dimanche, 16 nov. 2008. 20:02

Vincent Lecavalier ne l'a pas trouvé drôle et Martin St-Louis non plus. L'ex entraîneur-chef du Lightning, Barry Melrose s'en est pris aux joueurs vedettes à Tampa en affirmant qu'ils étaient responsable de son congédiement.

Lors d'une entrevue à CBC samedi soir, Melrose ne s'est pas gêné pour régler des comptes. "Les joueurs ont beaucoup de pouvoir ici (à Tampa) et ils ont décidé de l'utiliser en demandant mon départ aux propriétaires. Ils sont heureux maintenant. Ils veulent faire à leur tête et ne pas être responsable de leurs actions. Ils ne voulaient pas évoluer sous mes ordres parce qu'ils n'aimaient pas mon style".

Lors d'une entrevue à RDS.ca à Raleigh après le match face aux Hurricanes, Martin St-Louis fût le premier à commenter les propos de Barry Melrose. "Ce sont de fausses accusations. Je n'ai jamais entendu parler d'un joueur qui s'est plaint aux propriétaires,'' s'est contenté de dire St-Louis qui avait eu vent des propos de son ancien entraîneur. Vincent Lecavalier de son côté a voulu s'expliquer. "C'est un mensonge. Je n'ai jamais parlé aux propriétaires de ma situation ou de celle de l'équipe. J'étais même surpris lorsque j'ai appris vendredi qu'il avait perdu son emploi. J'ai clairement dit à Barry Melrose que j'étais insatisfait de mon temps de glace il y a quelques semaines, mais cette conversation n'a pas été plus loin".

Vous savez ce qui est le plus remarquable dans le dossier de Vincent Lecavalier. C'est que Barry Melrose refusait de l'envoyer sur la glace en désavantage numérique. Et bien à son premier match derrière le banc, Rick Tocchet s'est assuré que Lecavalier soit sur la glace à cinq contre quatre et sa décision a rapporté immédiatement puisque le gros joueur de centre a forcé un joueur des Hurricanes à l'accrocher. Résultat : fin rapide du premier avantage numérique pour la Caroline. "En plus, Martin et moi avons obtenu des occasions de marquer avec un homme au cachot", a souligné Lecavalier, qui estime avoir disputé son meilleur match de la saison.

Tampa n'a d'ailleurs accordé aucun but aux Hurricanes en désavantage numérique dimanche.

Bref, si l'ego de Barry n'avait pas été aussi gros que les bureaux de ESPN, peut-être qu'il serait encore ici. En passant, la station américaine Versus qui a les droits des matchs de la LNH aux États-Unis, l'a déjà contacté pour qu'il retourne derrière le micro.

Les erreurs des dirigeants

C'est le recherchiste à Sports 30, Nicolas-Étienne Côté, qui me faisait la remarque samedi lors du match entre le Canadien et les Flyers. Les changements d'entraîneurs au cours de l'été dernier n'ont pas donné les succès escomptés. Dans certains cas, c'est pire que jamais. À Atlanta, en Floride, chez les Islanders, à Tampa Bay, à Ottawa, au Colorado et à Los Angeles, les dirigeants ont décidé de changer le patron derrière le banc. Résultat : toutes ces équipes sont en sérieuses difficultés. Ils en arrachent et pas à peu près (sauf Atlanta qui commence à se sortir du trou. Mais bon).

Il y a une similitude entre toutes ces formations. Elles ont toutes décidé d'engager des entraîneurs qui touchent 500 000 dollars par saison. Des inconnus, sauf Barry Melrose qui lui gagnaient deux millions de dollars, mais qui n'a plus rien d'un entraîneur de la LNH.

Les seuls changements qui ont porté fruit sont à Toronto (Ron Wilson) et à San Jose (Todd McLellan), mais soulignons que ces deux entraîneurs font partie de l'élite.

Pendant ce temps, Bob Hartley qui a été pressenti par quelques équipes est toujours à la maison. Pas parce qu'il est maintenant un mauvais entraîneur ou parce que plus personne ne veut de lui. Au contraire parce que quelques formations l'ont contacté l'été dernier pour lui donner du boulot. Mais Bob Hartley n'a pas le droit d'accepter un petit salaire pour le bien de la confrérie.

Alors, les patrons de toutes les équipes qui ont décidé de l'ignorer (lui et d'autres entraîneurs), parce qu'ils ont décidé de ne pas payer, ont fait une erreur majeure et qui va coûter beaucoup plus cher. Parce que sans les séries, adieu les revenus. Et adieu les revenus, veut peut-être dire pour certains, adieu votre poste de directeur-général.

Gary et les blessures

On en sait un peu plus maintenant sur ce qui s'est passé pour que la LNH accepte que les équipes ne soient plus obligés de dévoiler la nature des blessures de leurs joueurs. Le commissaire, Gary Bettman a décidé de laisser tomber l'éponge lorsque le Canadien et les Red Wings ont exigé que les médias et les amateurs soient laissés totalement dans le noir. Il n'était plus capable d'endurer les directeurs généraux qui étaient contre lui. Un commissaire sérieux aurait imposé sa loi et aurait même exigé que le système de la NFL soit copié. On parle de la meilleure ligue au monde qui dévoile maintenant en direct la nature des blessures des joueurs sur son site internet. L'excuse dans la LNH, c'est que la NFL fait ça pour ceux qui décident de "gambler" sur les matchs. Oui, et il est où le problème? Si j'étais Gary Bettman, j'aimerais bien que ma ligue soulève autant les passions.

Quel contraste avec ce que les amateurs ont à endurer au hockey. Au lieu de se concentrer sur ce genre de dossier, certains dirigeants devraient exiger que la LNH impose un règlement rapidement sur les coups à la tête. Ça ferait plus sérieux que ce débat sur la nature des blessures des joueurs qui fait de la ligue nationale de hockey, une ligue qui n'a rien compris et qui par la force des choses, n'est pas dans le coup. Des preuves, les gradins sont vides aux États-Unis et personne ne regarde les matchs à la télévision. Un peu de sérieux ferait du bien.