mardi, 18 sept. 2012. 09:16

Le lock-out n'est vieux que de quelques jours que déjà je m'interroge. Indubitablement, je me questionne sur le bien-fondé de la saison perdue de 2004-05.

Je cherche à savoir à quoi ces longs mois loin des amphithéâtres de la LNH auront servi, autre qu'à écourter ma carrière ou, du moins, à l'amputer d'une année charnière dans la poursuite du rêve de tout joueur de hockey. Force est d'admettre aujourd'hui que la promesse de l'époque d'un processus nécessaire à la mise en place d'un système de « partenariat » qui offrait des solutions à tous les maux du monde était vide.

Voilà que sept ans après la résolution du dernier conflit de travail on s'acharnera encore à trouver une solution temporaire. Le pire dans toute cette histoire c'est que les deux parties seront obligatoirement hypocrites. Du côté de l'association, on tentera de mettre de la pression sur les propriétaires en les privant de revenus dont les joueurs auront besoin pour continuer à prospérer sous la prochaine convention collective. Pour Gary Bettman, le jeu sera de miner publiquement la crédibilité, voire attaquer l'intelligence collective et l'unité d'un groupe d'athlètes à qui on demandera de se défoncer sans retenue afin de mettre en valeur un circuit qui leur a manqué de respect, mais qui en sera venu, « avec » eux, à une nouvelle entente.

Tout un bourbier qui prive les amateurs fidèles et, souvent, passionnés d'un sport qui n'a peut-être pas la cote du grand public américain, mais qui a l'admiration de quiconque s'y intéresse un tant soit peu. Sans compter tous ceux impliqués de façon indirecte perdant, soit un important volume d'affaires soit une source non négligeable de revenus soit un moment de distraction indispensable pour traverser un hiver difficile. Il n'y a pas de gagnants dans ce duel de sourds, à moins d'une réduction drastique du prix des billets dans les grands marchés au retour, je sais, je divague.

Les pistes de solutions semblent simples, mais encore faudra-t-il une raison satisfaisante aux deux parties impliquées afin de revenir s'asseoir autour de la table des négociations. Personne ne voudra cligner des yeux en premier. Si, à première vue, la bataille s'annonce moins longue et ardue qu'en 2004, il demeure qu'aucune proposition n'a encore suffisamment contenté l'autre au point où on considère se pencher sur un projet unique. Et l'association des joueurs, et la LNH, croient mordicus en son plan, son angle, sa proposition.

La vérité veut toutefois que le nouveau contrat de travail soit une convention « collective ». Et c'est justement ce qu'elle devra être cette prochaine proposition, collective j'entends, afin de redonner un tantinet d'espoir à une masse désabusée. Il n'est pas hors de question qu'un des deux côtés ne revienne avec un argument massue. L'association pourrait exiger le retrait du plafond salarial au profit d'une taxe de luxe. Les propriétaires pourraient toujours faire la demande d'abolition des contrats garantis. L'une ou l'autre de ces positions extrêmes ne ferait qu'envenimer le débat et mettrait alors véritablement en péril la totalité du calendrier 2012-13.

C'est sûrement rendu à ce point où je me questionnerai alors sur le bien-fondé de perdre une autre saison de hockey. J'aurai alors cinq ou six ans pour y penser… avant de recommencer.