chris Neil derrière Carey Price. Les officiels ont dû se consulter pendant quelques minutes avant de finalement convier tout le monde au centre de la patinoire pour la remise en jeu.

On n’en était pas encore certains, mais le vent venait de tourner.

« J’ai vu la reprise et dans mon livre, c’est vraiment un bon but parce qu’il est en fait légal de rediriger la rondelle, a tranché Alfredsson. Sa lame n’a jamais quitté la glace et il ne lève pas le pied pour botter la rondelle vers le filet. Je ne vois aucune controverse là-dessus. »

Tous n’avaient toutefois pas la même assurance que leur capitaine. Même l’auteur du but qui a changé l’allure du match n’a pas osé trop célébrer avant que son geste ne reçoive l’approbation des zébrés.

« Ça semblait un peu douteux sur la reprise. La rondelle a fait un drôle de bond, je l’ai d’abord touché avec mon bâton, mais j’essayais seulement de freiner en avant du filet. Peu importe, je vais le prendre! »

«Tout un match de hockey!»
«Tout un match de hockey!»

« Je n’étais pas 100% certain, a aussi admis Neil. Sur le coup, j’avais l’impression qu’il avait marqué avec le patin et je me disais ‘Oh, oh’... Je n’avais aucune idée de ce qui allait arriver, mais au ralenti, on comprend mieux et je croyais que le but serait accordé. »

« La rondelle arrivait tellement vite quand elle a frappé son patin qu’il n’était pas inconcevable qu’elle se retrouve dans le fond du but sans qu’il fasse un mouvement, estime Craig Anderson, le témoin le plus éloigné de l’action. J’ignore les détails de l’explication officielle, mais peu importe. Un but, c’est un but et on va le prendre. »

Le flair de MacLean

Son sens de l’humour toujours en démonstration même dans les moments plus tendus, Paul MacLean avait évidemment le sourire facile après la victoire. Il s’est même permis de se donner une petite tape dans le dos, vantant par le fait même le travail des jeunes soldats qui ont eu leur mot à dire dans le résultat final.

Avant qu’ils marquent les buts qui ont permis aux Sénateurs de forcer la prolongation, MacLean a senti le besoin de faire porter le bonnet d’âne à Zibanejad et Cory Conacher.

« Cory a été la source de quelques revirements, dont un qui a mené à un but. Ce n’est généralement pas une bonne façon de s’attirer les bonnes grâces de l’entraîneur. Et Mika ne patinait pas à notre goût. Il ne démontrait pas l’esprit compétitif qu’on souhaite voir de sa part de façon plus constante. »

Dans d’autres circonstances, les deux jeunots n’auraient peut-être jamais eu l’occasion de participer aussi activement à une remontée d’une telle ampleur. Mais les Sénateurs, par dépit plus que par choix, ont fait passer leurs succès par la progression de leurs jeunes tout au long de la saison. MacLean croit qu’un jeune joueur à qui on indique bien le chemin à suivre ne vous fait généralement pas regretter votre patience. Sa confiance s’est avérée payante mardi.

« On a décidé de les remettre sur la patinoire dans des circonstances qu’on jugeait opportunes et ils ne nous l’ont pas fait regretter. Ils méritent du crédit pour avoir su garder leur concentration et profiter de l’opportunité qui leur a éventuellement été présentée », a félicité le patron.