RDS.ca, Éric Leblanc samedi, 9 févr. 2013. 07:18

Reconnu pour son honnêteté et son humilité, Stéphane Robidas admet sans gêne que le début de saison des Stars de Dallas ne satisfait pas les exigences de l’organisation qui a raté les séries éliminatoires au cours des quatre dernières années.

En raison du calendrier compressé par le lock-out, le temps presse pour atteindre son rythme de croisière, mais le vétéran de 35 ans est convaincu que ça ne saurait tarder.

Les Stars ne se retrouvent tout de même pas dans le pétrin occupant le sixième rang de l’Association Ouest en vertu d’une récolte de 13 points, mais ils ont joué deux matchs de plus que la plupart de leurs adversaires.

«On connaît un début couci-couça. On a gagné notre premier match et (Jaromir) Jagr a été fantastique dès celui-ci, mais on concédait trop de lancers dans nos parties ce qui nous causait des ennuis. Heureusement, notre gardien Kari Lehtonen a été formidable et nous avons pu sauver les meubles», a raconté Robidas dans un entretien avec le RDS.ca vendredi.

Ainsi, les Stars ont cumulé une fiche 2-4-1 après sept parties avant de corriger le tir avec quatre victoires au cours des cinq dernières parties.

«On a traversé un petit creux durant lequel nous étions un peu croches, si on peut dire, et on était incapable de marquer.

«Malgré que notre fiche est correcte, nous n’avons pas encore joué au niveau que nous souhaitons. Ça reste un travail en progression, mais ça s’en vient et c’est positif», a exprimé Robidas en avouant que les rares entraînements ne facilitent pas cette ascension.

Rien pour aider la formation texane, elle a dû composer avec des blessures à la majorité des joueurs clés incluant Jagr, Jamie Benn, Derek Roy et Ray Whitney. Qui plus est, ce dernier se retrouve sur la touche pour plusieurs semaines.

Sans disposer de tout son arsenal offensif, ce n’est pas surprenant que neuf des 12 matchs des Stars se soient soldés par une différence d’un but.

«C’est l’histoire de notre équipe depuis quelques saisons. L’an passé, on a manqué les séries par six points et par un point l’année précédente alors que plusieurs de nos matchs se décident par un but. En fait, je ne me souviens pas de la dernière fois que nous avons gagné une partie avec un pointage semblable à 5 à 1. Ce n’est pas arrivé depuis longtemps que nous puissions respirer dans un match», a convenu l’un des actionnaires du Phoenix de Sherbrooke.

À sa 13esaison dans la LNH, Robidas s’est établi comme un défenseur dont la fiabilité est garantie et son bagage d’expérience lui permet de déceler les aspects à peaufiner.

«Je sais que c’est juste la loi de la logique, mais nous passons trop de temps dans notre territoire. Ce n’est pas nécessaire que ce soit toujours élégant, mais il faudrait mieux sortir de notre zone question de générer plus d’attaque», a identifié celui qui a joué deux saisons sous les ordres de Michel Therrien à Montréal.

Inévitablement, la troupe de Glen Gulutzan doit jeter un coup d’œil du côté de l’avantage numérique pour pallier à son manque de production offensive. À ce chapitre, les Stars se situent loin du sommet au 19e échelon.

«Notre rendement est très moyen à ce niveau, mais les blessures ont compliqué la situation et nous avons des nouveaux venus comme Jagr et Roy. Il y a aussi le fait que c’est maintenant Curt Fraser qui gère notre attaque massive et il s’agit de sa première année avec les Stars. Il amène une nouvelle approche, qui est très bonne, mais on a besoin de temps pour s’adapter et je suis convaincu que nous pourrons renverser la situation», a détaillé Robidas qui est utilisé sur les unités spéciales.

 Jagr et Robidas s’impliquent auprès des jeunes

Le 15 février, les Stars croiseront le fer avec les Canucks à Vancouver et il s’agira d’une journée spéciale pour Jagr qui célébrera son 41eanniversaire avec ses nouveaux coéquipiers qui apprennent à le connaître.

Stéphane RobidasÀ sa première saison en noir et vert, l’illustre attaquant tchèque a rapidement prouvé que sa passion du hockey ne s’est pas atténuée au fil du temps.

«Je le trouve fantastique! Il n’est pas très volubile dans le vestiaire, mais on voit tellement sa grande passion du hockey», a vanté Robidas avant de raconter des anecdotes révélatrices.

«Récemment, il a accepté de prendre une photo avec mon fils de neuf ans qui était très impressionné. Jagr a pris le temps de lui parler et il lui disait qu’à son âge il faisait 1000 squats par jour avec des poids.

«Ce n’est pas tout, jeudi nous sommes revenus d’Edmonton vers 17h et il était sur la glace à 23h! L’autre jour, il a aussi dit à Benn de rester avec lui après l’entraînement pour faire des exercices de patin. Bref, je comprends pourquoi il a été le meilleur joueur au monde», a-t-il souligné à propos de l’auteur de 1661 points en 1357 matchs dans la LNH.

À l’image de Jagr, Robidas exerce son leadership de multiples façons au sein des Stars dans son rôle d’assistant-capitaine. Le numéro 3 héberge d’ailleurs à son domicile le prometteur défenseur recrue Brenden Dillon.

«Il était venu brièvement chez moi l’an dernier et je l’ai invité à revenir s’il venait patiner avec nous à Dallas avant le début de la saison. Il se sent confortable avec ma famille et ce n’est pas grand-chose pour moi donc tant mieux si ça peut le mettre en confiance», a confié celui qui est aussi le père d’une fille de sept ans.

Par coïncidence, Dillon est devenu le partenaire de Robidas à la ligne bleue depuis quelques rencontres et les taquineries n’ont pas tardé dans le vestiaire.

«Les gens s’amusent à dire qu’il est jumelé à son père! Il joue très bien et ce n’est pas à cause de moi», a-t-il noté avec le sourire.

Vendredi soir, Robidas a trouvé une façon de s’exprimer en jetant les gants contre nul autre que Corey Perry et sa dernière bagarre remontait au 26 octobre 2010 contre les … Ducks.

Cette bataille n’est pas si surprenante pour l’athlète originaire de Sherbrooke qui ne s’est pas senti aussi bien physiquement depuis longtemps.

«J’ai subi plusieurs opérations au cours des dernières années et j’ai dû faire beaucoup de remise en forme depuis trois étés. Mon synchronisme n’est pas encore à point au niveau offensif; je voudrais prendre plus de lancers et être plus impliqué dans cette facette», a admis celui qui affiche trois mentions d’aide jusqu’à maintenant.

Même s’il affronte souvent les meilleurs attaquants adverses, Robidas domine la colonne des plus et moins chez les Stars. Fidèle à son habitude, il préfère donner le crédit à ses coéquipiers.

«Je suis content de cette statistique, mais c’est parfois trompeur comme indicateur parce que je suis souvent jumelé quand le trio de Jagr. Bref, ça ne veut pas nécessairement dire que j’ai fait le travail offensif, mais j’en bénéficie», a conclu Robidas qui compare son entraîneur à Guy Boucher pour son dynamisme et sa formation universitaire.