Auston Matthews sera fort probablement le joueur le plus convoité au prochain repêchage de la LNH.

L’ancien entraîneur de la LNH Marc Crawford est un des spectateurs qui est choyé de le voir évoluer au quotidien puisqu’il le dirige chez les Lions de Zurich, dans la Ligue suisse. Le jeune attaquant de 18 ans a grandement contribué aux succès des siens jusqu’à maintenant avec ses 24 buts et 16 mentions d'aides en 31 rencontres. Il est dans le top-15 des meilleurs marqueurs, mais avec moins de matchs disputés que tous ceux devant lui.

« C'est une très bonne année pour notre équipe. On est en première place maintenant. On a de bons jeunes joueurs, spécialement le jeune Auston Matthews. C’est un joueur spécial. Je suis très content et notre équipe est très contente avec notre résultat. Il ne reste que cinq matchs à notre saison et nous sommes prêts pour les séries éliminatoires », se réjouit-il, dans une entrevue en français à l’émission 30 minutes Chrono. Français qu’il a d’ailleurs l’occasion d’exercer dans son actuel environnement de travail.

Auston MatthewsMatthews a choisi de déménager en Europe plutôt que de poursuivre sa carrière chez les juniors. Bien que le circuit junior comporte aussi ses avantages, selon Crawford, la Suisse lui offre un milieu d’apprentissage idéal.

« Ce qui est bon pour développer les étoiles à Zurich, c'est qu'Auston est dans une atmosphère professionnelle. Notre entraînement est comme celui d'une équipe de la Ligue nationale. Il joue contre les joueurs plus développés. C’est une bonne atmosphère pour lui ici. »

 « Si tu veux être un joueur "étranger" – il y en a quatre par équipe –, c’est nécessaire d’avoir beaucoup de talent. Auston, un joueur de 18 ans, est très spécial. On a eu beaucoup de jeunes joueurs suisses ici, et on a regardé Auston dans l’équipe américaine au Championnat des moins de 18 ans en Suisse. Quand j’ai vu Auston, j’ai su immédiatement qu’il était capable de jouer dans la ligue et j’ai pensé qu’il serait un très bon joueur. »

Toujours de l’avis de l'homme de 54 ans, l'Américain a tout ce qu’il faut pour faire le saut dans la LNH dès sa première année.

« Je suis certain qu’il sera un très bon joueur. Probablement que ce sera un défi de faire face à la vitesse et à la force des joueurs dans la Ligue nationale. Dans la Ligue suisse, on a eu de bons joueurs durant le lock-out, comme Tyler Seguin et Patrick Kane, et Auston a le même statut que des joueurs comme ça. Son jeu est super. Il est le real deal. »

« Il a beaucoup de vitesse. Son talent offensif et sa vision dans la zone offensive sont extraordinaires. Il a tout ce qu’une équipe de la LNH veut si tu cherches un centre no 1. C’est exactement ce qu’est Auston Matthews. Il sera un centre no 1 dans la LNH. Maintenant, il est presque le meilleur joueur de notre ligue. »

Auston Matthews

Crawford ne mâche également pas ses mots lorsque vient le temps de comparer les habiletés de Matthews avec des joueurs de la LNH. Selon lui, le jeune Américain a un pouvoir offensif supérieur à Anze Kopitar, qu'il a dirigé avec les Kings de Los Angeles.

«Il a un lancer comparable à celui de Jamie Benn et il est en mesure de freiner et de changer de direction aussi rapidement que Johnny Gaudreau. Il est un grand joueur avec beaucoup de vitesse et d'agilité»

Quant à son propre avenir en Amérique du Nord, Marc Crawford garde espoir d’avoir une autre chance de diriger une équipe. La dernière fois qu’il s’est retrouvé derrière un banc du circuit Bettman, c’était avec les Stars de Dallas (fiche de 42-29-11), lors de la saison 2010-2011. Cette année-là, ils avaient été exclus des séries.

« J’espère que je vais obtenir une autre occasion dans la LNH. Je pense que je me suis amélioré, spécialement à cause du temps passé en Suisse. En Suisse, comme entraîneur, tu t’occupes de tout. Dans la Ligue nationale, le personnel est plus gros et tu passes beaucoup de temps sur l’aspect des affaires, avec les médias et les autres membres du personnel. Maintenant c’est comme chez les juniors : je préparais la pratique, j’écoutais les problèmes des joueurs... »

« Que ce soit les États-Unis ou le Canada, ça ne fait pas de différence pour moi. J’ai juste le goût d’avoir une autre chance. »

Qu’en serait-il d’un retour dans la Vieille Capitale avec les Nordiques, qu'il a brièvement piloté en 1994-1995 avant leur déménagement au Colorado la saison suivante?

« J’ai été le dernier entraîneur à Québec. Ce serait un rêve d’y être le nouvel entraîneur. J’ai passé une belle année à Québec. Notre fiche était extrêmement spéciale : 23 victoires et seulement une défaite contre Pittsburgh avec Mario Lemieux en 24 matchs. Pierre Lacroix a été un très bon collègue de travail. Il m’a donné une très bonne occasion durant ce temps. »

À savoir s’il y a réellement des chances que ça se produise, l’avenir est plus qu’incertain.

« J’espère que ça va arriver. Je pense que les partisans des Nordiques sont prêts pour un retour. J’imagine avec le nouvel amphithéâtre que ce serait une très bonne organisation. J’espère que la bataille du Québec va recommencer. »