mardi, 17 avr. 2012. 16:40

Au début des présentes séries, rares sont ceux qui auraient prédit que les Penguins de Pittsburgh seraient dans un tel trou. Plusieurs les voyaient franchir une ou deux rondes de plus tandis que d'autres les voyaient déjà en train de soulever la précieuse coupe Stanley au mois de juin prochain.

Or, les Penguins sont réellement tombés dans le piège des Flyers et ça leur prendra un miracle pour renverser la vapeur.

Les Flyers ont prouvé lors des derniers matchs de la saison régulière qu'ils étaient en mesure de se défendre face aux Penguins. À ce moment-là, ces derniers auraient dû se méfier et être avisés que les hommes de Peter Laviolette étaient capables de répondre de belle façon.

Personnellement, j'estime que les Penguins jouent très bien en début de match. D'ailleurs, ils ont inscrit le premier but lors des trois matchs jusqu'ici. Cependant, ils devraient jouer de cette manière pendant 60 minutes. À la place, ils se laissent déconcentrer par tout ce qui se passe après les coups de sifflet. Lorsque tu comptes sur une grosse machine offensive comme celle des Penguins, tu ne devrais pas te faire déclasser de la sorte.

Ce que ça me dit, c'est que Dan Bylsma n'a pas réussi à convaincre ses joueurs d'encaisser les coups et de ne pas répliquer. À l'heure actuelle, on dirait que les rôles sont inversés : ce sont les Penguins qui donnent les coups, qui sont les agresseurs. Ils auraient dû à la place rester disciplinés et laisser les Flyers écoper des mauvaises punitions. Avec l'attaque qu'ils possèdent, ils auraient pu profiter des opportunités. Si Pittsburgh avait respecté une telle philosophie, je considère qu'ils seraient dans le coup aujourd'hui.

Ceci dit, je n'aime pas blâmer l'entraîneur-chef pour les déboires d'une équipe. Certes, Bylsma n'a pas bien géré la situation. Lorsque tu vois ce qui se produit, c'est le temps de demander un temps d'arrêt pour calmer tes joueurs et leur dire qu'ils sortent de leur plan de match. Peter Laviolette a bien joué cette carte depuis le début des séries en appelant des temps d'arrêt aux moments opportuns.

Laviolette a-t-il mis Bylsma dans sa petite poche d'en arrière? Je ne suis pas prêt à dire ça puisque la série n'est pas terminée et je sais qu'un entraîneur-chef peut être considéré comme un génie un soir et comme un zéro le lendemain. Toutefois, j'observe que Laviolette a su exercer un bon contrôle sur les émotions de ses joueurs. Il a réussi à amener l'adversaire dans un trou presqu'insurmontable, à convaincre les Penguins de jouer à la façon des Flyers. Il a réussi son pari.

La réaction du Magnifique

Mario Lemieux s'est dit déçu et embarrassé de la performance et de l'indiscipline de son équipe. En tant que propriétaire des Penguins, il a le droit de faire connaître son mécontentement et d'avoir un mot à dire sur la philosophie de son équipe. Si quelqu'un peut changer la situation à ce point, c'est bien lui. Cependant, il doit faire attention de ne pas ajouter un stress supplémentaire à son équipe.

Actuellement, ça doit être bien difficile pour Mario d'être satisfait de la prestation de son équipe, lui qui a souvent condamné la LNH de ne pas sévir lorsque se produisaient des gestes de frustration. Les Penguins ont souvent été les victimes de ces attaques-là. Ils ne peuvent pas se mettre de l'autre côté de la clôture aujourd'hui et c'est pourquoi il a décidé de réagir mardi.

Le travail de Grossman et de Coburn à souligner

Les joueurs clés des Penguins sont actuellement en panne. Evgeni Malkin n'est pas l'ombre de lui-même et Sidney Crosby est, disons, ordinaire. Toutefois, avant de les blâmer, j'estime qu'il faut donner du crédit aux joueurs des Flyers, notamment à Niclas Grossman et Braydon Coburn. Ces deux défenseurs effectuent un boulot colossal depuis le début de cette série et sincèrement, il faut donner du crédit aux Flyers qui étaient très bien préparés.

Quant à Marc-André Fleury, je pense qu'il n'était pas prêt pour le dernier match. Il était temps que Dan Bylsma le remplace. Si j'avais été à sa place, j'aurais été moins patient et je l'aurais remplacé par Brent Johnson dans l'espoir de secouer mon équipe. Ça prenait un électrochoc pour réveiller les Penguins, qui ne jouaient pas un grand match. Reste à voir si Fleury saura revenir en force lors du prochain match.

Propos recueillis par Nicolas Dupont