mercredi, 2 mai 2012. 09:17

Je ne pense pas que le passé d'ancien joueur a avantagé Marc Bergevin pour obtenir le poste de directeur général du Canadien. Je crois plutôt qu'il cadrait dans ce profil recherché par la haute direction. Tant mieux s'il a joué dans la LNH, mais à la base, je ne pense pas qu'on s'était dit que le prochain directeur général devait être un ancien joueur.

Il faut regarder le profil que Serge Savard et Geoff Moslon avaient dressé quand ils sont partis à la quête d'un successeur à Pierre Gauthier. Au final, il y avait Bergevin, Julien BriseBois et Pierre McGuire.

Je pense que Bergevin cadrait parfaitement avec les critères recherchés par l'équipe. Quant à Brisebois, il est très compétent, mais il ne cadrait pas parfaitement avec ce profil tant recherché.

Bergevin, qui a commencé sa carrière comme joueur, va apporter une nouvelle ligne de pensée et il va s'entourer de personnes compétentes avant de commencer à régler les dossiers.

Bergevin n'était pas nécessairement mon candidat quand Pierre Gauthier a été remercié de ses fonctions. Le nom de Julien BriseBois s'imposait par lui-même parce qu'il avait fait du bon travail et qu'on le connaissait. Quand messieurs Savard et Molson ont dressé leurs critères, ils voulaient que le nouveau directeur général parle français, ce qui éliminait plusieurs candidats de qualité comme Jim Nill, des Red Wings de Detroit. Je pense que Bergevin est devenu candidat parce qu'il est parfaitement bilingue et qu'il a du vécu dans le hockey.

Bergevin vient de l'extérieur de l'organisation du Canadien, mais il connaît très bien la réalité montréalaise. Il est né à Ville-Émard à Montréal et il a grandi en regardant le Canadien à la télévision. Comme bien des enfants, il a sans doute rêvé un jour de porter les couleurs de cette équipe. Il va rapidement apprendre que la gloire est éphémère à Montréal et qu'une fois la journée d'aujourd'hui passée, il devra s'attaquer à la besogne, car les gens ne lui pardonneront pas des erreurs.

Il va devoir prouver qu'il est l'homme qu'il fallait pour le Canadien. On va lui donner la chance et je suis persuadé qu'il va y arriver s'il est bien entouré.

Les Québécois

Je pense que le Canadien ne regardera plus le hockey québécois de la même façon. Je crois que la commande va venir d'en haut. Monsieur Molson va se dire que si un Québécois est disponible, on va le prendre. L'organisation ne voudra plus passer à côté des talents d'ici.

Bergevin va probablement se dire qu'il veut connaître de fond en comble la LHJMQ et qu'il va insister pour qu'on lui parle des joueurs du circuit Courteau. Par la suite, il prendra des décisions en connaissance de cause, mais ça, c'est un dossier parmi tant d'autres qui va devenir une priorité parce que le repêchage s'en vient.

Il devra d'abord trouver un entraîneur pour cette équipe, trouver une solution au numéro 11, Scott Gomez, devoir trancher aussi dans le dossier de Tomas Kaberle et des jeunes joueurs. Il y a aussi les négociations avec Carey Price et P.K. Subban qui s'en viennent, mais vous savez, les priorités de Bergevin ne sont pas nécessairement les nôtres.


*propos recueillis par Robert Latendresse