mardi, 1 sept. 2009. 20:21

Ça fait seulement quelques heures qu'Alex Tanguay est à Tampa et on sent déjà (au bout du fil) qu'il est très heureux et très bien dans sa peau. Très heureux, facile à comprendre. Il se retrouve dans la plus belle ville dans la LNH pour jouer au hockey. Tampa, c'est non seulement très beau, mais l'attitude des gens qui y vivent est bien différente que dans la plupart des villes de l'Est. Là-bas, on prend le temps de vivre, si vous voyez ce que je veux dire.

Bien dans sa peau, c'est aussi normal dans les circonstances. Il a un défi parfait pour un athlète qui aime la compétition et qui veut prouver au monde du hockey qu'il est encore en mesure de dominer dans la LNH. D'ailleurs, jamais dans l'entrevue, il n'a voulu dire quoi que ce soit contre le Canadien. Quand on est heureux, c'est ce qui arrive souvent. On oublie le mal et on pense au bien.

C'est donc sur une note positive qu'il se retrouve à Tampa, même s'il touchera deux fois moins de sous que la saison dernière. Toutefois la situation est parfaite pour lui permettre de "refaire" sa réputation, et celle du Lightning. "Je suis très heureux que ce soit réglé", dit-il entre deux visites pour se trouver une nouvelle résidence. "Je me retrouve à un bel endroit avec des joueurs comme Vincent Lecavalier, Martin St-Louis, Ryan Malone et Steven Stamkos. Dans le fond, une des grosses raisons qui m'ont poussé à choisir le Lightning, c'est en partie parce que je connais bien Vincent. Je sais aussi que Martin est toujours un des meilleurs joueurs années après années. En plus, ça fait depuis le début de ma carrière que je connais l'entraîneur Rick Tochett. On s'est parlé au milieu du mois de juillet et je sais que la formation s'en va dans la bonne direction".

Ces dernières paroles veulent dire beaucoup parce qu'Alex Tanguay avait le choix. Une équipe comme le Wild lui a fait de l'oeil. Le Wild, c'est la stabilité. Mais il décidé de choisir le plus gros défi. "Ce n'est vraiment pas une question d'argent", de dire Tanguay. "J'aime le "fit" et je sais que les choses vont bien se passer. J'ai longtemps analysé les équipes avant de prendre ma décision".

Le temps de tourner la page

Étrange quand même que le Canadien n'ait même pas décidé de négocier pendant ou après la saison."C'est certain que je suis déçu que le Canadien n'ait pas fait d'offre. Mais ça reste la décision de la direction de l'équipe. Au début de la saison, tout allait bien et c'est cette blessure à l'épaule (à Tampa) dans le temps des fêtes qui a tout changé. J'ai été déçu finalement de ne pas jouer plus souvent. Reste que la décision du Canadien de ne même pas négocier m'a surpris".

Ce que je trouve triste, c'est que la dernière saison finalement a fait très mal à plusieurs joueurs québécois chez le Canadien. Je pense à Francis Bouillon et Mathieu Dandenault qui n'ont toujours pas de contrats et qui vont toucher moins d'argents. À Steve Bégin qui se retrouve chez les Bruins avec un plus petit salaire et à Alex Tanguay qui finalement s'entend avec une équipe deux semaines avant le début de la saison et qui repart à zéro lui aussi d'une certaine façon. "Ça ne me dérange pas", dit-il. "J'ai 29 ans et je suis dans mon prime". Je suis capable de bien performer pour encore plusieurs saisons sans problème. Reste que je n'ai jamais vu ça, autant de joueurs qui doivent "refaire" leur réputation après une saison. Ce qui est certain c'est qu'ils (Mathieu et Francis) vont se retrouver une place et je prendrais Steve, Mathieu et Francis dans mon équipe n'importe quand. Les formations qui mettront la main sur mes deux anciens coéquipiers qui n'ont pas encore de contrats seront chanceuses de les avoir !".

Si tout se passe bien avec le Lightning cette saison, je mettrais un petit deux dollars en papier qu'Alex Tanguay va demeurer avec cette équipe pendant plusieurs années. C'est encore la tempête autour de l'équipe présentement en raison des problèmes financiers des propriétaires, mais si les joueurs sont en mesure de faire abstraction des distractions, le Lightning pourrait causer bien des surprises...si tout le monde demeure en santé. Parce que ça demeure la clef du succès malgré tout.